Une lettre ouverte pour demander l’autorisation de protester contre les violations des droits humains sur les podiums olympiques

OLYMPICS-2020-ARC_X-TEAM2-MEDAL

Plus de 200 experts, athlètes et organisations issus des cinq continents demandent dans une lettre ouverte de ne pas sanctionner de potentielles protestations contre les violations des droits humains de la part des athlètes lors des Jeux olympiques de Tokyo 2020 et de Beijin 2022. Que cela soit sur le podium de remise des médailles ou sur n’importe quel autre site olympique ou paralympique. « Nous pensons que la communauté sportive mondiale se situe dans un tournant en matière de justice sociale et raciale ». La lettre, publiée ce jeudi, est adressée aux principaux organes des comités olympiques et paralympiques internationaux : le COI et le CPI.

Les experts sont majoritairement associés à des universités américaines, mais figurent ailleurs dans la liste aussi des experts d’autres pays comme Dr. Arnaud Richard de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3 et Dr. Brian Dooley de l’University College London. On y retrouve également les athlètes John Carlos et Tommie Smith qui avaient chacun levé un poing ganté de noir sur le podium des JO de Mexico en 1968 pendant l’hymne national américain, comme acte de lutte politique contre la discrimination des Afro-Américains. Un geste qui a mené à leur exclusion à vie de toute participation future aux Jeux.

Ce qui est demandé

Outre la requête que les sanctions ne soient plus imposées lors des deux prochains Jeux, la lettre demande également de procéder à une révision du point 2 de la Règle 50 de la Charte olympique et de la Section 2.2 du Guide IPC paralympique afin d’« aligner la règle sur les cadres des droits de l’homme reconnus au niveau international ». Le point 2 de la Règle 50, qui déclarait ceci : « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n’est autorisée dans un lieu, site ou autre emplacement olympique », a été modifiée par le CIO début juillet. Mais beaucoup d’acteurs du monde sportif et des droits humains considèrent que ce changement n’est pas suffisant.

Il est aussi demandé de changer la Déclaration sur les droits et responsabilités de l’athlète (adoptée en 2018) pour qu’elle soit, elle aussi, en raccord avec les droits de l’homme reconnus au niveau international. Et enfin, rajouter un huitième principe fondamental de l’Olympisme, ciblé en particulier sur les droits humains, fait office de quatrième et dernière requête.

Des assouplissements depuis début juillet

Le 2 juillet, le CIO (le Comité International Olympique) a annoncé que les athlètes pourront désormais s’exprimer sur des sujets sociétaux et politiques quand ils s’adresseront aux médias, lors des réunions d’équipes, avant et après leurs épreuves et sur les réseaux sociaux.

L’expression des opinions sur ces sujets restera néanmoins toujours interdite sur les podiums, pendant les hymnes, pendant les épreuves, lors des cérémonies d’ouverture et de clôture et dans le village olympique. Mais, a voulu insister le CIO, « Tout comportement et/ou toute expression d’opinion qui constitue ou est le signe d’un acte de discrimination, de haine, d’hostilité ou de violence potentielle, pour quelque motif que ce soit, est contraire aux principes fondamentaux de l’Olympisme ».

La lettre ouverte salue ce geste, mais maintient la non-satisfaction de ces changements : « Bien que nous appréciions les progrès réalisés par le CIO/IPC dans la promotion de l’expression des athlètes, nous pensons que les changements apportés ne reflètent pas un engagement envers la liberté d’expression en tant que droit humain fondamental, ni envers la justice raciale et sociale dans le sport mondial ».

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous