La culture du bambou, un pari innovant et durable

7 hectares de terrain. 20% des terres familiales. Voilà la surface dévolue par Matthieu Degallaix à sa future forêt de bambous. Une originalité, puisqu’il n’est que le second à miser sur ces plantes en Belgique… Un matériau naturel qui allie esthétique, durabilité et rentabilité !

Innover ou ne rien faire ! C’est la condition sine qua non de Matthieu Degallaix, au moment de reprendre la ferme familiale… « Mes parents étaient en fin de carrière, alors je voulais prendre leur succession, mais avec de la nouveauté. Une culture plus écologique et aussi plus rentable », explique cet ancien chauffagiste.

Le bambou en plein boom

Quand on lui demande pourquoi, il rétorque « pourquoi pas ? ». C’est que le bambou — une plante de la famille des graminées présente naturellement sur tous les continents sauf en Europe — connaît un certain succès… « Les débouchés sont énormes ! Les pousses intéressent l’industrie alimentaire, cosmétique ainsi que le secteur médical. Comme la fibre est composée de cellulose à 70%, le bambou est aussi utile pour fabriquer des vêtements, du papier et des bioplastiques. Ou encore dans le secteur automobile et celui de la construction, à la fois pour l’isolation des bâtiments, les éléments structurels et l’ameublement. » Si la demande explose, elle fait essentiellement écho en Asie : les importations européennes se chiffrent à 700 millions de dollars par an.

Culture locale et durable

La France se met à cultiver le bambou, mais l’Italie reste pionnière. Sans surprise, c’est dans la Grande Botte que Matthieu a trouvé son partenaire. « Un acteur majeur, présent en début de chaîne — pour les plants en pépinière — et en fin de circuit, car il récupère ma récolte pour la distribuer », précise-t-il. Si la culture du bambou est une nouveauté dans nos contrées, elle a également séduit Matthieu pour sa dimension durable. « Cela permet de remplacer nos cultures intensives par une agriculture plus “verte”. Le bambou absorbe, par exemple, davantage de CO2 et rejette plus d’oxygène. Il pousse aussi plus vite et répond donc rapidement à la demande, avec des exigences limitées en eau et en espace. Cerise sur le gâteau : cette culture ne connaît pas de maladie et ne nécessite aucun traitement phytosanitaire ! »

Du soutien pour un projet « risqué »

Sa première plantation date du printemps dernier, mais Matthieu se projette dans cinq ans, lorsque ses 6 000 bambous seront à maturité et que la parcelle sera (enfin) rentable. « Le financement est la principale difficulté », indique le jeune agriculteur, qui a pu compter sur l’aide de BNP Paribas Fortis. « La première fois que j’ai expliqué ce projet à mon banquier ? Nous avons rigolé au téléphone ! Même s’il a fallu convaincre, il m’a écouté et la banque a accepté de me suivre dans l’aventure, avec un financement adapté aux besoins de ce projet atypique. »

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