Alexander De Croo: «La Belgique a prouvé qu’elle peut réussir» (vidéo)

Dans cet article
Autre sujet chaud: le port du voile. «Je suis prêt à avoir un débat, mais sereinement et avec de vrais arguments». © Pierre-Yves Thienpont.
Autre sujet chaud: le port du voile. «Je suis prêt à avoir un débat, mais sereinement et avec de vrais arguments». © Pierre-Yves Thienpont.

Lors du Grand Oral La Première Le Soir ce week-end, le Premier ministre l’affirme : il n’a jamais douté de son pays. « Je n’ai jamais eu peur. J’ai toujours eu confiance dans le fait qu’on était capable de gérer cela. On a souvent tendance à dire quand la Belgique est confrontée à quelque chose de difficile, qu’elle ne va pas réussir, mais c’est juste le contraire qui s’est produit ici ».

Nombre d’observateurs ont dénoncé un processus de décision trop éclaté – les neuf ministres de la santé, les « killing fields » belges : que faudrait-il améliorer et dans quelle direction ? « On attend d’un pouvoir public qu’il protège la population, d’une manière rapide et efficace. De plus en plus de Belges, même en Flandre, disent dans les sondages que certaines décisions doivent être centralisées au fédéral. Il y a une certaine prise de conscience. Il est clair que la pandémie nous a appris qu’il est important de pouvoir prendre des décisions rapidement en temps de crise, c’est quelque chose qui repose sur l’État.  »

Un pays fédéral en adolescence

Et donc, en route pour imposer une hiérarchie des normes, avec le fédéral qui tranche à un moment donné ? « Nous sommes un pays fédéral en adolescence. Nous ne sommes pas encore un état fédéral adulte (…). On a beaucoup de mécanismes de blocage, mais pas de déblocage. Un exemple de solution de déblocage, c’est une hiérarchie des normes… Est-ce qu’elle doit être valable dans tous les domaines et tout le temps ? C’est une question à discuter. Mais un mécanisme pour débloquer un problème et prendre rapidement une décision, ça nous manque, c’est clair. »

Un état fédéral en adolescence… ou en déliquescence ? « Je vois qu’aujourd’hui notre système fonctionne. Au plus haut de la crise sanitaire, on l’a fait fonctionner notamment parce qu’autour de la table on avait des personnes de bonne volonté. On avait des ministres présidents qui se connaissaient bien et on a tous compris qu’on attendait de nous d’être efficace ensemble. » Une efficacité qui pour le Premier ministre est une des clés pour détourner des électeurs de l’extrême droite : « Des gens sont inquiets et se demandent qui est là pour les protéger. C’est alors que nous devons nous redresser. Et c’est ce qu’on fait. Regardons la vaccination : on est un des meilleurs pays d’Europe. C’est avec ce genre de choses, c’est de cette façon qu’on convainc un public : on est là pour vous. »

Le sujet chaud de la semaine, c’est la Hongrie et son projet de loi qui discrimine les homosexuels. Pourrait-on chasser ce pays de l’Union européenne ? « L’Europe est un club qui a des règles. Ce n’est pas un supermarché dans lequel on choisit ce qu’on prend ou non. Dans le cas de la Hongrie, elle prend beaucoup de financements européens, des financements (…) Mais il est aussi normal que l’Europe soit une union de valeurs de respect, de non-discrimination. Et là il est clair que la Hongrie est allée trop loin. »

La Belgique a été à l’initiative ces derniers jours de la confrontation directe avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbàn. Rien à voir avec le hasard, explique Alexander De Croo : « Après ma déclaration au Parlement jeudi dernier, nous avons décidé au kern que chaque ministre belge présent dans un Conseil européen, ferait un aparté avec son collègue hongrois pour lui dire que ce projet de loi n’était pas acceptable. » Une confrontation qui a culminé lors d’un Conseil européen d’une densité visiblement inédite.

Clap de fin du Grand Oral

Après neuf ans d’antenne, le Grand Oral RTBF/Le Soir cédera la place à une nouvelle émission qui visera aussi la profondeur de l’information, à découvrir à la rentrée. Chaque samedi matin, une personnalité a répondu aux questions de Jean-Pierre Jacqmin pour la RTBF et Béatrice Delvaux pour Le Soir. Ils ont été successivement accompagnés par Arnaud Ruyssen, Georges Lauwerijs, Jacques Cremers et Bertrand Henne pour l’édition et la présentation. Près de 400 émissions pour aller au fond des choses, débattre avec près de 400 décideurs, artistes, penseurs ou ceux qui font bouger la société civile. La « dernière » était pour Alexander De Croo, à voir dimanche sur La Trois, à écouter ce samedi à 9h00 en radio sur La Première et sur les différentes plateformes numériques de la RTBF et du Soir.

 
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous