Tensions entre la Slovénie et la Commission: le président slovène contre-attaque

Janez Jansa, le président de la Slovénie.
Janez Jansa, le président de la Slovénie. - AFP.

La Slovénie « n’est pas un État membre de seconde zone » : le Premier ministre Janez Jansa, dont le pays a pris la présidence de l’UE, a contre-attaqué vendredi au lendemain d’un incident avec un haut responsable européen sur le respect de l’État de droit.

Incident diplomatique rare dans ce type d’événements, le vice-président de la Commission européenne chargé du Pacte vert, Frans Timmermans, avait refusé jeudi de se joindre à la photo de groupe des membres de l’exécutif européen avec le dirigeant conservateur, à l’occasion du lancement de la présidence semestrielle de l’Union.

Le Néerlandais protestait ainsi contre « une attaque inacceptable et diffamatoire » de Janez Jansa contre deux juges slovènes.

Le Premier ministre, allié de Viktor Orban, avait auparavant remis en cause l’indépendance de ces magistrats en les montrant sur une photo aux côtés d’eurodéputés du groupe Socialistes et démocrates, au cours d’une réunion avec les commissaires.

« Il y a eu des questions concrètes sur l’État de droit, et nous avons répondu », a expliqué vendredi Janez Jansa, qui dénonce régulièrement le parti pris de gauche des médias et du monde de la justice dans son pays.

Interrogé sur la réaction de M. Timmermans, M. Jansa a répondu ne pas s’être rendu compte sur le coup de son absence.

« Si un commissaire se sent offensé, je dois dire que nous n’avons pas commencé le débat, mais seulement clarifié certains points. Si vous n’aimez pas la vérité, c’est un problème pour vous, pas pour la vérité », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse avec des journalistes européens.

« La Slovénie n’est pas une colonie »

« Nous n’avons aucun problème à ce que quiconque vérifie quoi que ce soit : l’État de droit, la liberté de la presse, le financement des médias », a-t-il encore assuré.

Mais « la Slovénie n’est pas une colonie, pas un État membre de seconde zone. Nous insistons pour un traitement totalement égalitaire », a ajouté cet ancien dissident à l’époque de l’ex-Yougoslavie.

Le Premier ministre, qui n’a pas pris part aux critiques européennes contre Viktor Orban sur la loi hongroise controversée interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs, s’est fait le porte-voix des pays d’Europe centrale, dont plusieurs comme la Hongrie et la Pologne sont dans le collimateur de l’UE pour des atteintes à l’État de droit.

« L’Union européenne n’est pas une union sans l’Europe centrale », a-t-il déclaré, mettant en garde contre une politique de « deux poids deux mesures » qui pourrait mener à un « effondrement » de l’UE.

Il a aussi réfuté la différence entre « démocraties illibérales et démocraties libérales », estimant que la principale différence était entre « démocratie » d’un côté, « technocratie et bureaucratie » de l’autre.

 
 
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