Bruxelles: nouvelle proposition pour le Chant des Cailles

Bruxelles: nouvelle proposition pour le Chant des Cailles

Des années que le Chant des Cailles résonne sur la scène politique bruxelloise... Le site – trois hectares, à Watermael-Boitsfort, près des Pépinières – est propriété de la société de logements sociaux Le Logis-Floréal, et actuellement terre d’agriculture urbaine. L’ASBL la Ferme du Chant des Cailles y a en effet semé son projet, dans le cadre d’un contrat d’occupation précaire, le temps que se concrétise la volonté régionale d’y construire du logement. En 2013, le projet se précise : 70 logements, sur un tiers du terrain, les deux tiers étant confirmés dans leur affectation agricole. Quatre ans plus tard, le dossier est mis en pause, le temps qu’un projet de cocréation (citoyens, chercheurs, spécialistes, acteurs de terrain) étudie la symbiose possible entre logements et agriculture urbaine. Conclusion, remise l’an dernier ? Tout est possible pour les plantes mais, pour les briques, mieux vaut aller voir ailleurs. Fin de l’histoire, comme pour d’autres dossiers polémiques de construction de logement social ?

A la SLRB (Société du logement de la Région de Bruxelles-Capitale, en charge du contrôle des sociétés de logements), on ne l’entend pas de cette oreille. C’est que les exécutifs bruxellois sucessifs ont fait une priorité de la construction de nouveaux logements sociaux. Pour rappel, il y a désormais 50.000 ménages sur liste d’attente et le gouvernement actuel s’est engagé à fournir une solution à 15.000 d’entre eux. « Du reste, quand le Logis a acquis le terrain, en 1964, c’était avec l’obligation d’y construire du logement modeste. C’est sa mission ! », insiste-t-on à la SLRB.

Un projet étudié avec les acteurs

Pour sortir de l’impasse, la secrétaire d’Etat au Logement, Nawal Ben Hamou (PS) a entamé, voici quelques mois, une réflexion associant la SLRB, le Logis-Floréal et l’ASLB la Ferme du Chant des cailles. « Afin de résoudre la tension entre, d’une part, notre volonté de voir ces 70 logements construits et, de l’autre, celle de reconnaître la dynamique citoyenne qui s’est mise en place. » Concrètement, ce travail a débouché sur un protocole d’accord, avalisé ce jeudi par le conseil d’administration de la SLRB et soumis, ce vendredi, à l’ASBL de la Ferme et au Logis-Floréal, qui ont Jusqu’au 7 juillet pour se prononcer officiellement.

Le texte balise « un projet mixte exemplaire, qui assure la pérennisation des activités de l’ASBL Ferme du Chant des Cailles et garantit la biodiversité, tout en créant des logements de qualité. » Concrètement, le protocole réserve 75 % de la surface à l’agriculture urbaine, l’emprise au sol des logements étant limitée à 10 % de la superficie, le solde étant pour les abords de qualité. « En clair, 100 % des surfaces cultivées sont maintenues, et d’un seul tenant », souligne-t-on à la SLRB. Qui souhaite par ailleurs encourager le lien entre les activités maraîchères et les futurs locataires, et prévoit aussi des espaces nouveaux, en soutien à l’activité maraîchère, par exemple pour le stockage des légumes ou l’ouverture d’une épicerie sociale. En proposant ce protocole, la SLRB espère fédérer les différents acteurs, ils ont jusqu’au 7 juillet pour se prononcer ; à défaut, elle avancera seule et lancera, à l’automne, le marché public en vue de désigner l’équipe pluridisciplinaire puis le bureau d’architectes chargé de dessiner les contours précis du Chant des cailles. Avec participation citoyenne dès le début du processus et maintien de la ferme jusqu’au début du chantier (dont l’impact devrait être limité au maximum pour les activités agricoles).

A travers cette méthodologie inédite, la SLRB entend développer un modèle reproductible. « On veut créer la ville de demain, résiliente, insiste la direction. A notre niveau, cela veut dire ouvrir les logements sociaux sur le quartier, promouvoir du logement social de qualité. Par ce dossier, nous voulons montrer que nous avons intégré, dans notre manière de fonctionner, les préoccupations environnementales et de biodiversité, sans pour autant abandonner notre mission qui est de construire du logement. » Au passage, la SRLB espère que cette nouvelle philosophie de travail, en concertation avec les acteurs, puisse débloquer d’autres dossiers, par exemple celui des Dames blanches à Woluwe-Saint-Pierre...

 
 
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