Energie: le covid a freiné les changements de fournisseurs

La part d’électricité autoconsommée des panneaux photovoltaïques des particuliers n’entre pas dans les calculs des régulateurs. © Belga.
La part d’électricité autoconsommée des panneaux photovoltaïques des particuliers n’entre pas dans les calculs des régulateurs. © Belga.

Tous les ans, les quatre régulateurs du marché de l’énergie compilent leurs données pour dresser le tableau des marchés de l’électricité et du gaz en Belgique. Des chiffres de la Creg (fédéral), de la Cwape (Wallonie), de Brugel (Bruxelles) et de la Vreg (Flandre), il ressort une baisse de la quantité d’énergie fournie en 2020 – hors production autoconsommée en provenance de panneaux photovoltaïques ou d’une éolienne –, tant pour le gaz (190,6 TWh, soit – 1,2 % par rapport à 2019) que pour l’électricité (63,1 TWh, – 4,8 %).

Or, dans le même temps, le nombre de points de fourniture a (légèrement) augmenté. « Cela pourrait témoigner d’une consommation énergétique plus rationnelle du consommateur », pointent les régulateurs. Mais « il est également probable que la production locale et la baisse de la consommation dans les bureaux (et partiellement dans l’industrie) en raison du télétravail dû aux mesures covid-19 aient un impact sur ces chiffres ». Dans le cas du gaz naturel, une année globalement plus chaude a fait baisser les besoins de chauffage.

Engie et Luminus dominent

Selon le rapport des quatre régulateurs, la crise sanitaire pourrait avoir eu un autre impact : celui de diminuer le nombre de clients ayant changé de fournisseur d’énergie. Depuis plusieurs années, on constatait une augmentation de ce comportement parmi les consommateurs, avec un pic en 2019. Mais en l’année dernière, ils ont constaté « une légère diminution pour le gaz naturel et une diminution relativement forte pour l’électricité ».

Une explication pourrait en être que, en raison de la situation incertaine due au covid, « les consommateurs n’étaient pas enclins à changer de fournisseur d’énergie ». Une attitude que les régulateurs jugent pourtant peu conciliable « avec la baisse du prix de l’énergie en 2020 (elle-même consécutive à la baisse de la demande, NDLR) ». « En effet, pour les clients ayant un contrat à prix fixe, il aurait été intéressant de changer de fournisseur et de passer à un contrat avec prix de l’énergie variable ou de conclure un nouveau contrat à prix fixe », note le rapport.

On notera qu’en termes de parts de marché, les fournisseurs historiques que sont Engie-Electrabel et Luminus sont encore largement dominants, fournissant respectivement 45 et 18 % de l’électricité, et 35 et 10 % du gaz naturel consommés en 2020

36,58 % de courant renouvelable

Enfin, quant à l’origine du courant fourni aux consommateurs belges, les régulateurs expliquent « qu’après plusieurs années de baisse depuis 2013, la part de la fourniture d’électricité renouvelable a augmenté jusqu’en 2018 », pour se stabiliser « en 2019 aux alentours des 34 % ». « En 2020, on observe une augmentation par rapport à l’année précédente », note le rapport. « Au total, 36,58 % de l’électricité fournie en Belgique était de nature renouvelable ». Ce courant vert était fourni à pour plus de la moitié (53 %) par des installations hydrauliques, près de 25 % par de l’éolien, 15 % par de la biomasse et à peine 3 % par du solaire.

Toute cette électricité renouvelable n’est évidemment pas produite en Belgique. Pour compléter leur production verte locale, les fournisseurs peuvent acheter, à l’échelle européenne, des garanties d’origine, s’assurant qu’une part équivalente à de l’électricité « grise » – notamment produite par les centrales nucléaires ou au gaz – qu’ils fournissent en Belgique est bien produite de façon renouvelable ailleurs. La majeure partie (55 %) des garanties d’origine utilisées en Belgique provient de la zone dite CWE, soit par ordre d’importance de France, de Flandre, de Wallonie, des éoliennes en mer du Nord, des Pays-Bas et d’Allemagne. Sur ce courant vert, la production purement belge est de 33 %. La part des garanties d’origine provenant d’Europe du Nord (Norvège, Danemark, Suède, Islande et Finlande) « se situe aux alentours des 23 % ».

« Il est important de noter qu’une partie seulement de l’électricité renouvelable produite en Belgique bénéficie de garanties d’origine négociables », précisent toutefois les régulateurs. Par exemple, l’électricité autoconsommée des panneaux photovoltaïques des particuliers n’en bénéficie pas. La part réelle de courant vert utilisée est donc plus importante que les chiffres ne le laissent paraître.

 
 
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