Course-poursuite en Lamborghini en France: de la prison pour le chauffard

Course-poursuite en Lamborghini en France: de la prison pour le chauffard
Photo News.

On se croirait presque au cinéma, devant le dernier Fast & Furious , auquel La Voix du Nord aurait assisté. Deux motos de police chassent une explosive Lamborghini Huracan orange. La caméra est sur le casque d’un motard. Propulsée à une vitesse effarante (au moins 256 km/h, selon les relevés), les policiers zigzaguent entre les voitures, empruntent la bande d’arrêt d’urgence, suivent ce bolide qui soulève la poussière et accélère de plus belle. La Lamborghini disparaît soudain. Elle réapparaît à la sortie de l’autoroute, accidentée. Personne à bord. Un policier s’écrie : «  Il est où ?!  » Un piéton montre les fourrées.

Ce n’est pas Hollywood, mais l’autoroute A1, en France, un samedi après-midi. Ces images ont été diffusées ce lundi par le tribunal de Béthune, où un homme de 23 ans était jugé pour la rocambolesque course-poursuite du 19 juin, entre Lens et Seclin. «  Les policiers ont frôlé la mort  », assène le procureur, Guillaume Dupont.

Devant le tribunal, le jeune homme de Noyelles-sous-Lens, gabarit imposant, nie en bloc. «  C’était pas moi le conducteur, j’étais sur le siège à côté.  » Sans permis valable, en détention depuis sa première comparution, il désigne un certain Fayçal comme le conducteur.

Une version contredite par les témoignages des policiers et des témoins, ce jour-là. La présidente s’interroge : «  Vous avez dû avoir peur, dans ce cas pourquoi prendre la fuite ? La police vous a retrouvé couché dans l’herbe…  » «  J’étais en panique, j’avais peur d’avoir des problèmes  », soutient le prévenu.

Le prévenu de 23 ans n’a cessé de nier les faits, durant l’audience.

On lui rappelle qu’il aurait eu une attitude insolente en garde à vue, se targuant d’avoir «  déjà esquivé la BAC  » dans le passé. Puis il y a cette phrase d’un policier : «  Tranquille, à 250 km/h sur l’autoroute ?  » «  J’étais à 350  », aurait répondu le jeune homme dans un sourire.

Son avocat, Me Leroy, s’arc-boute contre l’accusation. Il pointe «  la fragilité du témoignage  » d’un automobiliste percuté par la Lamborghini, à Seclin. Puis met en évidence «  l’absence d’éléments matériels  » dans ce dossier où il n’y a «  pas de photo, pas de prélèvements  » qui «  désigneraient formellement  » son client.

Le procureur réclame toutefois dix-huit mois de prison ferme contre le Noyellois. Une peine modérée par le tribunal, qui condamne Sélim Belhadji à quinze mois d’emprisonnement, avec maintien en détention, auxquels s’ajoutent trois mois de sursis probatoire. Son permis est annulé, à nouveau.

 
 
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