Van Aert dompte le Ventoux et triomphe: ce qu’il faut retenir de la 11e étape du Tour de France

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Défier le Mont Ventoux non pas une mais deux fois, telle était la mission du jour, par son versant le plus accessible d’abord avant l’ascension redoutable via Bédoin. Pour départager les grimpeurs ou les hommes de tête, une descente vertigineuse vers l’arrivée à Malaucène.

Un programme qui motivait visiblement Alaphilippe, à l’attaque d’entrée, jusqu’à former un quatuor avec Dan Martin, Perez et Rolland, Un groupe de contre emmené par van Aert rentrait au pied de la première montée du Ventoux. Derrière par contre, plus que les coureurs lâchés, ce sont les abandons qui se succédaient : Tony Martin sur chute, Russo, Scotson mais aussi Van der Sande et… Tiesj Benoot qui arrivait pourtant ambitieux sur ce Tour.

Au sommet, le groupe de tête, réduit à huit unités (Alaphilippe, Bernard, Durbridge, Elissonde, Mollema, Perez, Meurisse et Van Aert) comptait 5 minutes d’avance sur un peloton étonnamment emmené par les maillots Ineos.

En surnombre devant, les Trek prenaient le boulot à leur compte, sans doute au profit de Mollema. Si Elissonde démarrait au pied de l’ascension décisive, Van Aert réagissait avec Alaphilippe et Mollema avant de repartir seul et reprendre le Français. Ce dernier ne pouvait accompagner bien longtemps, le Champion de Belgique, serein dans sa gestion. Dans le groupe des favoris, O’Connor (2e du général) devait lâcher prise à 9 bornes du sommet. Dans le dernier kilomètre, Vingegaard qui avait accéléré déposait Pogacar, une surprise !

S’il perdait du terrain dans la partie « lunaire » du Mont Chauve, van Aert basculait avec plus d’une minute d’avance sur le duo Trek. Une descente impeccable lui permettait de savourer dans les ultimes hectomètres.

Un exploit retentissant pour notre compatriote, lauréat en solitaire d’une étape de légende, sa plus belle victoire dans le Tour sinon la plus belle de sa carrière sur route. Dans son sillage, Tadej Pogacar conserve et renforce même quelque peu son maillot jaune, mais l’attaque de Vingegaard a démontré qu’il n’était pas infaillible.

L’homme du jour

Nous l’écrivions hier, Wout van Aert peut gagner sur tous les terrains. Battu sur le fil par Cavendish à Valence, il a triomphé 24 heures plus tard à Malaucène après deux ascensions du Mont Ventoux. Celui que l’on peut considérer comme le coureur le plus complet du peloton a effectué 175 bornes en tête, s’est défait de coureurs aguerris en montagne pour aller au bout. Plus qu’une ligne à son palmarès, son aura et sa popularité atteignent les sommets.

L’équipe du jour

On aurait pu citer Trek pour sa journée offensive mais c’est sans aucun doute Jumbo-Visma qui trouve le plus de motifs de satisfaction. La victoire du jour dans une étape de prestige, une place sur le podium provisoire avec Jonas Vingegaard qui s’est permis d’attaquer et déstabiliser Pogacar. Orphelins de Roglic et Martin, les maillots jaune et noir ont retrouvé des couleurs et des raisons d’y croire.

Le Belge du jour

Van Aert mis à part, Xandro Meurisse a réalisé une belle journée à l’avant. S’il a cédé dans la seconde escalade, le coureur de la formation Alpecin retrouve peu à peu ses sensations. Voici deux ans, le Courtraisien qui militait alors chez Wanty avait terminé 21e à Paris.

L’abandon du jour

Le contingent belge à la fête a pourtant déploré plusieurs abandons ce mercredi avec Tosh Van der Sande, Victor Campenaerts et Tiesj Benoot. Une mauvaise surprise dans le cas du Gantois de l’équipe DSM, repris au sein de la sélection olympique pour la course sur route à Tokyo. Souffrant du dos depuis une chute en Bretagne, il avait déjà passé une mauvaise journée la veille.

Les chiffres du jour

2.Voici deux mois jour pour jour, Wout van Aert subissait une opération de l’appendice. Après trois semaines sans vélo, il a su mettre à profit un stage en altitude pour s’aligner au départ de ce Tour en retard de condition certes, mais dans une forme qui s’améliore au jour le jour.

3.  Après 11 étapes, les Belges comptabilisent trois succès avec Merlier (à Pontivy), Teuns (au Grand-Bornand) et van Aert (à Malaucène). Un total équivalent à celui du Tour 2019. Si une nouvelle victoire venait s’ajouter, le bilan deviendrait le meilleur de ce siècle puisqu’il faut remonter au Tour1999 pour trouver 4 bouquets belges : Steels à trois reprises et Dierckxsens.

L’image du jour

 
 
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