Jürgen Conings s’est suicidé entre une et quatre semaines avant la découverte de son corps

L’ex-fugitif s’est donné la mort à l’aide d’une arme à feu, au pied de cet arbre situé dans un lieu difficile d’accès du Dilserbos.
L’ex-fugitif s’est donné la mort à l’aide d’une arme à feu, au pied de cet arbre situé dans un lieu difficile d’accès du Dilserbos. - Belga / Pino Misuraca.

Le parquet fédéral le confirme lundi, au lendemain de la découverte du corps du militaire d’extrême droite dans un bois proche de Dilsen-Stokkem : Jürgen Conings, 46 ans, s’est suicidé. « L’enquête médico-légale diligentée par le juge d’instruction a permis ce jour de confirmer qu’il a mis fin à ses jours avec une arme à feu. Le pistolet utilisé a été retrouvé contre le corps. Les conclusions de l’expert en balistique vont dans le même sens », précise le ministère public. La datation du décès est, elle, encore assez floue : elle « remonterait à un délai compris entre une et quatre semaines. Des analyses plus approfondies doivent encore la préciser », affirme le parquet fédéral.

Le caporal-chef Conings se serait donc donné la mort au plus tôt une semaine après le début de sa cavale, et au plus tard un mois. Puisque le corps a été trouvé – par hasard – dimanche 20 juin, soit 35 jours précisément après la disparition de Conings avec armes et munitions. Pour dater plus précisément cette mort, les experts médico-légaux vont mobiliser la science entomologique (lire par ailleurs).

Dans son communiqué, le parquet fédéral revient assez largement sur les circonstances rocambolesques de la découverte du corps. En confirmant une chose : le défunt se situait dans une zone située à tout juste 150 mètres du périmètre des recherches lancées le 9 juin après la découverte du sac à dos du militaire. Le corps était situé « au pied d’un arbre, sur un talus, dont la vue était cachée par les fougères. Il est vraisemblable que, sans l’odeur de décomposition, il aurait été quasi impossible de retrouver le disparu ». Le cadavre se trouvait dans un secteur du bois particulièrement touffu et difficile d’accès. Il était porteur de plusieurs armes à feu chargées, de munitions, d’un couteau, d’une hache et d’une machette. Toutes les armes et les nombreuses munitions rassemblées par Jürgen Conings dans sa fuite à travers les bois ont été retrouvées dimanche et lundi.

Un dossier pénal contre l’un des témoins

Le corps de Jürgen Conings a été repéré, à quelques heures de distance, par deux promeneurs à VTT. Tous deux attirés par l’odeur pestilentielle qui s’en dégageait. Le bourgmestre de Maaseik, « qui a immédiatement prévenu la police » ; et un chasseur local, prénommé Leonard. Ce dernier « s’est enfoncé dans les bois (sur une distance d’environ 300 à 400 mètres depuis le chemin). Il a alors découvert le corps sans vie de Jürgen Conings ». Leonard a donné plusieurs interviews dimanche en lisière du périmètre de sécurité. Mais le ministère public précise lundi qu’il « a été ensuite entendu par la police car après avoir filmé la scène, il semble avoir proposé les images à un média allemand. Un dossier pénal séparé a été ouvert pour ces faits par le procureur du Roi du Limbourg ».

Si l’enquête judiciaire n’est pas terminée, bien que l’action soit éteinte concernant le suspect décédé, le parquet fédéral conclut en affirmant avoir méthodiquement suivi chaque piste au cours des 35 jours de recherches. Il remercie les « centaines de policiers, locaux et fédéraux, les militaires, les membres de la protection civile et les enquêteurs, venus de Belgique ou des pays voisins, qui ont travaillé parfois sans relâche, jour et nuit, pour retrouver Jürgen Conings dans un environnement particulièrement hostile ». Pour le procureur fédéral, cette histoire « constitue avant tout un drame humain. Pour la famille et pour le disparu lui-même. Nous aurions tous préféré pouvoir le retrouver vivant. »

 
 
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