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Affaire Jürgen Conings: l’ex-lieutenant-général Buchsenschmidt «choqué» par l’éviction du chef du SGRS Philippe Boucké

Cette éviction du «patron» du Service général du renseignement et de la sécurité «m’a profondément choqué», a indiqué le lieutenant-général en retraite Guy Buchsenschmidt .

Temps de lecture: 2 min

Le lieutenant-général en retraite Guy Buchsenschmidt s’est dit samedi «profondément choqué» par l’éviction du général-major Philippe Boucké de son poste de sous-chef d’état-major renseignement et de chef du service de renseignement de l’armée, le SGRS, annoncé vendredi par les deux plus hauts responsables du ministère de la Défense.

Cette éviction du «patron» du Service général du renseignement et de la sécurité «m’a profondément choqué», a indiqué cet ancien commandant du Corps européen (ou Eurocorps) dans une déclaration faite à l’agence Belga.

«A titre personnel d’abord. Car à l’époque où il servait sous mes ordres, au département opérations et entraînement, j’ai été assisté par un officier remarquable, voire exceptionnel: discipliné, loyal, travailleur infatigable, cartésien, visionnaire?», a souligné l’ex-général.

« Voué à une vindicte publique »

«Le voici maintenant voué à une vindicte publique, à l’issue d’une carrière brillante, ponctuée de missions opérationnelles et de brillantes fonctions de commandement. Dorénavant, son image sera à jamais salie sur internet», a ajouté M. Buchsenschmidt.

«Je suis passé par là et j’en mesure au jour le jour les conséquences», a-t-il poursuivi, en faisant référence à une affaire de harcèlement qui l’a mené en justice.

L’ex-général dénonce «une habitude du monde politique de se servir de lampistes pour calmer le tsunami médiatique». «Souvenez-vous du Rwanda, en 1994. Qui a payé, au final? Les politiques, coupables d’incroyables incuries? Non, car on a préféré accabler de tous les maux des militaires de terrain: le colonel (Luc, ndlr) Marchal et le lieutenant-colonel (Jo) Dewez, pour ne citer que ceux-là», fait-il valoir.

Il qualifie d’"ineptie» le fait que le SGRS va changer de tête pensante. «Qui d’autre que Philippe Boucké pouvait, avec son expérience, sa sagesse et ses connaissances, tirer les leçons d’une affaire Conings qui ne représente finalement qu’un non-évènement, dans un univers infiniment plus inquiétant, pour ne pas dire cauchemardesque. Car le pire est à venir?», a-t-il prévenu.

L’ex-général souhaite à son ancien subordonné «Good luck» et «courage». «Nous les militaires te soutenons sans réserve», a-t-il conclu.

La ministre de la Défense, Ludivine Dedonder (PS), et le chef de la Défense (Chod), l’amiral Michel Hofman, ont annoncé vendredi avoir pris «d’un commun accord» la décision de remplacer le général-major Philippe Boucké à la tête du SGRS par le vice-amiral Wim Robberecht, à la mi-août.

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17 Commentaires

  • Posté par Constant Depiereux, dimanche 18 juillet 2021, 8:37

    Il en est de l'armée comme de la protection civile ou les services de secours (pompiers, ambulances), sacrifiés par des mesures d'économie imbéciles prises par des politiciens à très courtes vues et dont le crédo est "responsables mais pas coupables". Et la situation ne changera pas tant que nous voterons comme des moutons ...

  • Posté par KOWALSKI Jean-Claude, samedi 17 juillet 2021, 16:43

    Quelle naïeveté de cet ex Lieutenant-Général !!! Ex flic, je sais qu'on nous reproche rarement d'avoir échoué dans une enquête judiciaire sauf quand cette enquête touche le monde politique de près ou de loin. Ici, cette enquête mettait en en cause la responsabilité de la Ministre de la Défense. Des fusibles devaient sauter LOL et cela a été fait. JAMAIS, les ps gauche caviar ne mettront en cause les capacités managériales d'une de leurs élues. Bien que je n'approuve pas son comportement, Jürgen Conings me faisait moins peur qu'une Commissaire du Gouvernement voilée qui prônait , à mots couverts, qu'en raison de la démographie, notre démocratie devrait s'adapter aux valeurs islamistes. Il ne faut pas nécessairement des armes pour saper une démocratie, il suffit de mettre les pions aux bons endroits et d'infiltrer les partis politiques traditionnels ainsi que les différents rouages de notre Administration. Cela a déjà commencé et va continuer parla bêtise de certains de nos politiciens, commeles bobos écolos, avides de pouvoir et de votes musulmans. Mais les mécréants comme moi ( ceux qui doivent être abattus) sont légion. Frères musulmans, nous allons vous combattre: votreparti islamo-gauchiste sera KO lors des prochaines élections.

  • Posté par Monsieur Alain, samedi 17 juillet 2021, 16:31

    C'est une "donnée fondamentale" pour comprendre le fonctionnement d'un (ex)militaire de haut-rang (pas que eux !) : Leur incapacité à rendre des comptes en-dehors de leur propre hiérarchie. C'était pareil à la Gendarmerie - sanction : elle a disparu. ! Philippe Bouké devrait se sentir honoré : par son départ, il préserve son unité : le SGRSDRA.

  • Posté par BEKE Eric, samedi 17 juillet 2021, 14:41

    En ce temps là, le politique a sorti la Gendarmerie de la sphère militaire (avant de la supprimer), ce qui a coupé le SGRS d'une bonne part de ses informations concernant les (futurs) militaires. Les restructurations successives, couplées à une réduction continue des effectifs de l'armée, n'ont pas conduit à une organisation rationnelle et efficace, mais au règne de l'improvisation au plus pressé en fonction de priorités fluctuantes (la manœuvre des trous = en creuser un pour tenter d'en boucher un autre). Dans ces conditions, comment s'étonner que le service de renseignement de l'armée ne fonctionne pas de façon optimale: découvrir qui dépend de qui et est censé faire quoi est déjà un challenge. Donc oui, on a fait sauter un fusible, mais cela ne changera rien à l'état de l'installation électrique.

  • Posté par Andre Georges-marc, samedi 17 juillet 2021, 14:45

    Je vous donne raison. Comme je l'écris plus bas, il n'y a plus vraiment d'Etat. D'où les problèmes grandissants auxquels nous sommes et serons confrontés.

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