Attentats de Paris: «L’audience criminelle est ouverte», Salah Abdeslam est présent dans le box des accusés

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Un procès à nul autre pareil. Hors norme. Démesuré. Lourde tâche : juger le mal terrible qui a été commis le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis. Ce mercredi 8 septembre s’est ouvert devant la cour d’assises spécialement composée – donc devant des magistrats professionnels et non un jury populaire – le procès des accusés de ces attentats qui ont coûté la vie à 131 personnes et en ont blessé plus de 400.

« L’audience criminelle est ouverte. Veuillez vous asseoir », a indiqué le président de la Cour aux alentours de 13 heures. Dès les premières minutes du procès, les accusés ont été invités à décliner leur identité. Salah Abdeslam a été le premier à parler : « Je tiens à témoigner qu’il n’y a point de divinité à part Allah. Je m’appelle Salah Abdeslam, Je suis né le 15 septembre 1989 à Bruxelles. Le nom de mon père et de ma mère n’ont rien à faire ici. » Quant à la profession : « J’ai délaissé toute profession pour devenir un combattant de l’EI ». Enfin, lorsqu’il doit donner son adresse avant son arrestation : « Je n’ai pas d’adresse », indique-t-il.

Quelques chiffres pour donner la mesure de l’événement judiciaire : ce procès est prévu pour durer plus de 8 mois et demi, il devrait prendre fin le 25 mai 2022 (sauf retard !). Il va juger 20 accusés – dont Salah Abdeslam, seul survivant des commandos – mais seulement 14 seront présents. Près de 1.800 parties civiles et plus de 300 avocats pour les représenter. Auquel il conviendra d’ajouter quelques centaines de journalistes venus du monde entier.

Pour faire face à un tel défi logistique, un tribunal a été bâti au cœur même de l’ancien palais de justice de Paris, sur l’île de la Cité. 750 m² de salles et de bancs en bois installés dans les vastes salles des pas perdus. Le nouveau palais, tout de verre et d’acier, ne pouvait pas accueillir en toute sécurité et aussi longtemps, un tel monde.

Les audiences se tiendront du mardi au vendredi, chaque après-midi. Les lundis sont gardés en réserve pour compenser un possible retard. Le séquençage de ce procès a été déterminé à l’avance. Les trois premières journées sont ainsi réservées aux constitutions de parties civiles et la lecture du rapport du président. Ensuite suivront des auditions d’experts du terrorisme. Les victimes seront entendues en octobre, premiers temps forts en émotions. L’interrogatoire de personnalité des accusés en novembre. Et, seulement fin 2021 et début 2022, la cour d’assises se penchera sur le déroulé des faits. Un procès qui s’annonce d’ores et déjà éprouvant pour les centaines de victimes.

Par le nombre de parties civiles représentées et la gravité des faits, le procès des terroristes du 13-Novembre va nécessairement marquer l’histoire judiciaire. A l’instar de celui des attentats de Charlie Hebdo, de l’Hypercasher et de Montrouge en 2020 (où, différence notable, aucun des terroristes responsables au premier chef n’a survécu). Plus loin, il faut sans doute remonter à 1977 et au procès de Klaus Barbie, alias le « boucher de Lyon », pour se souvenir d’une cour d’assises s’inscrivant sans conteste dans la grande histoire. Personne ne s’y méprend : au-delà de Salah Abdeslam, Mohamed Abrini et consorts, ce sont bien les crimes contre l’humanité du « Califat » de l’Etat islamique qui seront jugés à Paris.

 
 
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