Premier jour de la commission d’enquête sur les inondations: les chiffres d’une catastrophe inédite

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La commission d’enquête du parlement de Wallonie consacrée aux inondations de juillet a entamé ses travaux ce vendredi matin avec l’audition de Sylvie Marique, commissaire spéciale à la reconstruction. Mais c’est avec sa casquette de secrétaire générale de l’administration wallonne que la Namuroise a d’abord été entendue. Et dans un cadre précis : un état des lieux général de la gestion de crise en Wallonie. Pas question donc, à ce stade en tout cas, d’évoquer les circonstances de la catastrophe.

Sylvie Marique a d’abord rappelé une évidence aux députés : en matière de crise, les normes sont fédérales et l’arrêté royal du 22 mai 2019 sur la planification d’urgence implique en la matière le fédéral, les provinces et les communes en fonction de la gravité de la situation. En d’autres termes : les compétences régionales sont très limitées.

Le circuit des alertes

En amont et en aval, si l’on peut dire, la Wallonie a toutefois la mainmise sur la gestion de l’eau, l’aménagement du territoire et la tutelle sur les zones de secours, d’une part, et sur le fonds des calamités et la reconnaissance de celles-ci, de l’autre. Le gouvernement doit évaluer les risques, dresser des cartographies et développer des plans stratégiques portant sur les risques d’inondation, mais c’est à peu près tout.

Un éclairage a aussi été apporté sur le rôle du centre de crise. En cas de risque de crues, c’est l’Institut royal météorologique (IRM) qui lance l’alerte à l’administration wallonne des voies hydrauliques. Elle-même relaye les informations vers le centre de crise régional qui contacte à son tour (mail, SMS et appel téléphonique) les autorités concernées, dont les communes.

A quel rythme les informations circulent-elles idéalement ? Les textes sont flous : « dans les meilleurs délais »…

A titre personnel, Sylvie Marique plaide pour une clarification du rôle de ce centre de crise qui a été mis sur pied dans la foulée de la catastrophe de Ghislenghien et dont le rôle est un peu flou puisqu’il n’a pas de fonction opérationnelle : « Faut-il un décret pour préciser ces missions ? Il faut en tout cas préciser le rôle de ce centre pour officialiser celui-ci, mais aussi définir les missions et le pouvoir de décision. Le sujet est complexe parce que le cadre est fédéral et qu’il ne faut pas ajouter de la confusion. »

Observations de terrain

Dans un second temps, Sylvie Marique a coiffé sa casquette de commissaire spéciale à la reconstruction pour dresser un bilan chiffré des dégâts provoqués par les inondations. Les données officielles sont parfois contradictoires. Elles restent en réalité provisoires. Elles ont été rassemblées de manière empirique à travers des questionnaires aux communes et les constats réalisés sur le terrain par 181 « inspecteurs » dans 39 communes, avec la réserve que ceux-ci n’ont pas eu la possibilité de pénétrer dans les immeubles, pour des raisons légales.

Mais donc, dans les 209 communes wallonnes touchées par les eaux (sur 262), Sylvie Marique annonce que 9.673 hectares ont été inondés, ce qui équivaut selon ses calculs à 13.548 terrains de football.

Pour avoir une ampleur de l’impact sur les populations, les chiffres liés aux impétrants sont intéressants : 56.000 clients de Resa ont été touchés, 50.000 clients de Proximus et 33.905 clients de la société wallonne des eaux. Le retour à la normale s’accélère, même si 8.700 foyers sont toujours privés de gaz.

Combien d’habitations privées ont-elles été touchées ? Les observations sur le terrain (dans 39 communes très impactées, donc) permettent d’avancer un chiffre : 23.920 immeubles. Les déclarations des communes en produisent un autre : 31.564 logements touchés à des degrés divers. Rappelons que ces données restent provisoires… D’autres calculs effectués par le gouvernement grimpent d’ailleurs jusqu’à plus de 40.000 immeubles inondés.

D’autres estimations ? 12.000 voitures sous eau, 58 bâtiments administratifs, 185 infrastructures sportives, 53 campings, 42 attractions touristiques, 2.624 entreprises ou commerces, 690 agriculteurs (2.182 prairies et 368 cultures), 96,4 kilomètres de voiries dans les communes les plus touchées uniquement, 220 ponts communaux et 45 ponts régionaux, 78 ouvrages d’art hydrauliques, 1.342 kilomètres de berges, 119 écoles…

Et au bout du compte, 155.000 tonnes de déchets à gérer.

 
 
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