Ryanair lorgne des créneaux de Brussels Airlines pour doubler ses activités à Zaventem (2)

Le CEO du groupe Ryanair était en Belgique à l'occasion de la relance, ce 1er juillet, d'une grande partie du schéma de vols de la compagnie low-cost au départ des aéroports de Charleroi et Zaventem. Une journée qui coïncide avec l'entrée en vigueur du certificat covid numérique européen.

Durant cette saison d'été, l'entreprise irlandaise assurera quelque 470 vols hebdomadaires vers 104 destinations, incluant de nouvelles liaisons vers Heraklion, Santorin, Zakynthos et Zagreb, transportant au total environ 9 millions de personnes. Cela se fera avec 16 avions basés en Belgique durant les prochains mois: 14 à Charleroi, qui fait plus que jamais office de base belge principale pour Ryanair, et 2 à Brussels Airport.

Alors que le pire de la crise du coronavirus semble être passé, l'entreprise irlandaise n'entrevoit pas de rachat d'une autre compagnie aérienne dans les prochains mois, a laissé entendre Michael O'Leary. Ce dernier souhaite par contre fortement développer les activités de sa société. "On est d'ailleurs déjà en discussions avec Zaventem et Charleroi pour y baser davantage d'avions. Ces aéroports ont connu une baisse significative du trafic passagers avec la crise, en particulier à Bruxelles avec Brussels Airlines."

La compagnie travaille donc actuellement à pouvoir baser plus d'avions à Zaventem. Pour cela, elle souhaiterait pouvoir récupérer davantage de créneaux de vols appartenant aujourd'hui à Brussels Airlines mais que le transporteur national belge refuse de céder. Et ce malgré la réduction de ses activités, de sa flotte (de 30%) et de son personnel (de 25%) à la suite de la crise mais aussi en dépit de l'aide publique de 290 millions d'euros reçue de l'Etat belge alors que Ryanair n'a pas touché un centime d'euro à travers l'Europe, a regretté le CEO.

"Nous pensons qu'il y a un potentiel de forte croissance pour nous en Belgique en 2022 si on arrive à avoir davantage de créneaux pour baser plus d'avions", soutient Michael O'Leary.

Le patron souhaiterait d'ailleurs doubler le nombre d'appareils stationnés à Bruxelles, alors que l'aéroport de Charleroi semble être saturé pour le moment. "Je pense que nous avons quatre avions basés à Zaventem (sur l'ensemble de l'année, ndlr). J'aimerais voir ce nombre passer à 6 ou 8. J'aimerais doubler de volume et avoir à terme Zaventem dans la même taille que Charleroi. Il y a des opportunités à Bruxelles, en particulier lorsque Brussels Airlines réduit sa flotte."

Mais l'Irlandais fait donc face à un problème de disponibilité de créneaux de vols à Zaventem. Le principal obstacle, selon lui, c'est que l'on n'impose pas à Brussels Airlines de se défaire de ces 'slots', malgré l'aide d'Etat et le fait que la compagnie n'utilise pas tous les créneaux disponibles en raison de la réduction de ses activités.

"Ils ne veulent pas se défaire d'un seul créneau", fulmine le CEO. "J'en veux davantage et je ne parviens pas à les avoir!" Il en appelle au gouvernement belge et aux autorités européennes de la concurrence, qui devraient forcer les compagnies réduisant leur flotte d'au moins en libérer quelques-uns et ne pas les laisser "s'assoir dessus".

Cela permettra, d'après le patron, une concurrence égale en Europe, au profit des passagers et évitera des monopoles de certaines compagnies, en particulier celles ayant bénéficié d'aides d'Etat, sur certaines routes et des prix trop élevés en conséquence.

 
 
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