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JO 2020: l’athlète bélarusse, restée à Tokyo, reçoit des offres d’asile en Europe

Krystsina Tsimanouskaya avait demandé ce dimanche l’aide du CIO après s’être sentie menacée de rentrer de force en Biélorussie.

Temps de lecture: 3 min

L’athlète bélarusse Krystsina Tsimanouskaya, qui a déclaré dimanche se sentir menacée de rentrer de force dans son pays, a reçu plusieurs offres d’asile et aurait effectué une demande auprès de la Pologne, a affirmé lundi une organisation bélarusse pro-démocratie.

Les autorités polonaises ont proposé à la sprinteuse de 24 ans un visa humanitaire pour qu’elle puisse poursuivre sa carrière dans leur pays, et le Premier ministre de Slovénie Janez Jansa a aussi invité l’athlète bélarusse.

« Les autorités japonaises viennent de nous confirmer que l’athlète Krystsina Tsimanouskaya avait reçu notre offre d’asile » a également déclaré le ministre tchèque des Affaires étrangères Jakub Kulhanek sur Twitter.

« Les Jeux Olympiques ne sont pas une affaire de politique, les méthodes du régime (d’Alexandre) Loukachenko sont absolument honteuses », a-t-il ajouté en faisant référence au président du Bélarus, dont la réélection en 2020 pour un sixième mandat avait déclenché un mouvement massif de contestation populaire dans le pays, réprimé depuis par le pouvoir.

Selon Alexandre Opeikin de la Fondation bélarusse pour la solidarité sportive (BSSF), une organisation soutenant les sportifs bélarusses dans le collimateur de Minsk, Krystsina Tsimanouskaya « a rempli des documents pour obtenir l’asile politique en Pologne ».

L’opposante bélarusse Svetlana Tikhanovskaya, réfugiée depuis près d’un an en Lituanie, a accusé les responsables olympiques de son pays de vouloir « kidnapper » l’athlète.

« Pas un seul Bélarusse qui a quitté les frontières du pays n’est en sécurité, car ils pourraient essayer de les kidnapper », a-t-elle écrit dans un message publié dans la nuit de dimanche à lundi sur le réseau social Telegram, appelant à des sanctions internationales plus fortes contre Minsk.

Lundi, le Comité international olympique (CIO) avait confirmé que la sprinteuse était « en sécurité » au Japon.

Krystsina Tsimanouskaya avait affirmé dimanche avoir été forcée à mettre un terme à sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo par le sélectionneur de son équipe, avant d’être accompagnée à l’aéroport par des responsables du comité olympique national bélarusse pour rentrer dans son pays.

Quelques jours auparavant, elle avait violemment critiqué la Fédération bélarusse d’athlétisme, en affirmant avoir été forcée à participer au relais 4x400 mètres, alors qu’elle était censée initialement courir le 100 mètres et le 200 mètres, car deux autres athlètes n’avaient pas réalisé un nombre suffisant de contrôles antidopage, selon elle.

Krystsina Tsimanouskaya a aussi confié au média en ligne by.tribuna.com avoir « peur » de se retrouver en prison si elle rentrait au Bélarus. Elle avait demandé dimanche l’aide du CIO.

Cet incident intervient alors que le régime du président Loukachenko, dont le fils Viktor dirige le comité national olympique, poursuit sans relâche la répression contre les militants pro-démocratie.

En mai, les autorités bélarusses avaient arrêté un journaliste d’opposition en exil, Roman Protassevitch, en détournant l’avion de ligne à bord duquel il se trouvait, suscitant un tollé international.

La télévision d’Etat bélarusse a critiqué l’athlète, affirmant qu’elle avait « transformé son passage à Tokyo en un scandale grandiose ».

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