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«La guerre a changé»: des documents américains sonnent l’alarme face au variant Delta

Révélés par le Washington Post, ces documents, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP, s’accompagnent d’une mise en garde à l’égard des responsables : « la guerre a changé ».

Temps de lecture: 2 min

Le variant Delta du Covid-19 est aussi contagieux que la varicelle, a probablement des effets plus graves que ses prédécesseurs et les personnes contaminées semblent autant le transmettre qu’elles soient vaccinées ou non, selon des documents officiels américains.

Ces constats, qui s’appuient sur des études scientifiques, figurent sur une présentation circulant en interne au sein des Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), principale agence sanitaire des Etats-Unis.

Révélés par le Washington Post, ces documents, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP, s’accompagnent d’une mise en garde à l’égard des responsables : « la guerre a changé ».

La directrice des CDC, Rochelle Walenksy, s’est appuyée sur les données de la présentation pour recommander à nouveau, depuis deux jours, le port du masque en intérieur pour les personnes vaccinées dans les zones à haut risque.

Moins de cas graves

La présentation s’appuie notamment sur une analyse menée à Provincetown, dans l’Etat du Massachusetts, où près de 900 cas de Covid ont été dépistés après les festivités de la fête nationale du 4 juillet, bien que les trois quarts des participants à l’évènement aient été vaccinés.

Or, il n’y avait « pas de différence » dans la charge virale des personnes vaccinées ou non vaccinées, selon la présentation des CDC, ce qui semble indiquer un même degré de contagiosité quel que soit le statut vaccinal.

En revanche, il y a eu peu d’hospitalisations (sept à cette date) et aucune mort liée à ce foyer, d’après le site d’informations local Masslive.com.

Ce constat « est le facteur principal du changement des recommandations du CDC » sur le masque, explique à l’AFP Celine Gounder, spécialiste des maladies infectieuses à l’université de New York : « Ce n’est pas pour protéger les personnes vaccinées qui, si elles sont infectées, auront des symptômes légers, voire aucun, mais on constate qu’elles peuvent contaminer d’autres personnes. »

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49 Commentaires

  • Posté par Esser Olivier, dimanche 1 août 2021, 17:02

    Cette conclusion du CDC qu'on a moins de risque d'être infecté mais que si on est infecté, on a autant de charge virale est étrange. On pourrait avoir une charge virale nulle (pas d'infection) ou complète mais rien entre les deux ?! Il me faudrait une explication. Peut-être qu'on a en fait autant de chances d'être contaminé mais comme les symptômes ne sont pas graves, on ne se fait pas tester et cela donne l'illusion qu'il y a moins de cas positifs. Cela permettrait totalement en cause le fait de se faire vacciner pour protéger les autres et la vaccination des enfants et adolescents (pas à risques de toute façon).

  • Posté par Ask Just, dimanche 1 août 2021, 18:44

    Je pense qu’ils n’ont testé que des cas symptomatiques effectivement. Si on se réfère à une récente étude israélienne, il semble que les vaccins ARN ne protègent pas très bien de la contagion par le delta. Attention que cela reste à confirmer dans d’autres pays, mais si cela est le cas, effectivement, il n’y aurait plus aucune raison de vacciner systématiquement enfants et adolescents. De toute façon, déjà à l’heure actuelle, cela n’a guère de sens ou d’éthique, même s’il semble fort politiquement incorrect d’oser le dire en Belgique (mais pas en Angleterre)

  • Posté par Raspe Eric, dimanche 1 août 2021, 15:27

    Je voudrais attirer l'attention de l'équipe de rédaction du Soir sur le danger de ce type d'article compte tenu de l'utilisation qu'en font les différents types d'antivax. A voir les commentaires qui suivent, leurs réactions ne se sont pas fait attendre, comme on pouvait malheureusement s'y attendre. Ce type d'article doit être complet et correct. Malheureusement, la source primaire d'information du Washington Post n'est pas accessible en ligne pour les non-abonnés. Néanmoins, la source secondaire du New York Times l'est (https://www.nytimes.com/2021/07/30/health/covid-cdc-delta-masks.html). J'invite donc les lecteurs de bonne volonté du Soir à la consulter. En effet une erreur flagrante jette le trouble sur l'article du Soir. Il y est dit " les personnes contaminées semblent autant le transmettre qu’elles soient vaccinées ou non". Il faudrait le corriger en "DES personnes contaminées semblent autant le transmettre qu’elles soient vaccinées ou non". En effet, la note interne du CDC est basée sur l'observation que des personnes infectées lors des festivités de la fête nationale américaine présentent des quantités de virus similaires dans les frotis naso-pharyngés qu'elles soient vaccinées ou non. La proportion de ces cas n'est cependant pas connues et est en tout cas plus faible chez les vaccinés que chez les non vaccinés. L'article du NY indique en effet "Infections in vaccinated Americans are rare, compared with those in unvaccinated people, the document said. But when they occur, vaccinated people may spread the virus just as easily". " "vaccinated people with so-called breakthrough infections of the Delta variant carry just as much virus in the nose and throat as unvaccinated people". Les charges virales comparables le sont donc chez des personnes vaccinées fortement symptomatiques. Quelque part, c'est ce qui est attendu. Si une personne est fortement malade, c'est normal qu'elle produise beaucoup de virus qu'elle soit vaccinée ou non. Pour prendre une analogie avec l'actualité récente en Belgique, si l'eau réussit à trouver une brèche dans les protections d'un cours d'eau aménagé et à l'agrandir, les inondations feront autant de dégâts que si le cours d'eau n'est pas aménagé. Ce qui est important pour la gestion des dégâts, c'est le nombre de brèches que l'eau aura pu exploiter sur tout le parcours du cours d'eau. L'article du Soir précise bien que l'information est basée sur une présentation interne du CDC qui est arrivée sur le bureau du Washington Post par un vent favorable. Le Soir aurait dû préciser qu'elle n'a pas fait l'objet d'une publication officielle qui demande un consensus au sein des experts et que les données soient complètes. Ce qui manque cruellement à l'heure actuelle, c'est la proportion de ces infections phénoménales ("so-called breakthrough infections"). Ce que le Soir omet également d'inclure dans son article, c'est que la production de virus par le variant delta est plus importante chez une personne infectée par celui-ci que par les autres variants. "Infection with the Delta variant produces virus amounts in the airways that are tenfold higher than what is seen in people infected with the Alpha variant". Le variant delta porte aussi la mutation L452R qui augmente la capacité du virus de se coller à la serrure qui permet son entrée dans nos cellules (https://en.wikipedia.org/wiki/Variants_of_SARS-CoV-2#L452R). Selon la loi d'action des masses, à quantité de serrures identique, il faudra donc moins de virus pour infecter une personne. On se trouve donc face à un variant qui produit plus de particules virales et qui en a besoin de moins pour infecter une personne : un monstre crapuleux particulièrement agressif. Si la réponse au vaccin est un peu trop faible parce que le système immunitaire du patient est affaibli, le virus pourra malgré tout l'infecter et être contagieux. Le statut clinique du système immunitaire des patients vaccinés avec une charge virale élevée n'est pas connu. C'est pourtant un biais important à prendre en compte pour l'interprétation des résultats. Quoiqu'il arrive, le vaccin sera donc moins efficace contre le variant delta, ce qui est effectivement observé. L'efficacité passe de 95 à 75% selon les observations de Public Health England. Ce qui veut dire que trois personnes sur quatre restent parfaitement protégées. Donc, aucune raison de jeter le bébé avec l'eau du bain comme nous y invitent les anti-vax pernicieux. Faire prendre une exception pour une règle générale est une manipulation habituelle de ces crapules. Par contre compléter la protection plus faible apportée par la vaccination par le respect des gestes barrière nous rendra une efficacité de lutte contre le variant delta comparable à celle de la vaccination face à la souche virale initiale. La recommandation de la CDC est donc logique. Nous devrions nous en inspirer et étendre au maximum notre protection vaccinale y compris et surtout chez les plus jeunes.

  • Posté par massacry olivier, lundi 2 août 2021, 10:37

    CQFD.

  • Posté par Raspe Eric, lundi 2 août 2021, 9:16

    Faire appel à l'immunité collective naturelle est en effet très dangereux pour trois raisons. Primo, la maladie naturelle tue et laisse des séquelles à long terme dans une proportion plus élevée que les vaccins. Malgré que cette proportion soit moins élevée chez les sujets jeunes, elle est néanmoins significative. Avec une telle mortalité et morbidité pas sûr qu'un vaccin serait approuvé. Secundo, laisser le virus se propager chez les jeunes, surtout depuis l'arrivée de variants qui collent mieux à la serrure qui leur permet d'entrer dans nos cellules, amplifiera le stock de virus en circulation. Statistiquement, plus de jeunes contaminés entreront en contact avec des personnes âgées plus susceptibles de subir une forme grave ou mortelle de la maladie. Malheureusement, même vaccinées, ces personnes pourront être contaminées et décéder parce que l'efficacité des vaccins est plus faible pour les variants, en particuliers le variant delta. Si on augmente le nombre de jeunes propagateurs, malgré la protection vaccinale, on atteindra des nombres absolus de décès et d'hospitalisation de personnes âgées à risque significatifs. Ces décès seront éthiquement inacceptables parce qu'évitables. Tertio, si on laisse le champ libre au virus pour proliférer chez des sujets jeunes, il y fera des erreurs de copies, mutera et créera des variants dont les plus aptes à se multiplier seront sélectionnés par la sélection naturelle. Comme les jeunes présentent moins de serrures que les personnes âgées, les mutants qui collent mieux à celles-ci seront favorisés. Si en plus la machinerie virale utilisera notre machinerie cellulaire plus efficacement pour produire plus de virus, des monstres seront créés à l'occasion de cette politique laxiste. Le variant delta est un de ces monstres. La majorité de ces monstres sont apparus dans des population jeunes exotiques (Inde, Brésil, Afrique du Sud). Le premier est apparu dans le système scolaire anglais. Ce n'est qu'une question de chance qu'une saloperie pire que le variant indien n'apparaisse chez nous. On voit les dégâts causés par le variant delta. Je n'ose imaginer ce qui pourrait arriver si la force avec laquelle le virus colle aux serrures double à nouveau et si la production de virus serait multipliée par trois ou quatre. Il faudrait moins de virus pour infecter quelqu'un et une personne contaminée en disperserait plus. Une bombe épidémiologique qui mettrait nos défenses sérieusement en danger à tel point que l'on serait retournés un an en arrière. Est-ce vraiment ce que l'on désire? Donc abandonnons cette idée dangereuse d'un immunité collective chez les plus jeunes et vaccinons à tours de bras! Pour compléter la contribution de monsieur Massacry, voici un article qui relativise sérieusement le risque de myocardites chez les jeunes (https://sciencebasedmedicine.org/covid-19-and-balancing-the-risks-the-vaccine-or-the-virus/). Il faut aussi arrêter de raisonner sur base des caractéristiques de la maladie initiale. Celle-ci a définitivement disparu. Plus de 90% des cas sont des cas dus au variant delta. Cette maladie est bien plus agressive. Elle s'attaque plus facilement aux plus jeunes et y produit des symptômes d'une gravité plus importante. Ne la sous-estimons pas!

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