Anderlecht: une confirmation espérée sous forme de… nouvelle reconstruction

Vincent Kompany veut mettre calmement en place son nouveau système en 4-2-2-2.
Vincent Kompany veut mettre calmement en place son nouveau système en 4-2-2-2. - Belga

Deux mois après avoir terminé au pied du podium pour renouer avec l’Europe, après deux saisons de disette, où en est vraiment Anderlecht ? La répétition générale contre l’Ajax, vendredi dernier, n’a convaincu personne. En coulisses, où le travail de reconstruction – une fois de plus – se poursuit, on assure que l’équipe sera très compétitive dans quelques semaines. En attendant de voir les automatismes se mettre en place et l’arrivée d’au moins un buteur ô combien indispensable aux côtés des Refaelov, Hoedt, Gomez, Raman et Olsson (fraîchement officialisé), les Mauves espèrent limiter la casse à l’occasion d’un début de championnat théoriquement à leur portée.

1 Une épine dorsale à reconstituer

Les départs de Miazga, Lokonga et Nmecha étaient attendus mais ils portent fortement préjudice à la stabilité de l’équipe anderlechtoise. Au lieu de pouvoir se reposer sur une base ayant fait ses preuves la saison dernière, Vincent Kompany doit reconstruire une toute nouvelle épine dorsale. Certes, Wesley Hoedt devrait assurer dans l’axe de la défense, mais l’arrière-garde bruxelloise devra retrouver ses repères avec Harwood-Bellis, Debast ou Delcroix. Sur les flancs, Murillo et Mykhaylichenko, ayant commencé la préparation plus tard, n’ont pas encore pu assurer. Quant à l’entrejeu et au poste d’attaquant de pointe, quels que soient les efforts fournis par la direction anderlechtoise dans les prochains jours – comme pour le milieu de terrain suédois Kristoffer Olsson (voir page 17), ces deux secteurs auront inévitablement besoin de temps pour donner la pleine mesure de leurs moyens. Ce sont les inconvénients des prêts sans option d’achat – davantage de transferts définitifs ont été faits cet été – et de la nécessité de vendre, régulièrement, l’un de ses plus beaux joyaux.

Tant qu’il n’aura pas retrouvé une vraie santé financière, Anderlecht se verra dans l’obligation de se reconstruire chaque été. Du moins en partie. On soulignera notamment qu’il a perdu, ces derniers mois, 60 % de ses buteurs du défunt championnat. Le départ de Lukas Nmecha, qui était bien davantage qu’un finisseur, faisant évidemment le plus mal.

2 Vincent Kompany : saison clé pour une vraie crédibilité de T1

Isaac Kiese-Thelin n’entrant absolument pas dans les plans du staff technique, c’est la troisième saison d’affilée que le RSCA commence sans attaquant de pointe spécifique. Cela complique sérieusement la tâche de Vincent Kompany, qui est par ailleurs très exigeant dans le domaine, au point de refuser des profils comme Dieumerci Mbokani. « Mais Kompany n’est pas aussi têtu que d’aucuns veulent le faire croire », répète inlassablement la direction bruxelloise. Il est vrai que l’ancien capitaine des Diables rouges, en voyant dangereusement les Playoffs 1 s’éloigner à force de gaspiller contre les « petits », a fini par faire preuve de souplesse la saison dernière. Souvent abandonnée, la possession de balle à outrance a laissé la place à davantage de pragmatisme, les retrouvailles avec l’Europe – après deux saisons de disette- étant au bout d’une fin de phase classique particulièrement réussie. Il n’empêche que Vincent Kompany n’est probablement pas au bout de ses peines. Un an après avoir enfilé son costume de T1 au détriment de Frankie Vercauteren et en brûlant toutes les étapes, « Vince the Prince » est à l’aube d’une saison clé pour une vraie crédibilité de T1. Sur papier, le début de championnat (Union, Eupen, Seraing, Cercle) devrait lui permettre de mettre calmement en place son nouveau 4-2-2-2.

Les expérimentations et tergiversations ne pourront toutefois se prolonger trop longtemps, la Conference League arrivant déjà dans deux semaines avec son troisième tour préliminaire et ses barrages, fin août. Il s’agira de trouver rapidement le juste équilibre pour éviter de devoir à nouveau courir après les faits durant toute la saison, que les Mauves veulent terminer à la troisième place et avec un ticket pour l’Europa League en poche. Au minimum. « Même si nous ne sommes qu’à la deuxième année de notre plan de réhabilitation sur cinq ans », tentent de relativiser les patrons de la capitale.

3 Les finances : ça va mieux, mais on est encore loin du compte

Après un mercato estival 2020 dont l’enveloppe ne dépassait pas les 4 millions et un marché de janvier négocié avec des bouts de ficelle, Anderlecht s’est déjà davantage laissé aller cet été, avec notamment les arrivées de Refaelov, Hoedt, Sergio Gomez, Ashimeru, Raman ou encore Olsson ce mercredi, et c’est loin d’être fini. Sa licence assurée par une recapitalisation de 5 millions en janvier dernier, le RSCA a vu, au printemps, ses actionnaires minoritaires et majoritaires enfin trouver un accord. Un accord qui n’a toujours pas été entériné mais tout le monde se veut confiant à l’ombre de saint Guidon : on se dirige bel et bien vers une transformation par Marc Coucke d’une quarantaine de millions de dettes en capitaux ainsi que vers une injection d’argent frais par les actionnaires de quelque 25 millions. Une sérieuse bouffée d’oxygène pour un club accusant une dette de 116 millions et ayant enregistré une perte de 63 millions au cours des deux dernières saisons.

Neuf mois après ceux de Doku (26), les millions du transfert de Lokonga à Arsenal (17) et ceux plus inattendus de Bornauw (4,4) ont mis pas mal de beurre dans les épinards bruxellois. Marc Coucke est rassuré par la gestion du trio Vandenhaute-Donvil-Verbeke. Mais le Sporting, dont le salut passe plus que jamais par son centre de formation, a lui aussi été frappé de plein fouet par le coronavirus. Il est encore très loin d’être (redevenu) un club riche.

 
 
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