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«Honte pour la France», «cynisme»…: Macron suscite la polémique après son allocution sur l’Afghanistan

Les propos d’Emmanuel Macron sur les « flux migratoires irréguliers » en provenance d’Afghanistan ont suscité mardi un tollé à gauche, tandis que droite et RN appelaient à la fermeté sur ce thème sensible à l’approche de la présidentielle.

Temps de lecture: 4 min

Les propos d’Emmanuel Macron sur les « flux migratoires irréguliers » en provenance d’Afghanistan ont suscité mardi un tollé à gauche, tandis que droite et RN appelaient à la fermeté sur ce thème sensible à l’approche de la présidentielle.

« Nous n’avons pas du tout à rougir car nous sommes l’un des pays qui accueillent le plus d’Afghans et qui leur donnent le plus de protection », a répliqué l’Elysée.

Au coeur de la polémique, l’allocution télévisée de lundi où le chef de l’Etat a d’un côté assuré que « la France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés ». Mais « nous devons anticiper et nous protéger contre les flux migratoires irréguliers importants qui mettraient en danger ceux qui les empruntent et nourriraient les trafics de toute nature », a-t-il ajouté.

La phrase a fait bondir à gauche, celle-ci l’accusant d’entretenir une « confusion entre asile et immigration irrégulière », selon les termes du député écologiste (ex-LREM) Matthieu Orphelin.

Sidération à gauche

Alors que les télévisions avaient largement diffusé des images de chaos à l’aéroport de Kaboul, le candidat à la primaire écologiste Yannick Jadot s’est dit « sidéré » d’entendre « que les femmes, les hommes et les enfants qui fuient l’enfer des talibans sont d’abord une menace ».

« Macron fait honte à la France », a estimé le maire EELV de Grenoble Eric Piolle.

Même indignation chez les députés LFI, où Adrien Quatennens a accusé le chef de l’Etat de « rabougrir la France » tandis que Clémentine Autain et Eric Coquerel dénonçaient une réponse « sordide ».

La sénatrice socialiste Laurence Rossignol a elle parlé de « cynisme » et de « honte », quand son collègue Rémi Feraud a évoqué une intervention « digne d’un mauvais président de droite ».

Du côté des associations, le président de SOS Racisme Dominique Sopo a martelé que « les personnes qui fuient la guerre, l’oppression et la mort ne sont pas « des flux migratoires irréguliers ». Pour la Ligue des droits de l’Homme (LDH), « l’insuffisance des moyens que le gouvernement français entend déployer est insupportable, tout comme l’annonce de la fermeture des frontières européennes aux exilés afghans et la sous-traitance de l’asile aux pays limitrophes ».

Réponse à la droite française

Devant le début de polémique, et alors que ses propos avaient été raillés par le lanceur d’alerte Edward Snowden d’un tweet lapidaire : « Emmanuel Le Pen ! », le chef de l’Etat a regretté dès lundi, peu avant minuit, « que certains veu(il)lent détourner « ses propos. » La France fait et continuera de faire son devoir pour protéger celles et ceux qui sont les plus menacés », a-t-il ajouté.

Des cadres de la majorité ont dénoncé des « tristes polémiques » et des « raccourcis malhonnêtes ».

« La France est très attentive à la situation des Afghans », a embrayé mardi après-midi l’Elysée, mais « cela n’empêche pas – ce qui serait faire preuve de naïveté et de manque de responsabilité – d’être très ferme face aux trafics et aux réseaux qui profitent de la misère et de la peur ».

Depuis 2018, la France reçoit quelque 10.000 demandes d’asile d’Afghans pour un total d’environ 50.000 pour l’ensemble des pays de l’Union européenne. L’Ofpra (l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides), qui a traité 8.200 dossiers depuis le début de l’année, accorde la demande de protection dans 64 % des cas, un chiffre qui atteint 89,9 % après examen des recours, contre une moyenne de 63 % sur l’ensemble de l’UE, selon les chiffres donnés par la présidence française.

Pour le chef de l’Etat, il s’agissait aussi de répondre à la droite qui, à l’image de l’ex-LR Xavier Bertrand, candidat à la présidentielle, avait averti que « la crise afghane se poursuivra(it) sous la forme d’une nouvelle vague migratoire en Europe ».

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14 Commentaires

  • Posté par Dupont Vincienne, mercredi 18 août 2021, 21:56

    Il a raison.

  • Posté par Fontesse Philippe, mercredi 18 août 2021, 20:32

    Il a bien raison, d'accord d'accueillir ceux qui nous ont aidé sur place et leur famille. Pour les autres, certains pays notamment la Turquie va les faire passer via leurs filières illégales tant pis s'ils périssent en mer ou autrement. Maintenant, il ne faut pas oublier le risque de voir arriver des terroristes chez nous qui vont profiter de la confusion. Pourquoi n'ont-ils pas défendu leur pays, n'ont-ils pas aider plus afin de combattre ces islamistes ? Ce n'était pas à nous de gérer leur pays et d'y perdre des proches.

  • Posté par Frippiat Yves-Marie, mercredi 18 août 2021, 8:27

    Curieux de savoir ce qu'il faudrait dire, sur un tel sujet, et dans ces circonstances, pour ne pas susciter la polémique. Particulièrement en France.

  • Posté par Coets Jean-jacques, mardi 17 août 2021, 21:19

    Déclaration pleine de bon sens... où se trouve la polémique ?! Macron fait clairement la différence entre les réfugiés et les vagues migratoires irrégulières, et stigmatisent ceux qui en font leur business...! Mais les Français aiment râler et railler pour un oui ou pour un non ! Comme les antivax qui trouvent normal de venir chez nous et traversant les frontières (aussi !) sans aucune protection !

  • Posté par Mauer Marc, mardi 17 août 2021, 21:18

    Il est évident qu’après la première vague d’immigration constituée de personnes en réel danger, s’ensuivra une vague d’immigration économique : les talibans vont mettre le pays à genoux en moins de temps qu’il faut pour le dire. Donc, oui, Emmanuel Macron a raison d’envisager la situation !

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