Fraudes, pratiques troubles… la Flandre envisage une pause «d’au moins deux ans» des adoptions internationales

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Guillaume de Germain / Unsplash

Un « rapport d’experts » sur l’adoption internationale fait débat jeudi dans le nord du pays, où le ministre flamand compétent s’apprête à exposer une note à son gouvernement, recommandant une « pause des adoptions ».

Le ministre flamand en charge de la famille, Wouter Beke, est d’avis qu’il faudrait mettre les adoptions internationales sur « pause » durant au moins deux ans, le temps de réformer en profondeur le système flamand. La note qu’il va transmettre à ce sujet au gouvernement flamand ne vient pas de nulle part, elle s’appuie sur les recommandations d’un « panel d’experts » mis sur pied en Flandre en 2019. Elles ont été présentées jeudi en conférence de presse, en présence du ministre Beke.

A l’origine de la création de ce panel : le constat que les adoptions internationales ont donné lieu par le passé à de nombreuses fraudes et pratiques troubles. Les « experts » ont finalement dégagé 20 recommandations, qui tournent autour d’un changement de paradigme : l’adoption ne doit pas se faire à partir du désir d’enfant d’un couple belge, mais bien à partir des besoins d’un enfant, et si possible avec le maintien de contacts avec sa famille, son histoire, son pays d’origine, etc. (le panel parle d’une adoption « ouverte »). L’objectif est aussi de maintenir l’adoption internationale comme solution en dernier ressort : mieux vaut investir dans les systèmes locaux de soins, et adopter une attitude « passive » par rapport à l’adoption internationale.

Centralisation

Les experts, qui comprennent l’avocate en droit de la famille Veronique Van Asch, mais aussi des universitaires et chercheurs, dont des personnes adoptées, recommandent aussi de centraliser les services flamands en charge de l’adoption.

Expliquant jeudi sa vision d’une « pause » des adoptions, le ministre Wouter Beke a insisté sur le fait qu’il ne s’agirait pas d’un arrêt complet et brutal. Ceux qui sont déjà proches d’une adoption pourront bien accueillir l’enfant qu’ils attendent. On arrêterait en revanche temporairement l’enregistrement de nouveaux « candidats-adoptants ».

A plus long terme, les « listes d’attente » de parents potentiels seraient remplacées par un « pool » général de familles étant disposées à accueillir un enfant dans le besoin, comme ce qui existe dans le système des familles d’accueil pour enfants placés.

Le ministre CD&V a indiqué qu’un nouveau panel serait instauré à court terme, pour définir des lignes de conduite concrètes en matière de collaboration avec les pays d’origine qui investissent eux-mêmes dans des soins qualitatifs.

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