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Rappel produit: glaces, épices, infusions... plusieurs aliments retirés de la vente quotidiennement

Depuis plusieurs mois, le secteur de la grande distribution a dû retirer de nombreux produits alimentaires de la vente et demander à ses clients de les rapporter en magasin à cause d’une (trop) forte présence d’oxyde d’éthylène.

Temps de lecture: 4 min

Divers produits alimentaires se voient retirer de la vente presque quotidiennement, en raison d’une forte teneur en oxyde d’éthylène. Ce désinfectant gazeux, utilisé pour éviter les risques de salmonelles et de moisissures, peut être nuisible pour la santé, si utilisé à forte dose.

Initialement retrouvés dans des graines de sésame, des résidus d’oxyde d’éthylène ont été détectés par la suite dans d’autres produits, comme les glaces, des épices ou encore des infusions. «Comme il s’agit d’herbes, d’épices, généralement utilisés en petites quantités, un grand éventail de produits finis sont finalement concernés», souligne Stéphanie Maquoi, porte-parole de l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire.

D’après sa fiche toxicologique de l’INRS, l’Institut français de recherche et de sécurité, l’oxyde d’éthylène est un composant toxique, extrêmement réactif, essentiellement utilisé dans l’industrie chimique pour la préparation de différents composés, mais aussi utile à la stérilisation du matériel médico-chirurgical et la désinfection dans les industries textiles et cosmétiques.

Depuis plusieurs mois, le secteur de la grande distribution a dû retirer de nombreux produits alimentaires de la vente et demander à ses clients de les rapporter en magasin à cause d’une (trop) forte présence d’oxyde d’éthylène. L’Afsca indique qu’en 2020, 105 rappels de produits concernant la problématique «graine de sésame» avaient été effectués en Belgique. Pour l’année 2021, elle dénombrait sur son site, à la date du 30 juillet 2021, 78 rappels de produits concernant la présence d’oxyde d’éthylène dans des graines de sésame, mais également dans des épices et un additif alimentaire, indique Stéphanie Maquoi.

La problématique n’est pas nouvelle puisque l’alerte concernant l’oxyde d’éthylène a été donnée initialement, dans notre pays, en septembre 2020. Un importateur belge a notifié à l’Afsca la forte présence d’oxyde d’éthylène dans un lot de graines de sésame en provenance d’Inde. La limite maximale de résidus étant fixée à 0,05 mg/kg au niveau européen.

L’Agence a prévenu ses homologues européens et les autorités ont pris des mesures. «Étant donné que les marchandises ne s’arrêtent pas toujours aux frontières d’un pays, les autorités nationales communiquent entre elles via le système d’alerte rapide RASFF (Rapid Alert System for Food and Feed) afin d’informer leurs homologues de la présence de produits non conformes sur leur marché», explique Stéphanie Maquoi. Les contrôles se sont alors multipliés et l’oxyde d’éthylène a fait son apparition ailleurs, comme dans la gomme de caroube, présente dans des glaces, mais aussi la gomme de guar qu’on retrouve notamment dans des laits infantiles.

L’oxyde d’éthylène est interdit depuis 2011 en Europe, mais pas dans des pays comme l’Inde, la Chine ou le Vietnam qui fournissent des matières premières agricoles aux industriels européens. Ce produit est utilisé pour éviter les risques de salmonelles et de moisissures dans les produits qui doivent être transportés.

Une fois l’alerte lancée, les actions au niveau belge et au niveau européen se sont multipliées pour que les produits mis sur le marché répondent aux normes européennes. L’Union européenne a exigé que les graines de sésame importées d’Inde depuis le 26 octobre 2020 soient accompagnées d’un certificat officiel garantissant la conformité. En outre, les contrôles dans d’autres États membres et aux frontières se sont intensifiés. En Belgique, l’Afsca a intégré la recherche d’oxyde d’éthylène dans son plan de contrôle 2021. La porte-parole de l’Agence, Stéphanie Maquoi, tient à préciser que globalement, le niveau de sécurité alimentaire reste élevé avec un taux de conformité de de 97, 7% sur le total des produits échantillonnés par l’Afsca.

L’Agence fédérale n’exclut pas que d’autres produits soient encore rappelés, étant donné que le travail de traçabilité pour chaque lot non conforme prend du temps à être effectué. L’Afsca publie régulièrement des rappels de ces produits sur son site internet et sur les réseaux sociaux.

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3 Commentaires

  • Posté par Hubert Wynands, lundi 2 août 2021, 22:30

    L’ASCA n’est efficace que contre les petits producteurs ( fromager sur le plateau de Hervé, boulangerie à Polleur et on en passe )qui en général font des produits sains. Tout les grands scandales , nous les devons à l’industrie agroalimentaire où la ils sont beaucoup moins prompts à réagir.

  • Posté par Desmet Marc, dimanche 1 août 2021, 20:00

    L'AFSCA ne sert finalement pas à grand chose... par sa passivité les produits NOCIFS sont dans les rayons, aux cons-somateurs de se taper tous les problèmes et les médicaments.

  • Posté par Otte Gérard, vendredi 30 juillet 2021, 21:27

    Sinon, en cas de salmonelles: rapportez le produit en magasin. Il sera remboursé et on vous offrira deux tablettes d'immodium instant et deux rouleaux de papier hygiénique. Si vous avez succombé, on vous offrira une épitaphe "Cî gît un AFSCAsceptique, victime d'une lacune d'asepsie"

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