Berliner Philharmoniker: une puissance granitique

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A l’encontre de l’album Mahler où les vidéos montraient l’orchestre en action, et à Berlin, toujours un spectacle admirable, cette intégrale Bruckner ne comporte que des captations audios ; elle s’étale sur une plus longue période (2009/18), ce qui permet de diversifier les approches. Une qualité s’impose, plus que chez n’importe quel autre compositeur : l’incroyable profondeur du spectre sonore d’un orchestre arc-bouté sur ses basses, des contrebasses aux cuivres mais qui en même temps dispose de cordes d’une incroyable homogénéité et, pour cela, capable de tenir leur place dans les crescendos les plus obsessionnels. L’ensemble contribue à des tutti d’une puissance granitique. Certains les laissent aller de par leur seule force (Thielemann dans la 7e), d’autres y suscitent des impulsions inédites (Ozawa et Järvi dans les deux premières), d’autres encore (Jansons dans une magistrale 6e, Rattle dans une déchirante 9e) déclenchent d’implacables querelles de forces. Haitink, lui, demeure un sage : un peu distant dans la 4e, très inspiré dans la 6e, tandis que Mehta s’abandonne dans la 8e à l’hédonisme du grandiose. Des lectures assez disparates donc qui se rejoignent dans la vision synthétique d’un orchestre ensorcelant.

BPHR, un coffret de 9CD

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