Centrales au gaz: la ministre Zuhal Demir prendra une décision dans les semaines à venir

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La ministre flamande de l’Environnement et de l’Energie, Zuhal Demir (N-VA), a fait savoir qu’elle prendra une décision dans les semaines à venir concernant l’extension ou la construction de quatre centrales au gaz situées en Flandre. Ces centrales doivent être construites dans le cadre du mécanisme de rémunération de capacité (CRM) mis en place par le gouvernement fédéral pour pallier l’extinction progressive des centrales nucléaires d’ici fin 2025 et ainsi garantir la sécurité d’approvisionnement du pays en électricité. Mais les permis, qui doivent être octroyés au niveau provincial, sont contestés, de sorte que c’est au gouvernement flamand de se prononcer sur l’impact environnemental.

Il y a notamment la future centrale électrique à Dilsen Stokkem, un projet de l’énergéticien allemand RWE, qui n’a pas obtenu le feu vert de la députation provinciale. Les plans pour une deuxième centrale électrique au gaz à Tessenderlo, dans le Limbourg, doivent également être approuvés, mais ce projet est à cheval sur les frontières provinciales et relève donc directement de la responsabilité de l’administration régionale flamande. L’impact environnemental d’une extension de la centrale au gaz de Luminus à Wondelgem doit également être examiné. Enfin, la ministre doit se prononcer sur l’appel interjeté par Engie contre le refus de permis pour une nouvelle centrale au gaz à Vilvorde.

Dossiers complexes

Le permis pour quatre futures centrales à gaz est actuellement étudié par les organes consultatifs compétents. Une recommandation sera ensuite transmise au comité régional des permis d’environnement. Enfin seulement, le dossier sera soumis à la ministre, dans un contexte où la Flandre veut réduire drastiquement ses émissions d’oxydes d’azote. En fonction de la complexité des dossiers, le gouvernement a ensuite besoin de temps pour prendre une décision. Mais la ministre Demir a fait remarquer qu’elle ne voulait pas épuiser les délais existants, dans la mesure où sa décision faire l’objet d’un appel auprès du Conseil des litiges relatifs aux permis.

Dans ces conditions, aucune des quatre futures centrales à gaz flamandes ne sera probablement libre de tout recours avant le début de la mise aux enchères du CRM – les dossiers doivent être déposés pour le 30 septembre à 17 heures. Les énergéticiens concernés prendront-ils part au CRM, avec le risque de ne pas obtenir de permis après les enchères ? On peut s'interroger dans la mesure où des pénalités sont prévues pour les producteurs gagnants qui ne seraient pas capables d’assurer in fine la fourniture de l’électricité promise.

L’option de la prolongation

Pour rappel, la ministre fédérale de l’Energie, Tinne Van der Straeten (Groen), estime que deux ou trois nouvelles centrales au gaz – pour un total de 2,4 GW – sont nécessaires dans le cadre de la sortie du nucléaire. Le gouvernement fédéral s’est toutefois réservé la possibilité de prolonger la durée de vie deux réacteurs (Doel 4 et Tihange 3) si les résultats des enchères ne devaient pas démontrer que la sécurité d approvisionnement en électricité du pays est assurée. Cette décision interviendra en novembre. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer cette prolongation. Dans les rangs mêmes du gouvernement De Croo, le MR plaide ouvertement pour une telle option.

On notera que du côté wallon, les permis obtenus par Engie aux Awirs et à Amercœur ainsi que par Luminus à Seraing font l’objet de recours déposés par l’association citoyenne Dégaze, recours qui sont toujours pendants à cette heure. Le groupe Eneco a reçu également le feu vert de l’administration wallonne pour une nouvelle centrale au gaz à Manage. Mais ce permis est assorti d’une obligation de mettre en place une solution de captage du CO2 émis, obligation qui risque de grever lourdement la rentabilité du projet.

 
 
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