Espagne: le Premier ministre Pedro Sánchez va remanier son gouvernement

Espagne: le Premier ministre Pedro Sánchez va remanier son gouvernement

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez annoncera en début d’après-midi un remaniement de son gouvernement de coalition qui regroupe les socialistes et la gauche radicale de Podemos, a annoncé samedi la présidence du gouvernement.

M. Sánchez «se trouve actuellement au Palais de la Zarzuela afin d’informer Sa Majesté le roi de la composition de son nouveau gouvernement», dont «l’objectif principal sera la reprise économique et sociale du pays», a affirmé le gouvernement dans un message adressé aux médias.

Le message précise que M. Sánchez devait annoncer la composition de sa nouvelle équipe «à partir de 14H00» (12H00 GMT) au palais de la Moncloa, siège du gouvernement.

Selon le quotidien El País et la radio Cadena Ser, qui ont révélé samedi l’imminence de ce remaniement, les cinq ministres de Podemos seront maintenus à leurs postes, le remaniement n’affectant donc que certains des 17 portefeuilles détenus par des membres du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de M. Sánchez ou des personnalités qui en sont proches.

La numéro deux du gouvernement, la socialiste Carmen Calvo, ministre de la Présidence et des Relations avec le Parlement, devrait quitter le gouvernement pour être remplacée au poste de première vice-présidente par Nadia Calviño, actuelle ministre de l’Economie et numéro trois de l’exécutif, précisaient El País et la Cadena Ser, qui citaient des sources gouvernementales.

Le quotidien, qui qualifie le remaniement de «large», affirme également que la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, quitterait son poste.

Ce remaniement sera le premier depuis l’investiture du gouvernement Sánchez, en janvier 2020, si l’on excepte le remplacement cette année de deux ministres démissionnaires.

Controverses

Il y a trois mois, l’exécutif avait essuyé un terrible camouflet lors des élections régionales de Madrid, bastion historique de la droite, où le PSOE et Podemos avaient subi une déroute face au Parti Populaire (PP, conservateur), qui avait présenté le scrutin comme une sorte de référendum sur la politique gouvernementale.

Plus récemment, la récente décision du gouvernement, fin juin, de gracier les responsables indépendantistes catalans emprisonnés à la suite de la tentative de sécession manquée de la Catalogne en 2017 a suscité la désapprobation d’une grande partie de l’opinion publique, selon plusieurs sondages, et fourni des munitions à l’opposition de droite.

A tel point que certaines enquêtes d’opinion placent désormais le PP devant ou à égalité avec le PSOE en cas d’élections législatives anticipées.

Fin janvier, M. Sanchez avait remplacé son ministre de la Santé, Salvador Illa, qu’il avait choisi pour diriger la campagne socialiste aux élections régionales de Catalogne.

Il avait ensuite dû procéder fin mars à un mini-remaniement imposé par la démission soudaine du gouvernement du leader d’alors de Podemos, Pablo Iglesias, qui s’était jeté dans la bataille pour les élections régionales à Madrid, avant d’abandonner la vie politique au soir des élections du 4 mai.

M. Iglesias, qui était alors deuxième vice-président du gouvernement, avait été remplacé par la ministre du Travail, Yolanda Diaz, autre responsable de Podemos, qui n’occupe toutefois que la troisième vice-présidence dans la hiérarchie gouvernementale actuelle, derrière Carmen Calvo et Nadia Calviño.

L’Espagne est plongée depuis la chute en 2018 du gouvernement conservateur de Mariano Rajoy (PP) dans une très grande instabilité politique.

mig/CHZ/sg

AFP

 
 
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