Réforme des pensions: «Aucune vision à long terme», dénonce la FEB

Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique.
Pieter Timmermans, administrateur délégué de la Fédération des entreprises de Belgique. - Mathieu GOLINVAUX.

La Fédération des entreprises de Belgique (FEB) attendait de pied ferme la réforme des pensions – un des objectifs important de la Vivaldi dans son programme de gouvernement. Les patrons espéraient un « projet ambitieux », nous avait rappelé l’administrateur délégué de la FEB, Pieter Timmermans, en milieu de semaine, lorsque nous l’avions rencontré pour évoquer la rentrée sociale et politique. L’occasion est manquée : le projet dévoilé en cette fin de semaine par la ministre fédérale des Pensions Karine Lalieux (PS) n’est pas à la hauteur des défis, nous a-t-il déclaré ce vendredi.

« Je ne suis pas déçu ; ce n’est pas le bon terme. Mais plutôt étonné. Quand j’ai pris connaissance des propositions de Mme Lalieux, je me suis dit qu’il y avait des éléments positifs, comme la pension partielle ou le bonus de pension. »

Pieter Timmermans est également satisfait du statu quo fiscal s’agissant des pensions complémentaires. « Revoir la fiscalité du “deuxième pilier” aurait constitué une rupture de contrat – et donc de confiance », explique-t-il, rappelant que ce statu quo fiscal était « une demande commune des interlocuteurs sociaux dans l’accord interprofessionnel. »

Mais c’est à peu près tout ce qu’il trouve de positif.

« La quadrature du cercle »

« Je ne perçois pas le cadre général de la réforme proposée par la ministre. Or, le constat est là : on étudie plus longtemps et on vit plus longtemps – et c’est très positif ; mais les carrières sont de plus en plus courtes et on veut des pensions plus élevées. C’est la quadrature du cercle. Et la question fondamentale est celle-ci : comment va-t-on financer nos pensions demain ? Mme Lalieux ne veut pas toucher au régime de pension des fonctionnaires ; elle laisse même entendre que le régime des salariés devrait s’aligner sur celui des fonctionnaires. Nous avons fait rapidement le calcul : cela coûterait 41,3 milliards de plus ! »

Pieter Timmermans s’inquiète également que la ministre Lalieux propose de rendre la pension anticipée accessible dès 60 ans après 42 ans de carrière. « On a relevé l’âge de départ à la retraite (NDLR : une décision prise sous la précédente législature et que la ministre ne remet pas en cause), mais on veut l’abaisser par la porte arrière, si l’on peut dire. Où est la cohérence ? Où est la vision de long terme ? Je ne les vois pas ! Et je m’en étonne. Car il ne suffit pas de proposer de petites choses à court terme, mais de rendre notre système de pensions soutenable financièrement à long terme », insiste-t-il.

« Mme Lalieux nous explique que permettre de prendre sa pension dès 60 ans si on a 42 ans de carrière rencontre la problématique des empois pénibles. Mais je ne vois pas le lien avec la pénibilité. Je connais des gens qui ont commencé à 18 ans dans un emploi administratif. D’ailleurs, nous évoluons vers une société de services, où de plus en plus de gens seront sous statut employé et dans laquelle la pénibilité physique sera moindre. »

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