Mehdi Kassou: «La décence des politiques aurait été de se rendre sur place pour rencontrer les sans-papiers»

Mehdi Kassou: «La décence des politiques aurait été de se rendre sur place pour rencontrer les sans-papiers»
Belga.

La grève de la faim des sans-papiers se prolonge. Depuis le 23 mai dernier, 430 personnes réclament de l’Etat belge une régularisation de leur situation, notamment pour un accès légal au travail en Belgique.

Comme le rappelle Mehdi Kassou, porte-parole de la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés, « certains sont en Belgique depuis longtemps, 5, 10, 15 et même 27 ans ». Au micro de Bel RTL vendredi matin, il pointe l’inaction de la coalition Vivaldi ainsi que le « silence morbide » de la classe politique.

« Je me dois d’être un peu plus décent que la réponse qui a été apportée hier », a-t-il commencé. Jeudi, le Premier ministre, Alexander De Croo, s’était exprimé face à la Chambre : « Une grève de la faim constitue toujours un drame humain et nous appelons à la cessation du mouvement. » Face à cela, aucun député de la majorité n’a osé poser de question au Premier ministre. Malgré quelques déclarations de la part du PS et d’Ecolo demandant une conférence interministérielle urgente et une solution « humaine et digne », le gouvernement n’a pas donné d’autres réactions.

En réaction à la prise de parole d’Alexander De Croo, Mehdi Kassou réagit : « Je trouve cette réaction déplacée et je la trouve injustifiée. La décence aurait été de se rendre sur place pour rencontrer ces personnes et pour voir réellement ce qu’il se passe. Le gouvernement manque de décence. » Ces derniers jours, certains sans-papiers ont tenté de se suicider en avalant des lames de rasoir ou en essayant de se pendre. Certains se sont cousus les lèvres. « On voit en face de nous des personnes en désespoir, qui ont choisi de potentiellement mettre fin à leur jour pour vivre libre. Et la seule réponse qu’on leur accorde est un “non” catégorique et une demande d’arrêt de leur action. Et pour les autres (députés et membres du gouvernement), c’est un silence morbide qui me choque », a-t-il ajouté.

Pour le porte-parole de la Plateforme, les politiques doivent prendre leur responsabilité, « sortir de leur carcan et de leur silence. Je regrette que tout le monde garde le fantôme de la NV-A ou du Vlaams Belang dans la pièce. Forcément, ils vont jouer sur les fantasmes, mais c’est justement l’absence de clarté qui permet à ces fantasmes d’exister ».

 
 
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