Pékin s’apprêterait à infliger une amende record au «Uber chinois»

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AFP.

Pékin réfléchit à des sanctions sans précédent à l’encontre de Didi, visé par une enquête après son entrée en Bourse à Wall Street, dont une amende record qui dépasserait celle infligée à Alibaba, écrit l’agence d’information financière Bloomberg. Alibaba, le géant chinois du commerce en ligne fondé par le fantasque milliardaire Jack Ma, avait été condamné en avril à payer 2,3 milliards d’euros à l’Etat chinois pour entrave à la concurrence.

Didi, qui domine dans son pays le marché de la réservation de voitures avec chauffeur (VTC), est lui visé par une enquête en lien avec sa collecte de données privées. Et sur ordre des autorités, l’application ne peut plus être téléchargée, une mesure sans conséquence toutefois pour les utilisateurs de Didi l’ayant déjà installée sur leur téléphone. Régulateurs et enquêteurs de plusieurs ministères ont débarqué la semaine dernière au siège de Didi pour passer en revue les questions de sécurité autour des données personnelles, une opération d’ampleur inédite.

Retrait du Nasdaq ?

Ces déboires interviennent après la levée de 4,4 milliards dollars (3,7 milliards d’euros) par Didi lors de son entrée fin juin à la Bourse de New York – à laquelle Pékin n’était pas favorable. Les régulateurs chinois envisagent à présent de prendre des sanctions exemplaires à l’encontre de la start-up, a affirmé jeudi Bloomberg. Parmi les pistes évoquées : la suspension de certaines de ses activités, l’arrivée dans son actionnariat d’un investisseur public, voire une amende. Elle serait supérieure aux 2,3 milliards d’euros infligés à Alibaba, croit savoir Bloomberg, qui ne cite pas de sources. Pékin pourrait également ordonner le retrait pur et simple de Didi du Nasdaq, mais aucune décision ne semble pour l’heure arrêtée, selon l’agence.

La Chine a longtemps encouragé ses entreprises à se mondialiser. Et nombre d’entre elles lèvent des fonds aux Etats-Unis pour se développer. Mais dans un contexte de rivalité croissante avec Washington, en particulier dans le domaine de la tech, Pékin redoute désormais que des données cruciales accumulées par ses géants ne fuient à l’étranger. Raison pour laquelle la Chine souhaite durcir les conditions de cotation à l’étranger pour ses entreprises, priées au préalable d’être irréprochables en matière de cybersécurité. Outre Alibaba et Didi, des groupes comme ByteDance (réseau social TikTok), Pinduoduo (commerce en ligne), Ant Group (paiement en ligne) ou Meituan (épicerie en ligne) ont déjà subi les foudres des autorités de régulation chinoises.

Fondé en 2012 par Cheng Wei, un ancien cadre d’Alibaba, Didi est disponible dans 15 pays, dont la Russie et l’Australie. Didi a chassé son rival américain Uber de Chine en 2016, au terme d’une guerre des prix impitoyable.

 
 
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