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Afghanistan: 170 morts et au moins 200 blessés, le bilan s’alourdit

Parmi les personnes décédées, treize soldats américains, au milieu de la foule des candidats au départ.

Temps de lecture: 4 min

Les évacuations d’étrangers et d’Afghans fuyant le nouveau régime taliban ont repris vendredi à l’aéroport de Kaboul, au lendemain de l’attentat du groupe djihadiste Daesh qui a tué au moins 170 personnes et fait 200 blessés, selon le bilan le plus récent. Parmi les personnes décédées, treize soldats américains, au milieu de la foule des candidats au départ.

Nombre de sources craignent que le bilan ne s’alourdisse encore, alors que les hôpitaux locaux étaient assaillis vendredi de personnes cherchant leurs proches disparus depuis la veille à l’aéroport. L’explosion a également tué au moins treize soldats américains et en a blessé dix-huit autres, selon le Pentagone, ce qui en fait l’attaque la plus meurtrière contre l’armée américaine en Afghanistan depuis 2011.

Vendredi, la situation semblait calme à Kaboul, notamment autour de l’aéroport où les vols affrétés par les Occidentaux ont repris sur le tarmac de l’aéroport, dernière enclave occupée par les forces occidentales en Afghanistan. L’Otan et l’Union européenne avaient appelé après l’attentat à poursuivre les évacuations malgré tout.

La France, via le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, a indiqué qu’elle pourrait les poursuivre « au-delà » de vendredi soir, tout en se voulant prudent au vu du contexte sécuritaire incertain.

Des menances précises et crédibles

La mission d’évacuation de milliers de personnes depuis l’aéroport de Kaboul fait toujours face à des « menaces précises et crédibles » a assuré vendredi le Pentagone, au lendemain d’un attentat-suicide particulièrement meurtrier.

« Nous estimons qu’il y a toujours des menaces crédibles… des menaces précises et crédibles », a affirmé le porte-parole de l’armée américaine, John Kirby.

L’Espagne et la Suède ont annoncé vendredi avoir terminé leurs vols d’évacuation, comme notamment l’Allemagne, les Pays-Bas, le Canada et l’Australie avant elles. Celles des Britanniques s’achèveront « dans quelques heures », a précisé Londres vendredi matin.

Le gigantesque pont aérien mis en place par les Occidentaux après la soudaine prise du pouvoir par les talibans à la mi-août a jusqu’ici permis l’évacuation de plus de 100.000 étrangers et Afghans.

Pas de reconnaissance du régime taliban

La Maison Blanche a rejeté vendredi toute possibilité d’une reconnaissance dans l’immédiat du régime des talibans par les Etats-Unis ou leurs alliés.

«Je veux être très claire: il n’y a aucun empressement à une quelconque reconnaissance par les Etats-Unis ou les partenaires internationaux avec qui nous avons discuté», a affirmé la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki lors d’une conférence de presse.

Les Etats-Unis échangent régulièrement avec les talibans au moment où le pays tente une opération risquée d’évacuation de plusieurs dizaines de milliers de personnes d’Afghanistan, et qu’il met fin à un conflit long de 20 ans.

9 vols vers la Belgique

Au total, neuf vols en provenance d’Islamabad transportant des personnes évacuées d’Afghanistan ont atterri à l’aéroport militaire de Melsbroek, ont fait savoir vendredi les ministres des Affaires étrangères et de la Défense, Sophie Wilmès et Ludivine Dedonder, et le secrétaire d’Etat à l’Asile, Sammy Mahdi.

Le dernier avion s’est posé vendredi. Ce sont ainsi 1.216 personnes évacuées d’Afghanistan qui sont arrivées en Belgique. Parmi elle, 187 personnes étaient destinées à d’autres pays de l’UE. Les personnes à destination de la Belgique ont été amenées à la caserne major Housiau de Peutie (vilvorde), où leur identité et leurs documents ont été contrôlés et où elles ont été soumises à un test COVID.

On recense également 106 personnes à destination de la Belgique qui sont passées par d’autres pays de l’UE. Au total, 1.135 personnes destinées à la Belgique y sont arrivées jusqu’à présent. Un nombre supplémentaire est attendu dans les prochains jours via d’autres pays de l’Union européenne, ont précisé les trois membres du gouvernement fédéral.

Parmi les passagers se trouvaient 503 Belges avec des membres de leur famille. Il y a eu 496 enfants évacués, soit 45% du total.

En plus des Belges et des membres de leurs familles, d’autres personnes ont également été évacuées parce qu’elles étaient en «danger aigu» face à la menace des talibans en raison de leurs activités passées ou de leur profil. Parmi celles-ci, 111 ont travaillé pour l’armée belge et les Affaires étrangères, et 185 au profit d’organisations de défense des droits des femmes et des droits de l’homme.

Par ailleurs, 297 personnes appartiennent à la catégorie des personnes ayant une carte de séjour belge et leur famille.

Le rapport hommes-femmes est de 51% contre 49%.

Après être arrivées et avoir été contrôlées à Peutie, la plupart des personnes sont retournées chez elles en Belgique. Les Afghans qui n’avaient pas encore de titre de séjour ont entamé une procédure en vue d’en obtenir un, soit par le regroupement familial, soit par une procédure d’asile.

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1 Commentaire

  • Posté par Helem Gi, vendredi 27 août 2021, 21:08

    Ce qui se passe dans ce pays est horrible et n'a pas de nom. Alors que depuis plusieurs semaines, la presse relate l'avancement des Talibans, ont est pris à court. La tendance était pourtant claire. On peut légitiment se demander ce que font tout ces personnes qui ont demandé l'asile en Europe /USA , être en visite dans ce pays... Et en dernier , je n'arrive pas bien à comprendre la logique des Afghans ... Ils veulent tous partir ? ou alors ils sont en majorité content ?

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