Festivals de l’été: savoir qui nous sommes grâce aux livres

Galilée a révolutionné le rapport de l’homme à la Terre.
Galilée a révolutionné le rapport de l’homme à la Terre. - D.R.

Le regard vers l’ailleurs des Inattendues de Tournai

Qui sommes-nous ? Au siècle de la mondialisation des virus et de l’information, des débats sur les questions du rapport au genre, à la race, à la nation, aux institutions, les Inattendues philosophiques et musicales de Tournai s’emparent de la question qui fâche, celle de l’identité.

Samedi 28 août, le Quatuor pour la fin du temps d’Olivier Messiaen sera l’un des points d’orgue du dixième anniversaire du festival. L’œuvre a été composée en 1941, au cœur du Stalag de Görlitz, où Olivier Messiaen fut prisonnier de guerre. Inspirés par l’Apocalypse de saint Jean, ses sept mouvements tracent un parcours musical initiatique, qui entrera en résonance avec les textes d’un chœur d’étudiants. Dans ce voyage au bout de la nuit tournaisienne, les spectateurs seront en quête d’harmonie.

Le même soir, le penseur Bruno Latour, spécialiste de nos modes d’existence terrestres, et la metteuse en scène Frédérique Aït-Touati, frapperont l’imaginaire avec le spectacle Moving Earths. Alors que certains remettent aujourd’hui en cause la rondeur de la planète, Bruno Latour rappellera le choc provoqué par Galilée, en 1610, à l’énonciation du fait que la Terre n’était pas le centre de l’univers. Et il mettra cette découverte en perspective avec l’idée que notre planète pourrait avoir un comportement propre, en réaction aux actions de l’homme… Ce postulat révolutionnaire, liant étroitement notre destinée à celle de la Terre, servira de prélude idéal au grand débat du dimanche autour de la question métaphysique de notre essence. Vinciane Despret, Tobie Nathan et Martin Legros exploreront, là, avec le public, des chemins vers l’ailleurs, pour regarder qui nous sommes en passant de l’autre côté du miroir.

Du 27 au 29 août Tournai, cathédrale, place, jardin et cour de l’Evêché, église Saint-Aubert.

L’Intime Festival : « Laisser parler les livres »

Chloé Colpé est la cheville ouvrière de l’Intime Festival depuis neuf ans. Le chapitre 9, elle l’a évidemment préparé, comme d’habitude, avec Benoît Poelvoorde, l’initiateur du projet qui reste attentif à son bébé littéraire. Alors Chloé, comment ce festival se présente, cette année ?, lui demandons-nous. Et elle fait cette magnifique réponse : « Laissons parler les livres, c’est plus intéressant. »

Joy Sorman est une des invitées de l’Intime.
Joy Sorman est une des invitées de l’Intime. - Hermance Triay.

Les livres parlent, en effet. Et le truc de l’Intime, c’est de les faire entendre. Le programme s’établit donc autour de lectures. Avec de grands comédiens qui lisent/jouent/interprètent (selon leur tempérament) de beaux textes. Michel Vuillermoz s’attaque à Alegria de Manuel Vilas ; Catherine Salée s’empare d’A la folie de Joy Sorman ; Nicolas et Bruno proposent une lecture pro-active de Zaï, zaï, zaï, zaï de FabCaro ; Félix Vannoorenberghe dit Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich ; Agathe Binitzer illumine L’éblouissement des petites filles de Timothée Stanculescu ; Anna Mouglalis et Micha Lescot dialoguent Les liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos ; Dirk Roofthooft marque Le Bois de Jeroen Brouwers… Il y aura aussi Philippe Jaenada, Camille de Toledo, Mostafa Khalifa, Elisa Shua Dusapin, un focus sur Jean-Claude Pirotte…

« Ce qui est intéressant cette année, précise Chloé Colpé, c’est le côté pluridisciplinaire du festival. On l’a toujours eu, mais il est aujourd’hui davantage mis en évidence. » Le théâtre, avec la pièce de Felwine Sarr qui inaugure le festival, le jeudi 26. La photo avec l’expo de Mathieu Pernot. Le cinéma avec Gustave Kervern et Benoît Delépine. Le reportage avec l’expo Les disparus, sur la résidence de Robert McLiam Wilson…

Du 26 au 29 août Théâtre de Namur intime-festival.be

 
 
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