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Dossier Cools: l’Italie refuse d’extrader un des assassins

Cosimo Solazzo ne sera pas extradé. La cour d’appel de Lecce n’a pas les garanties suffisantes qu’il puisse recevoir un accompagnement médical adéquat en Belgique.

Temps de lecture: 3 min

Le parquet général de Liège a annoncé, ce mercredi, « avoir pris connaissance avec retard » de la décision de la cour d’appel de Lecce, en Italie, devenue définitive le… 14 décembre 2020. Celle-ci refuse l’extradition de Cosimo Solazzo, condamné en 2004 à une peine de 20 ans de prison pour l’assassinat du ministre d’Etat André Cools.

Cosimo Solazzo avait été interpellé en avril 2020 dans sa résidence située dans la région des Pouilles, et ce sur base d’un mandat d’arrêt européen émis par la Belgique. Les deux tueurs tunisiens d’André Cools l’avaient désigné comme étant celui qui avait organisé leur hébergement et qui les avait accompagnés pour effectuer des repérages. Il avait été détenu préventivement pendant un peu plus d’un an, puis il avait pris la fuite, peu avant le premier procès d’assises.

Solazzo est âgé de 73 ans et il a été placé sous surveillance électronique à son domicile italien. Selon l’avocat général Jean-Baptiste Andries, la cour d’appel de Lecce justifie principalement sa décision de refus sur le fait qu’elle « ne disposerait pas de garanties suffisantes » que l’intéressé pourrait, en cas d’extradition en Belgique, « recevoir des traitements diagnostiques, thérapeutiques et alimentaires adéquats et continus, requis par les pathologies graves et chroniques dont il souffre et qui, si elles ne sont pas traitées, pourraient avoir des conséquences exceptionnellement graves pour sa santé ».

Un long délai écoulé

En cas d’extradition, le septuagénaire aurait dû purger sa peine ou, puisqu’il a été jugé par contumace, faire opposition afin d’être rejugé. Le parquet général constate qu’à défaut d’extradition, un nouveau procès Solazzo en Belgique n’est pas envisageable ; cela ne sera toutefois définitif qu’une fois la prescription atteinte. Et si la prescription en cas de meurtre est de 20 ans, il y a une série de causes de suspension qui peuvent jouer. Pour rappel, André Cools a été tué à Cointe, sur un parking, le 18 juillet 1991.

Même sans prescription, le procès aurait-il mené à une condamnation ? On peut en douter : en janvier 2017, la cour d’assises de Namur devant laquelle comparaissaient encore une fois Richard Taxquet et Domenico Castellino avait déclaré les poursuites irrecevables en raison du très long délai écoulé depuis les faits. La Cour de cassation, en mai 2017, n’avait pas cassé cet arrêt. Les deux hommes ont donc été définitivement blanchis de l’assassinat qu’ils avaient pourtant, en son temps et sans l’assistance de leur avocat, partiellement avoué. Selon la Cour européenne des Droits de l’Homme, un dossier doit pouvoir être jugé « dans un délai raisonnable ». La juge d’instruction Ancia avait communiqué son dossier en 1999 et la présidente Jackers, en 2017, avait constaté que 23 témoins des faits étaient depuis décédés, dont certains témoins qualifiés de « déterminants ». En application de la loi Salduz, les éléments issus des auditions des accusés hors présence de leur conseil, dont ceux ayant mené à la découverte de l’arme du crime, auraient en outre dû être écartés.

À lire aussi Assassinat d’André Cools : pourquoi Castellino et Taxquet en ont fini avec la Justice

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6 Commentaires

  • Posté par Guiot Philippe, mardi 21 septembre 2021, 6:21

    Pour info, Kabbedijk Irène Le 13 décembre 1957 a été signée à Paris la Convention européenne d'extradition par onze des quinze États membres du Conseil de l'Europe (dont l'Italie) En outre, il existe des accords bilatéraux d'etradition

  • Posté par J.-M. Tameyre, jeudi 9 septembre 2021, 18:53

    Comparer le délicieux André Cools avec les gens qu'il gênait, c'est préparer une délicieuse ratatouille à mijoter longuement. Je n'ai donc aucune raison de pleurer le premier dont les seconds nous ont opportunément débarrassés. Aucun intérêt à rouvrir ce dossier dont tous les protagonistes sont morts.

  • Posté par CORNEZ JEAN, jeudi 9 septembre 2021, 17:35

    Prendre comme excuse pour non extradition d'un détenu, le niveau peu élevé des soins dans les établissements pénitentiaires , surtout en comparaison de l'état sanitaire du Sud de l'Italie, relevé du délire ou de pressions locales exercées sur la justice. Ayant dirigé un service de santé central dans les établissements pénitentiaires de Belgique, durant plus de 20 ans, je puis certifier que le choix des méditations n'a rien à envier par rapport à celui pratiqué à l'extérieur.

  • Posté par Haegelsteen Philippe, jeudi 9 septembre 2021, 16:50

    La cour de justice de Lecce ne manque pas d'air, ce prétexte est aussi grotesque qu' insultant, à moins que la maffia du PS liégeois n'ait des connections persuasives. Il faudrait peut être interroger Monsieur Aquilina ou autre Moreau...

  • Posté par Albin S. Carré, jeudi 9 septembre 2021, 15:50

    Le mafieux et l'Italie, c'est une histoire d'amour...

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