Près de 50% des logements Airbnb bruxellois aux mains d'investisseurs ou professionnels

En 2019, 11.427 logements siutés en région de Bruxelles-Capitale ont été proposés sur la plate-forme Airbnb. "En moyenne, ces logements ont été proposés pendant 159 jours par an", explique Pieter-Paul Verhaeghe, professeur à la VUB. "Nous avons choisi d'examiner l'année 2019 parce que nous voulions connaître la situation avant la crise du coronavirus, mais nous analyserons bientôt également l'offre sur Airbnb durant 2020 et 2021."

Selon la VUB, ces logements Airbnb sont fortement concentrés dans la zone touristique autour de la Grand-Place et le quartier de la Monnaie - aussi appelée "Îlot Sacré" -, et autour des institutions européennes près des quartiers Léopold et de Schuman. "Mais il n'y en avait aussi beaucoup du côté de l'Atomium", semble-t-il.

Environ 34% des personnes proposant des logements sur la plate-forme de location n'offrent qu'une chambre dans leur propre maison ou appartement, tandis que 21% offrent une maison complète, mais pour moins de 120 jours par an. Il s'agit, par exemple, d'expatriés qui se trouvent à l'étranger ou de personnes qui voyagent. Ces deux types d'hôtes sont répartis dans toute la capitale, avec des concentrations plus élevées dans le centre-ville, à Ixelles, Etterbeek et Saint-Gilles.

Environ 16% du marché bruxellois est constitué d'"acteurs professionnels proposant trois maisons ou appartements ou plus en location à court terme", selon la VUB. "Trente-deux hôtes proposent même dix appartements ou plus en même temps sur Airbnb", a souligné le professeur Verhaeghe. "Ce sont principalement des propriétés qui sont concentrées dans l'Îlot Sacré et près des institutions européennes."

En outre, 29% du marché est constitué d'"investisseurs" ou de particuliers qui proposent deux logements sur Airbnb ; ou un seul logement mais pour plus de 120 jours par an, ressort-il de cette étude.

En résumé, cela signifie que seule la moitié des "hôtes" répondent à la philosophie originelle d'économie de partage d'Airbnb, conclut la VUB. "Dans les années à venir, nous souhaitons étudier, à la demande d'Innoviris, les conséquences sur l'offre et les prix des loyers sur le marché local du logement", explique le professeur Verhaeghe. "Cela concerne plus de 5.000 logements de la Région bruxelloise qui sont proposés aux touristes et aux voyageurs d'affaires par des professionnels et des investisseurs sur Airbnb, soit autant de logements qui ne sont pas loués par des résidents bruxellois. Il est très probable que cela ait des conséquences désastreuses pour le marché du logement, déjà serré à Bruxelles."

 
 
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