Chômage temporaire, indemnités… quelles aides peuvent avoir les sinistrés à la suite des inondations?

Plusieurs mesures ont été mises en place pour aider les personnes sinistrées par les graves inondations qui touchent la Belgique depuis la mi-juillet.

Chômage temporaire

Les travailleurs sinistrés à la suite des inondations peuvent prétendre au chômage temporaire force majeure, a annoncé lundi le ministre fédéral du Travail Pierre-Yves Dermagne.

Ce chômage permettra à celle ou celui qui le perçoit de conserver 70 % de sa rémunération, en plus de 5,63 euros quotidiens. Chaque travailleuse ou travailleur sinistré pourra en faire la demande à son employeur.

Est concerné par le dispositif : la travailleuse ou le travailleur qui a subi des pertes ou des dégâts sévères et qui se trouve de facto dans l’impossibilité d’aller travailler parce qu’il doit donner la priorité à la recherche d’un nouveau logement, au nettoyage ou à la réparation de son habitation ou au règlement de son dossier de sinistre.

Il est également à noter que tous les sinistrés, bénéficiaires du chômage comme chef de famille ou isolés, ne seront pas pénalisés. Les citoyens concernés qui auront dû quitter leur domicile dans l’urgence pour trouver un autre toit conserveront leur statut.

Le bénéficiaire du chômage comme chef de famille ou isolé, qui habite provisoirement à une autre adresse, ne devra pas en faire mention à l’ONEM. Toujours selon Pierre-Yves Dermagne, il ou elle conservera ses droits en tant que personne sinistrée. Cette mesure n’aura pas plus d’impact pour la personne qui l’accueille chez elle.

Enfin, les chômeurs complets et les chômeurs temporaires sont dispensés de déclarer les activités bénévoles qu’ils effectuent dans le cadre du nettoyage des régions sinistrées ou de l’aide à la population touchée.

Pour les ménages

Les communes soutenues par le Crac (Centre régional d’aide aux communes) organiseront des prêts sans intérêt de 2.500 euros par foyer sinistré afin de prendre en charge les besoins de première nécessité, en attendant les interventions des compagnies d’assurances et du fonds des calamités. Une aide de 25 millions aux Sociétés de logement de service public (SLSP) et une autre de 50 millions afin d’assurer le relogement des ménages sinistrés, dont les locataires sociaux.

Pour les entreprises

Les indépendants et les petites entreprises peuvent bénéficier d’une avance jusqu’à 50.000 euros via la Sowalfin, selon un mécanisme de prêt à taux zéro à concurrence de 75 % du montant des interventions sollicitées à la société d’assurance et/ou au Fonds des calamités et liées au sinistre. Pour les entreprises de plus grande taille, la Sogepa est sollicitée via un mécanisme similaire permettant d’octroyer une avance à durée indéterminée afin de préfinancer à concurrence de 75 % du montant réclamé par l’entreprise à la compagnie d’assurances et/ou au Fonds wallon des calamités. Tous les renseignements peuvent être obtenus en composant le numéro de téléphone 1890, soit en surfant sur www.1890.be.

Prêts à taux zéro

Les différents bras financiers de la Wallonie, à savoir la Sowalfin, la SRIW, la Sogepa et Wallonie Santé, ont décidé d’unir leurs forces pour soutenir les indépendants, les PME, les grandes entreprises ainsi que les institutions de santé et d’action sociale affectés par les inondations historiques de la semaine dernière.

Ceux-ci ont en effet décidé de leur accorder des prêts à taux zéro afin de préfinancer l’indemnisation par la compagnie d’assurances et/ou par le Fonds des Calamités des entités impactées.

L’intervention couvrira maximum 75 % du montant réclamé par l’institution.

Selon les structures établies, la Sowalfin interviendra pour les demandes allant jusqu’à 50.000 euros tandis que la SRIW et la Sogepa pourront intervenir pour des requêtes supérieures à cette somme, selon un communiqué commun diffusé lundi.

Ces prêts seront à durée indéterminée, jusqu’à indemnisation de la compagnie d’assurances ou du Fonds des calamités.

Plus d’infos soit en composant le numéro de téléphone 1890, soit en surfant sur www.1890.be.

Reconnaissance de calamité

Gembloux, Couvin, Fosses-la-ville, Fernelmont, Jemeppe-sur-Sambre et Namur dressent, avec l’apport de leurs citoyens impactés, un inventaire des habitations et rues sinistrées afin d’introduire une demande de reconnaissance des intempéries des 15 et 16 juillet comme calamités naturelles publiques. Cette démarche des communes auprès de la Région pourrait par la suite ouvrir la possibilité pour les citoyens de solliciter une indemnisation auprès du Service Régional des Calamités.

Afin de compléter les informations déjà récoltées sur le terrain, la Ville de Gembloux invite ainsi les citoyens touchés par les dernières inondations à lui communiquer, si possible avant le mercredi 4 août, la localisation et la nature des dégâts. Ces informations peuvent être communiquées au service planification d’urgence par mail (inondations@gembloux.be) ou par courrier. Des photographies peuvent être jointes.

En province de Namur, la même démarche a été initiée par les communes de Fernelmont, Fosses-la-ville, Couvin, Jemeppe-sur-Sambre et Namur.

Le 13 août est la date limite pour la demande de reconnaissance de l’événement comme calamité publique, mais la plupart des communes souhaitent recevoir les données dès que possible.

Fin de la phase fédérale de gestion de crise

La ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) a décidé de mettre fin à la phase fédérale de gestion de crise à la suite des intempéries qui ont frappé le pays. En province de Namur, le gouverneur a dès lors décidé de réactiver à nouveau la phase provinciale afin de maintenir actives les structures de gestion de crise.

Les autorités régionales, les gouverneurs et les autorités locales prennent le relais pour la phase de déblayage et de reconstruction.

Toujours selon la ministre de l’Intérieur, là où cela s’avère nécessaire, l’autorité fédérale restera, pendant la durée requise, à disposition pour apporter son soutien. Les différentes autorités peuvent ainsi continuer à compter sur le soutien de la police fédérale, de la protection civile et des zones de secours.

Les gouverneurs peuvent également continuer à faire appel au hub logistique national. Ce hub – un accord de coopération entre la Protection civile, la Défense et les zones de secours, sous la direction du Centre de Crise national – tente d’offrir des réponses à des questions logistiques spécifiques.

Peu après cette annonce de la ministre de l’Intérieur, le gouverneur de la province de Namur Denis Mathen a décidé de réactiver à nouveau la phase provinciale de gestion de crise. Cela afin de maintenir actives les structures de gestion de crise et étant donné les événements météorologiques du 24 juillet dans l’après-midi, qui ont particulièrement touché la province, et les informations disponibles à ce stade pour les jours à venir.

Le gouverneur a néanmoins sollicité auprès du Centre national de crise que des moyens fédéraux restent disponibles et activables en cas de besoin, ce qui a été confirmé. La phase provinciale namuroise sera maintenue normalement au moins jusqu’à la fin de cette semaine et la situation sera évaluée à ce moment-là, conclut Denis Mathen.

 
 
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