Grève de la faim des sans-papiers: manifestation de soutien à Bruxelles

Grève de la faim des sans-papiers: manifestation de soutien à Bruxelles
Belga.

Environ 120 personnes, selon une estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, se sont rassemblées jeudi à compter de 15h00 sur la place du Béguinage à Bruxelles, en soutien aux quelque 430 sans-papiers en grève de la faim depuis le 23 mai dernier.

Les portes de l’église ont été symboliquement fermées et placardées d’affiches noires arborant des messages comme « Morts pour des papiers, vraiment ? » et « Politique humaine, où es-tu passée ? ».

« Une seule solution, la régularisation », ont notamment scandé les manifestants. Des personnes issues du comité de soutien aux sans-papiers, des étudiants ou encore des syndicalistes de la CSC étaient présents. Certains ont pris la parole pour exprimer leur inquiétude quant à l’état de santé des sans-papiers en grève de la faim.

« Ces mobilisations de soutien sont importantes pour nous, car elles remontent le moral et soutiennent la santé psychologique des grévistes et, parallèlement, donnent plus de visibilité à notre cause », a souligné un porte-parole des sans-papiers grévistes. « Parmi les personnes qui ont été transportées cet après-midi en ambulances à l’hôpital, certains cas nous inquiètent. La situation est critique et alarmante. On espère que les partis du gouvernement vont ouvrir une brèche pour nous sortir de l’impasse. »

Le rapporteur spécial des Nations unies sur l’extrême pauvreté et les droits humains, et professeur de droit à l’UCLouvain, Olivier De Schutter est allé à leur rencontre plus tôt dans la journée. À l’issue de cette visite, il a soutenu l’intérêt des revendications portées par les grévistes, qui réclament des critères clairs de régularisation. « Le dispositif actuel permettant la régularisation, et qui repose sur l’article 9 bis de la loi du 15 décembre 1980, d’une part n’impose aucun délai à l’Office des étrangers pour prendre position et, d’autre part, laisse place à l’arbitraire le plus complet, puisqu’il n’y a pas de critères de régularisation objectifs. (…) On ne peut pas continuer à ignorer cette réalité. Les estimations vont de 100.000 à 150.000 personnes sur le territoire belge ». Il a également mis en évidence la vulnérabilité à laquelle ces personnes sont exposées en l’absence de reconnaissance administrative.

Le secrétaire d’État fédéral à l’Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&amp ; V) a réagi en début d’après-midi, affirmant placer la lutte contre l’exploitation économique en tête des priorités du gouvernement.

Entre fin janvier et début février, des sans-papiers ont commencé à occuper l’église du Béguinage et des réfectoires de l’Université libre de Bruxelles (ULB) et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB). En comptant les enfants, ils sont environ 475 actuellement.

 
 
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