Accueil Monde France

«Flic, voyou, toujours magnifique»: Macron et la France ont rendu un hommage national à Belmondo

Le cercueil de l’acteur sortit au son de « Chi Mai », musique d’Ennio Morricone sur la bande originale du film « Le Professionnel », jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Temps de lecture: 4 min

Il fallait bien ça pour « Le Magnifique » : la France a rendu un hommage national jeudi aux Invalides à Jean-Paul Belmondo, légende du cinéma décédé à 88 ans.

La cérémonie fut à la fois solennelle et populaire. Soit un mélange de Marseillaise jouée par la Garde républicaine, revue des troupes par Emmanuel Macron et fans émus, comme cet homme en blouson de cuir sans manche tenant une affiche de « L’As des As ».

« Il n’a cessé de chercher le bonheur mais aussi de le donner ». Tels furent les mots de Victor Belmondo, petit-fils de l’acteur, comédien lui-même, qui a pris la parole, accompagné des autres petits-enfants de l’acteur et de sa petite dernière, Stella.

À lire aussi Jean-Paul Belmondo, une icône à la française

« Nous aimons Belmondo parce qu’il nous ressemblait », a ensuite salué le président Macron dans son éloge funèbre, évoquant « six décennies de vie française (…) six décennies de cavalcades ». « Flic, voyou, toujours magnifique », a poursuivi le chef de l’Etat, en clin d’œil à sa filmographie, avant de conclure « Adieu Bébel ».

Et le cercueil de l’acteur sortit au son de « Chi Mai », musique d’Ennio Morricone sur la bande originale du film « Le Professionnel », jouée par l’orchestre de la Garde républicaine.

Cette cérémonie avait réuni de nombreuses stars, telles Patrick Bruel, Gilles Lellouche, le couple Guillaume Canet et Marion Cotillard, le DJ Bob Sinclar, dont le nom de scène s’inspire d’un personnage de « Bébel », Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes, ou encore Cyril Hanouna.

« Il est unique, personne ne remplacera Jean-Paul Belmondo. Comme acteur, on a tous Jean-Paul Belmondo en nous », a déclaré à la presse Jean Dujardin, peut-être l’un des héritiers à l’écran de Belmondo.

À lire aussi Une farce à Guy Bedos: le dernier passage de Jean-Paul Belmondo à Bruxelles

« Saint-Augustin disait, les morts sont des invisibles, pas des absents. Pour moi, Jean-Paul, il n’est pas absent. Jean-Paul c’est comme Johnny : il est là. Il n’aurait pas voulu qu’on fasse la gueule. Il est immortel, Jean-Paul, il ne partira jamais », a soufflé Michel Drucker, au micro de BFMTV.

Dans la cour des Invalides, outre la famille et les personnalités, près de 1.000 personnes du public ont pu assister à l’hommage, munies de leur pass sanitaire. Il a toutefois fallu arriver tôt pour entrer. Comme Brigitte Ratou, retraitée de 66 ans, K-way et baskets aux pieds, originaire du Mans. « Je suis arrivée à 07h00. C’est important pour moi d’être là, c’est comme dire au revoir à un vieux compagnon, quelqu’un qui était là dès mon adolescence », raconte-t-elle à l’AFP. Gérard (qui ne donne ni nom, ni âge), T-shirt à l’effigie du Bébel de « Pierrot le fou », dit être là depuis 09h00. Il n’aurait « manqué ça pour rien au monde ». Pour ceux qui ne pouvaient pas entrer, des écrans géants étaient installés sur l’esplanade où la foule s’était massée. Les Français, ailleurs, ont pu suivre les éditions spéciales sur les chaînes de télévision, tandis qu’en Belgique, la RTBF a aussi retransmis en direct la cérémonie d’hommage.

Les portes des Invalides devaient ensuite s’ouvrir à partir de 19h30 à toutes celles et ceux qui voulaient se recueillir devant le cercueil.

Vendredi matin, les obsèques de Jean-Paul Belmondo se dérouleront en l’église Saint-Germain-des-Prés, dans le centre de Paris, dans l’intimité de la famille.

Figure de proue de la Nouvelle Vague (« A bout de souffle », « Pierrot le fou »), avant de devenir champion du box-office dans des comédies et des films d’action (comme « Le Marginal »), il a enchanté – au fil de quelque 80 films – des générations de Français, cinéphiles pointus ou amateurs de cascades spectaculaires. L’acteur avait disparu du grand écran depuis près de 15 ans, après un AVC aux lourdes séquelles. Mais il était toujours aussi populaire.

 

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

2 Commentaires

  • Posté par stals jean, vendredi 10 septembre 2021, 15:17

    En effet, Macron peut oser prétendre à ressembler à Belmondo... Quand jean-Paul Belmondo, cet honnête homme, devenait voyou, c'était du cinéma, pas dans le civil, la nuance est de taille...

  • Posté par Dupont Vincienne, jeudi 9 septembre 2021, 20:19

    Dans les années 60, les héros de la République c'était Jean Moulin qui entrait au Panthéon. Aujourd'hui, c'est Belmondo ou Johnny aux Invalides avec le Président de la République en guest star. Notre époque fait ce qu'elle peut.

Aussi en France

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une