Jean Castex sur la situation sanitaire en France: «On est dans la quatrième vague»

Jean Castex sur la situation sanitaire en France: «On est dans la quatrième vague»

Pour aller au cinéma, au musée ou dans des établissements sportifs, les Français doivent désormais présenter une preuve de vaccination ou un test Covid-19 négatif alors que le nombre des contaminations explose, en raison du variant Delta, plus contagieux.

Avec 18.000 contaminations en 24 heures, « nous avons une augmentation de la circulation du virus de l’ordre de 150 % sur une semaine : nous n’avons jamais connu cela », a alerté mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Alors que le gouvernement n’hésite plus à parler de « quatrième vague », l’impact à prévoir sur le système hospitalier est encore « incertain », a reconnu le ministre, d’autant que la flambée des contaminations touche pour l’instant surtout les jeunes.

Mais « nous avons déjà une augmentation depuis 10 jours consécutifs du nombre d’admissions à l’hôpital » pour Covid, a-t-il mis en garde.

Avec « un tiers des plus de 60 ans (…) toujours pas vaccinés » et un variant beaucoup plus transmissible, « pour l’hôpital, la vague peut être de même ampleur que les précédentes », assure mercredi dans Libération Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP.

Après un Conseil de défense mercredi matin, le Premier ministre Jean Castex est intervenu au JT de 13H00 de TF1 pour détailler l’application du pass sanitaire et pourrait aussi annoncer de nouvelles restrictions locales.

Emmanuel Macron avait prévenu le 12 juillet de cette possibilité, dans les territoires où l’incidence dépasse 200 cas pour 100.000 habitants, soit trois départements pour le moment en France métropolitaine.

Les annonces de Castex

« On est dans la quatrième vague. Le variant Delta est majoritaire. +140 % en une semaine, 18.000 cas hier, cela caractérise la situation. 96 % de ces cas, ont été détectés parmi des personnes non-vaccinées », a déclaré le Premier ministre sur l’antenne de TF1.

Les grands axes de la stratégie sont confirmés : la vaccination, le pass sanitaire, notamment. Dans certains départements, par exemple en Haute-Corse, les préfets ont déjà pris des mesures. Parmi elles, le port du masque généralisé, des mesures visant à fermer certains établissements à partir de 23heures, etc. Le couvre-feu pourrait-il s’étendre ? « Ne parlons pas de couvre-feu », a insisté le ministre. « Pour l’instant, on ferme certains lieux uniquement, sans interdire les déplacements ».

Le pass sanitaire

Dès ce mercredi, le pass sanitaire sera exigé dans les lieux de loisirs et de culture rassemblant plus de 50 personnes (contre 1.000 auparavant), tandis que l’Assemblée nationale examinera à partir de 15h00 le projet de loi l’étendant début août aux cafés, restaurants et trains.

Annoncée en même temps que la vaccination obligatoire des soignants et l’isolement obligatoire des cas positifs, la mesure avait provoqué une ruée sur la vaccination et fait l’effet d’une douche froide sur le milieu de la culture, qui peine à se relever de plusieurs mois de fermeture pour cause de pandémie.

Salles de spectacle et festivals d’été sont partagés entre crainte d’une baisse de fréquentation et espoir que la mesure, qui concerne pour l’instant les personnes majeures, ne décourage pas trop les spectateurs.

D’autant plus que l’obligation de porter le masque dans ces endroits-là n’est plus d’actualité, « sauf contrordre des préfets dans les départements en fonction de la situation épidémique », a annoncé mardi Olivier Véran.

Marguerite D’Almeda, soignante de 23 ans venue voir « Kaamelott » mercredi matin au MK2 Bibliothèque, à Paris, préfère elle garder son masque, même si elle est vaccinée. Mais depuis la réouverture des salles, « il y a des gens qui portent le masque, d’autres qui n’en portent pas », constate-t-elle.

Pour Richard Patry, président de la Fédération Nationale des Cinémas Français, les salles sont « traitées comme les mauvais élèves » alors qu’il n’y a eu aucun foyer de contamination répertorié. Comment gérer au Grand Rex, à Paris, « 1.200 personnes alors que les spectateurs arrivent un quart d’heure avant, et qu’il faut 20 à 25 secondes pour contrôler chaque personne », s’interroge-t-il.

Pour faire face à ces nouvelles contraintes, la Tour Eiffel, qui a reçu depuis vendredi la moitié de sa fréquentation estivale habituelle, a prévu des tests antigéniques pour tous les visiteurs sans pass sanitaire (gratuits pour les Français, payants pour les étrangers).

 
 
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