Cibler les mesures d'emploi auprès des plus vulnérables (Conseil supérieur de l'emploi)

"Il y a de bonnes et de mauvaises nouvelles", a souligné le vice-gouverneur de la Banque nationale Steven Vanackere, aussi vice-président du Conseil supérieur de l'emploi. Le marché du travail "a échappé à des drames majeurs", avec une faible augmentation du chômage, repassé sous les niveaux de 2019.

Mais les problèmes que le marché du travail belge connaissait déjà avant la crise n'ont pas été résolus. Le marché est toujours polarisé, avec la présence de groupes particulièrement vulnérables. "Cela nécessitera l'attention de tous les gouvernements. Un objectif ambitieux ne pourra être atteint qu'en accordant une attention particulière aux groupes défavorisés", a plaidé Steven Vanackere.

La crise a en effet particulièrement touché les jeunes, les personnes plus faiblement éduquées et celles qui ne sont pas d'origine européenne, surreprésentées dans les secteurs les plus impactés comme l'horeca, les métiers de contact, l'événementiel, la culture et les commerces de détail non alimentaires. Elles ont aussi plus souvent des contrats temporaires qui n'ont pas été renouvelés.

Les femmes ont par ailleurs été plus sévèrement touchées que dans une "crise classique", observe le Conseil supérieur de l'emploi. Ce sont en effet surtout elles qui se sont occupées des enfants quand les écoles étaient fermées.

Autres points noirs: la progression du chômage de longue durée, mais aussi un nombre toujours important de postes qui restent vacants. Quelque 115.500 emplois restaient ainsi à pourvoir fin 2020, ce qui porte le taux de vacance d'emploi à 2,9%. Un chiffre largement au-dessus de la moyenne de la zone euro (1,9%).

Le Conseil supérieur de l'emploi préconise une approche "opportune, ciblée et temporaire". "Maintenir trop longtemps des aides non ciblées est non seulement coûteux d'un point de vue budgétaire, mais aussi contreproductif car cela fige des situations économiquement non viables. Les mesures générales, mises en place dans l'urgence et nécessaires à l'époque, n'ont plus lieu d'être", défend l'organisme.

 
 
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