Extinction Rebellion gagne un procès contre la police bruxelloise

Extinction Rebellion gagne un procès contre la police bruxelloise
Hatim Kaghat / Belga.

Le 28 novembre 2019, veille du Black Friday, un groupe de militants d’Extinction Rebellion se réunit dans un café du centre de Bruxelles. Objet de la rencontre : planifier une action le lendemain contre la nouvelle grand-messe des soldes. L’idée est de coller des affiches sur les magasins de la rue Neuve. Vers 22 heures, lorsqu’ils sortent du café, certains avec les affiches à coller dans leurs sacs, la police locale leur tombe sur le râble ; 22 personnes sont privées de liberté administrativement. Menottes, fourgon et fouille à nu. Les militants ne sont relâchés qu’au petit matin, après la nuit passée en cellule. Oubliez l’action contre « la société de consommation » : il est trop tard.

Douze des 22 personnes arrêtées ce jour-là ont décidé d’attaquer au civil la zone de police Bruxelles Capitale-Ixelles. Le tribunal de première instance vient de rendre son jugement, qui donne raison aux militants sur toute la ligne. La justice y voit une arrestation arbitraire : « Ni le risque d’une atteinte grave à l’ordre public, ni l’absolue nécessité de cette arrestation » ne sont démontrés, explique le tribunal. Au surplus, l’usage de menottes et la fouille à nu n’étaient pas davantage justifiés, selon le jugement. Le droit pour les personnes arrêtées de contacter une personne de confiance n’a pas été assuré. La zone de police est condamnée à indemniser les victimes à hauteur de 250 euros par personne. En revanche, les poursuites intentées contre le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close (PS), en tant que responsable administratif de la police, sont jugées non fondées.

« Je suis super contente de ce jugement », déclare l’avocate des douze activistes d’Extinction Rebellion, Me Margaux Nocent. « Nous sommes allés au civil pour prouver que des fautes avaient été commises et que ces fautes ont causé un dommage. Lorsque j’ai pris ce dossier, j’ai trouvé des personnes complètement choquées et qui avaient peur de mener d’autres actions. » Contactés par téléphone pour une éventuelle réaction, ni le cabinet d’avocats défendant la zone de police, ni la zone elle-même, n’étaient disponibles.

 
 
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