Aéroports de Paris: les vols retardés par une grève qui continuera ce week-end

Les négociations doivent reprendre "à 09H30 lundi", a-t-on appris de sources concordantes. D'ici là, les trois préavis de grève "sont maintenus ce week-end", ont indiqué à l'AFP les responsables des syndicats Unsa, CGT et CFE-CGC d'ADP.

Vendredi, vers 17H00, les vols étaient "retardés d'une heure" en moyenne à Roissy et de "quinze minutes à Orly", a précisé à l'AFP la direction d'ADP, en ajoutant que les retards seraient "résorbés vers 20H00" à Roissy, tandis qu'ils étaient "en train de se résorber" à Orly.

Les préavis en cours seront clos "lundi à 07H00", a noté Daniel Bertone, secrétaire général de la CGT d'ADP.

Avec leur appel à la grève, qui englobe le premier week-end des grands départs en vacances, les trois syndicats représentatifs réclament le retrait d'un plan d'adaptation des contrats de travail (PACT) prévoyant une baisse ou une suppression de primes. En cas de refus, les salariés risquent un licenciement.

Les propositions faites vendredi par la direction sont insuffisantes et "on pense qu'elle a encore des cartes dans le réservoir", a déclaré Laurent Garssine, secrétaire général de l'Unsa ADP dont le syndicat a déjà déposé un préavis pour le vendredi 9 juillet. 

L'Unsa était le seul syndicat à avoir appelé à la grève dès jeudi, entraînant ce jour-là des retards de 15 minutes en moyenne dans les deux aéroports.

La CGT et la CFE-CGC ont aussi déposé un nouveau préavis. Ce sera "les 9 et 10 juillet" pour la CGT, a indiqué M. Bertone, en soulignant que les personnels au sol d'Air France étaient aussi appelés à la grève le 10 juillet.

Une manifestation est prévue à partir de 09H00 samedi matin à Roissy et une assemblée générale des salariés est programmée à 08H30 à Orly.

À Roissy vendredi matin, avec jets de confettis et fumigènes, des salariés ont manifesté au terminal 2E, bloquant l'accès des voyageurs aux postes de contrôle aux frontières, a constaté une journaliste de l'AFP. Ce blocage a cessé en début d'après-midi. Selon M. Bertone, les forces de l'ordre avaient empêché les salariés de sortir du terminal.

Si les passagers ont été orientés vers d'autres terminaux, certains ont raté leur avion à cause d'un manque de personnel aux contrôles, a indiqué à l'AFP une source aéroportuaire, en évaluant le nombre de manifestants à 500.

Sur des pancartes brandies par les salariés figurait le portrait du PDG d'ADP, Augustin de Romanet, grimé en glouton avec le slogan "Ne cherchez plus vos salaires, je les ai mangés" ou encore "De Romanet: 450.000 euros/an et moi viré".

À Orly, 250 personnes ont manifesté, d'après la source aéroportuaire. Selon M. Garssine, "entre 300 et 400 personnes" ont défilé hors de l'aéroport et certains sont "entrés trente minutes dans le terminal 3". Des manifestants ont été "gazés" par les forces de l'ordre, a-t-il protesté.

"Nous refusons le projet PACT (...). On bloque à regret", a souligné auprès de l'AFP à Roissy Luis Mendes, délégué Unsa. "On comprend la difficulté du secteur aérien, qui est uniquement due à la crise sanitaire (du Covid-19). On est prêt à faire des efforts conjoncturels" mais "pas structurels et définitifs. La direction se sert de la crise pour nous faire perdre définitivement nos acquis", a-t-il accusé.

D'après les syndicats, le PACT entraînera jusqu'à 20% de perte de rémunération pour certains salariés. M. de Romanet affirme lui que "88%" des salariés "ne perdront pas plus de 4%". 

Pour la direction, ce PACT doit permettre de réaliser des économies nécessaires, alors que la pandémie a plombé l'activité d'ADP. Même si le trafic aérien reprend de la vigueur à Roissy et Orly avec les départs en vacances, il reste très inférieur à son niveau d'avant-crise, avec 100.000 passagers par jour contre 200.000 précédemment.

 
 
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