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Afghanistan: Biden «ne regrette rien», la communauté internationale s’apprête à réagir

En à peine dix jours, les talibans, qui avaient lancé leur offensive en mai à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, ont pris le contrôle de la quasi-totalité du pays dont la capitale afghane, Kaboul.

Temps de lecture: 4 min

Le président Joe Biden a résolument défendu lundi la décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, malgré les scènes de détresse à l’aéroport de Kaboul, où des milliers de personnes tentaient de fuir le pays désormais contrôlé par les talibans.

« Je suis profondément attristé par la situation, mais je ne regrette pas » la décision de retirer les forces américaines d’Afghanistan, où elles étaient entrées 20 ans plus tôt pour chasser les talibans du pouvoir, a déclaré M. Biden dans une allocution très attendue et adressée à la nation.

Cible de vives critiques, aux États-Unis comme à l’étranger, le maître de la Maison-Blanche a répété que la mission de Washington n’avait jamais été de bâtir une nation démocratique dans un pays instable, mais « d’empêcher une attaque terroriste sur le sol américain ». « Les forces américaines ne peuvent pas, et ne devraient pas, mener une guerre et mourir d’une guerre que les forces afghanes n’ont pas la volonté de combattre pour eux-mêmes », a continué M. Biden

En à peine dix jours, les talibans, qui avaient lancé leur offensive en mai à la faveur du début du retrait final des troupes américaines et étrangères, ont pris le contrôle de la quasi-totalité du pays. Les talibans sont entrés dimanche dans Kaboul sans faire couler le sang. Mais leur fulgurant triomphe a déclenché des scènes de panique monstres à l’aéroport de Kaboul. Une marée humaine s’est précipitée lundi vers ce qui est la seule porte de sortie de l’Afghanistan.

« Amnistie générale »

Les talibans ont annoncé mardi une amnistie générale pour tous les fonctionnaires d’État, les appelant à retourner au travail, deux jours après avoir pris le pouvoir en Afghanistan, grâce à une offensive éclair. « Une amnistie générale a été déclarée pour tous (…), donc vous devriez reprendre vos habitudes de vie en pleine confiance », ont indiqué les talibans dans un communiqué.

Une annonce qui survient au lendemain des scènes de paniques à l’aéroport de Kaboul. En effet, depuis quelques jours, les diplomates, étrangers et civils afghans ayant travaillé contre les talibans tentent de fuir le pays. Parallèlement, des milliers d’Afghans, n’ayant jamais travaillé pour les étrangers et n’ayant aucune chance d’obtenir un visa à ce titre se sont rués vers l’aéroport dans un climat de chaos total.

Les insurgés avaient infligé des punitions féroces aux opposants lorsqu’ils tenaient le pays de 1996 à 2001.

De Madrid à La Haye, en passant par Paris, Bucarest, Londres… : partout, les chancelleries s’activent pour dépêcher des moyens aériens pour rapatrier leurs ressortissants. La Belgique a décidé d’envoyer un appareil militaire afin de tenter de rapatrier une centaine de personnes, ressortissante belges et titulaires de visas humanitaires.

Pour sa part, la Russie ne prévoit pas jusqu’à présent d’évacuer son ambassade. La Russie fait partie des pays ayant reçu des garanties de la part des talibans quant à la sécurité de leurs ambassades, a expliqué Zamir Kaboulov, l’émissaire du Kremlin pour l’Afghanistan. Quant à La Chine, qui a rapatrié début juillet 210 de ses ressortissants d’Afghanistan, elle a appelé les nouvelles autorités à assurer la sécurité de ceux restés sur place.

L’ambassade de Chine à Kaboul « continue de fonctionner normalement », a précisé lundi une porte-parole de la diplomatie chinoise, Hua Chunying.

Réunion d’urgence de l’Otan

Les ambassadeurs des trente pays de l’Otan tiendront mardi une réunion d’urgence pour discuter de la situation en Afghanistan, où les pays occidentaux tentent d’accélérer leurs opérations d’évacuation, a indiqué lundi un responsable de l’Alliance. Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg donnera ensuite une conférence de presse, à 15 heures, sa première apparition devant les médias depuis juin.

M. Stoltenberg avait déclaré dimanche que l’Otan contribuait à sécuriser l’aéroport de Kaboul « pour faciliter et coordonner l’évacuation » des ressortissants occidentaux face à l’avancée des talibans. Mais l’aéroport de la capitale afghane était lundi le théâtre de scènes de chaos total, avec un tarmac envahi par des milliers d’Afghans cherchant désespérément à prendre un vol pour fuir le pays.

Le dirigeant du parti conservateur allemand Union démocrate-chrétienne allemande (CDU) de la chancelière Angela Merkel et candidat à sa succession, Armin Laschet, a qualifié lundi le retrait des troupes occidentales de « plus grosse débâcle (…) de l’Otan depuis sa création » en 1949.

Les ministres européens des Affaires étrangères tiendront pour leur part mardi une réunion par visioconférence pour discuter de la situation en Afghanistan.

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20 Commentaires

  • Posté par dams jean-marie, mardi 17 août 2021, 14:15

    Il est plus que temps que tous les pays au monde s'occupent de leur destinée propre ! Il est également impératif de changer les destinations automatiques de gens qui veulent quitter leur pays pour profiter des largesses des pays hôtes sans s'intégrer et imposer l'Islam dans les pays non musulmans ! Que l'Afghanistan dont c'est l'actualité du moment est la preuve que malgré la présence et les aides extérieures sera toujours le fief du terrorisme mondial sinon comment expliquer l'invasion fracassante du pays sans la complicité des habitants !! Il est temps de réfléchir car l'occident et l'Islam ne sont pas compatibles !

  • Posté par Germay Bernard, mardi 17 août 2021, 13:17

    Les USA auraient pu rester 20 ans de plus, ça n'aurait probablement rien changé, ce pays n'est pas gérable à la mode occidentale. Biden paie l'invasion décidée par Bush, et les non décisions des présidents ultérieurs.

  • Posté par Van Wemmel Thierry, mardi 17 août 2021, 15:39

    Disons que l'invasion de l'Afghanistan n'était pas une mauvaise chose. Par contre, casser la dynamique positive en Afghanitan en envahissant l'irak a été la pire erreur stratégique des 50 dernières années. Cette déstabilisation a engendré l'EI et permis aux Iraniens de faire des progrès (irréversibles ?) vers la bombe A.

  • Posté par Spistphapen Emile, mardi 17 août 2021, 12:17

    Non, rien de rien Non, je ne regrette rien Ni le bien qu'on m'a fait Ni le mal Tout ça m'est bien égal Non, rien de rien Non, je ne regrette rien C'est payé, balayé, oublié Je me fous du passé Avec mes souvenirs J'ai allumé le feu Mes chagrins, mes plaisirs Je n'ai plus besoin d'eux Balayé les amours Avec leurs trémolos Balayé pour toujours Je repars à zéro Non, rien de rien Non, je ne regrette rien Ni le bien qu'on m'a fait Ni le mal Tout ça m'est bien égal Non, rien de rien Non, je ne regrette rien Car ma vie Car mes joies Aujourd'hui Ça commence avec toi

  • Posté par Dubois Raymond, mardi 17 août 2021, 15:22

    " Je ne regrette rien " Monsieur Biden a raison de ne pas culpabiliser pour toutes les erreurs du passé -

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