La hausse du PIB belge devrait encore accélérer au troisième trimestre

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Alors que le produit intérieur brut (PIB) de la Belgique a rebondi de 1,7 % au deuxième trimestre, un rythme plus soutenu qu’attendu – la précédente estimation était de + 1,3 % –, la croissance devrait atteindre 1,8 % au troisième trimestre, estime jeudi la Banque nationale de Belgique (BNB). Cette dernière s’attend à ce que la croissance de la consommation des ménages soit encore plus importante au troisième trimestre, « en particulier vu que plusieurs mesures restrictives la freinaient encore dans les premières semaines du deuxième trimestre ».

L’indicateur de confiance des chefs d’entreprise reste à un niveau plus élevé qu’avant la crise et les investissements des entreprises devraient connaître une nouvelle accélération au troisième trimestre. En revanche, la contribution des exportations nettes à la croissance du PIB redeviendrait légèrement négative au troisième trimestre. En effet, la vigueur de la demande intérieure stimulerait les importations, tandis que le ralentissement de la demande de produits manufacturés en particulier devrait brider la croissance des exportations à court terme.

Incertitude exceptionnellement élevée

Les deux principaux modèles utilisés par la BNB laissent entrevoir une croissance de 1,2 ou 1,4 % au troisième trimestre mais « l’incertitude entourant ces modèles de prévision immédiate est exceptionnellement élevée dans les circonstances actuelles », reconnaît la Banque nationale, qui s’appuie dès lors aussi sur des informations recueillies auprès d’autres sources, ainsi que par des jugements d’experts. « À cet égard, l’effet de report dû à la forte augmentation de l’activité au cours du deuxième trimestre devrait mécaniquement pousser à la hausse la croissance au troisième trimestre », souligne la BNB, qui table donc sur une croissance de 1,8 % au troisième trimestre.

De son côté, le Bureau du Plan estime dans ses dernières Prévisions économiques 2021-2022, publiées ce jeudi, que l’économie belge devrait retrouver avant la fin de l’année son niveau d’avant-crise. La croissance économique atteindrait 5,7 % cette année. « Dans le courant de l’année 2022, la croissance trimestrielle du PIB devrait progressivement se normaliser » précise le Bureau du Plan. « Cela se traduit par un ralentissement de la croissance annuelle qui atteindrait 3 % en 2022. Cette dernière serait portée par les exportations et, davantage encore, par la consommation des particuliers ».

Encore de l’inflation

L’inflation devrait encore nous accompagner pendant quelque temps, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, constate par ailleurs le Bureau du Plan. « Au cours des derniers mois, l’augmentation des prix à la consommation a été nettement plus forte que prévu, principalement en raison de la hausse inattendue des prix du gaz naturel et de l’électricité », explique-t-il. « Au cours des prochains mois, l’inflation devrait encore augmenter, dépassant 3 % en fin d’année. Dans le courant de 2022, les prix de l’énergie devraient progressivement baisser, ce qui entraînera un repli de l’inflation ». Sur base annuelle, l’inflation devrait s’établir à 1,9 % cette année et 2,1 % en 2022. Après celui d’août dernier, un nouveau dépassement de l’indice-pivot est attendu en juin 2022.

Enfin sur le front de l’emploi, le Bureau du Plan s’attend à une progression de 73.000 embauches au cours de la période 2021-2022. « La croissance de l’emploi a été robuste au cours des quatre derniers trimestres, mais devrait marquer une pause au quatrième trimestre de 2021 et ne se redresser progressivement qu’au second semestre de 2022 », indiquent encore les Prévisions économiques. « Par conséquent, en moyenne, l’emploi progresserait plus nettement en 2021 (+ 59.600 personnes) qu’en 2022 (+ 13.200 personnes). En moyenne annuelle, le nombre de chômeurs devrait dès lors diminuer de 25 700 en 2021 mais augmenter de 19 000 en 2022 ».

De Bleeker « prudemment positive »

Réagissant aux chiffres de la BNB, la secrétaire d’État au Budget Eva De Bleeker (Open VlLD s’est dite « prudemment positive ». « Les chiffres montrent que la consommation et les investissements privés sont essentiels à la reprise et à la croissance future », indique-t-elle Cependant, Eva De Bleeker dit rester vigilante : « La confiance des entreprises est encore bien plus élevée qu’avant la crise, mais les analyses de la Banque nationale montrent que le pic a été atteint. La croissance économique future, après la reprise complète de l’économie belge, devra être suffisamment élevée pour réduire le déficit budgétaire structurel qui existait déjà avant la crise. C’est la raison pour laquelle la confiance des consommateurs et des entreprises doit rester suffisamment élevée ».

La meilleure façon d’y parvenir « est de concrétiser dès que possible les réformes prévues dans l’accord du gouvernement. La réforme du marché du travail est particulièrement cruciale », selon Eva De Bleeker. « Les prévisions antérieures laissaient déjà entrevoir une possible pénurie sur le marché du travail. De nombreux postes vacants ne sont pas pourvus, alors que de nombreuses personnes ne travaillent pas. À court terme, cela peut entraver la confiance des entreprises. Une réforme en profondeur du marché du travail devrait permettre d’orienter davantage de personnes vers le marché du travail et de faire progresser le taux d’emploi dans notre pays ».

 
 
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