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Sans-papiers: des discussions sont en cours dans les occupations pour suspendre la grève de la faim

Des discussions ont eu lieu avec le cabinet du secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi.

Journaliste au service Enquêtes Temps de lecture: 4 min

Une issue s’amorce pour les sans-papiers qui occupent l’église du Béguinage, l’ULB et la VUB et ont entamé une grève de la faim voilà près de deux mois – doublée ces derniers jours, pour nombre d’entre eux, d’une grève de la soif. Des discussions menées ces deux derniers jours avec, notamment, l’envoyé spécial Dirk Van de Bulck, le cabinet, les grévistes et leurs soutiens ont été jugées suffisamment fructueuses pour amener les porte-parole à proposer une désescalade avec la suspension des grèves. Des discussions étaient en cours en fin d’après-midi au sein des occupations pour valider la suspension.

Officiellement, il n’y a pas de « deal ». Le gouvernement dit n’avoir rien concédé de plus que ce qui était sur la table depuis plusieurs semaines : une zone neutre (opérationnelle depuis jeudi) où les grévistes peuvent bénéficier d’un entretien avec un agent de l’Office des étrangers qui évalue leurs chances d’être régularisé ou non. En cas de dépôt de dossier, les grévistes bénéficient d’un traitement accéléré. L’Union des sans-papiers pour la régularisation, peu confiante, demandait davantage de garanties : une recevabilité acquise qu’ils avaient obtenue (indépendamment du fond, un demandeur doit justifier de circonstances exceptionnelles l’empêchant de faire une demande classique de visa depuis le pays d » origine, ce qui est souvent un motif de rejet) et des précisions sur les éléments qui amèneraient à un feu vert. Ce dernier élément restait plus flou jusqu’à présent, les réponses apportées étant jugées trop générales par les porte-parole des grévistes.

Les personnes les plus affectées physiquement par la grève de la faim auront aussi la possibilité d’introduire une demande de régularisation médicale (9ter), précise le cabinet Mahdi. Quid des personnes dont le profil présente a priori peu de chances ? « Ils pourront introduire une demande qui sera évaluée sur base individuelle », répète le cabinet.

L’USPR prend acte

« L’USPR acte la main tendue du Secrétaire d’Etat », annoncent les grévistes par voie de communiqué. « Sur cette base, une suspension provisoire des grèves de la faim et de la soif est en cours de discussion, à l’église du Béguinage et dans les autres occupations. Toutefois ce pas en avant n’est pas suffisant pour garantir l’accès au travail légal. La suspension de la grève n’acte pas la fin du mouvement. L’USPR continuera la lutte autour du permis unique tant au niveau régional que fédéral, afin d’obtenir des garanties supplémentaires et sortir les travailleurs.euses sans-papiers de la clandestinité. L’USPR et ses soutiens vont maintenant mettre toute leur énergie au renforcement des dossiers en amorçant une prise de contact avec les dispositifs mis en place dans la zone neutre. Ils maintiennent les occupations et vérifieront pas à pas que les engagements soient respectés. »

L’USPR, qui n’a pas donné davantage de détails sur le résultat des discussions, comptait sur l’octroi de titres de séjours temporaires pour tous les occupants afin de laisser le temps aux personnes de construire leur dossier de régularisation à plus long terme (en misant sur le travail – légal – et l’accompagnement des différents soutiens : ONG, syndicats, barreaux...). La voie du 9ter, avec un titre de séjour de quelques mois octroyé pour motif médical, vu l’état dégradé de nombre de grévistes, pourrait plus ou moins satisfaire la demande.

Sur Twitter, le secrétaire d’État à l’Asile et la Migration Sammy Mahdi s’est dit « soulagé ». « Pour moi, ce n’était pas un combat contre des gens, mais pour une politique correcte. Espérons que personne ne restera avec des séquelles permanentes. »

De Croo réagit

La situation des sans-papiers a provoqué des tensions au sein du gouvernement, avec le PS et Ecolo prêts à quitter la coalition en cas de décès d’un gréviste. Les deux blocs, au sein de la majorité, n’ont cessé de se renvoyer la responsabilité du prolongement de la crise, les uns s’agaçant de la rigidité du gouvernement, les autres dénonçant la fabrique « de faux espoirs ».

« Mettre fin à la grève de la faim est la seule bonne décision », a réagi le Premier ministre ce mercredi. « Il n’y a dans notre pays qu’une seule voie et c’est la voie de la loi. Il s’agit de la seule manière d’éviter des décisions arbitraires. […] Espérons que des dommages physiques permanents ont pu et pourront être évités. Si des séquelles physiques subsistent, tous ceux qui ont encouragé les grévistes de la faim ces dernières semaines, leur ont donné de faux espoirs ou leur ont fourni des informations non objectives, en porteront la responsabilité. »

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53 Commentaires

  • Posté par Esquenet Alexandre, mercredi 21 juillet 2021, 23:52

    Ils ont bousillé leur santé, ils seront handicapés à vie et à charge des autres citoyens qui eut n'ont rien demandé.

  • Posté par LIENARD NORBERT, jeudi 22 juillet 2021, 21:09

    LIEDEKERKE , comme ceux de Molenbeek 40% de chômeurs, je me demande qui paie pour qui, arrêtez votre cinéma

  • Posté par LIENARD NORBERT, jeudi 22 juillet 2021, 21:09

    LIEDEKERKE , comme ceux de Molenbeek 40% de chômeurs, je me demande qui paie pour qui, arrêtez votre cinéma

  • Posté par de liedekerke pierre, jeudi 22 juillet 2021, 9:56

    Et ceux qui ne seront pas à votre "charge" payeront votre pension... vive la multiculturalite ! Vous n'aimez pas ce mot.. pardon ;-)

  • Posté par de liedekerke pierre, jeudi 22 juillet 2021, 9:56

    Et ceux qui ne seront pas à votre "charge" payeront votre pension... vive la multiculturalite ! Vous n'aimez pas ce mot.. pardon ;-)

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