Le Salon de l’auto annulé? Rien n’est encore joué

Le Salon de Bruxelles avait attiré un demi-million de visiteurs en janvier 2020, tout juste avant l’arrivée du covid.
Le Salon de Bruxelles avait attiré un demi-million de visiteurs en janvier 2020, tout juste avant l’arrivée du covid. - Photo News

Avec un demi-million de visiteurs en janvier 2020, c’est l’événement le plus populaire de Belgique, toute catégorie confondue. Pourtant, le Salon de l’Auto risque d’être une nouvelle fois annulé en janvier prochain, après une déprogrammation au début de cette année pour cause de covid. C’est du moins ce que laissent entendre plusieurs médias, dont L’Echo et La Libre. En effet, sur base de leurs informations, deux poids lourds du secteur automobile pourraient renoncer à participer à l’événement, lequel s’effondrerait comme un château de cartes. D’Ieteren, importateur des marques du groupe VW (Volkswagen, Audi, Skoda, Seat, etc.) aurait jeté l’éponge. Et Stellantis (Peugeot, Citroën, Opel, Fiat, etc.) songerait à en faire de même. Or, ensemble, ces deux géants représentent la moitié du secteur.

Contacté par Le Soir, D’Ieteren se refuse à infirmer ou à confirmer ces informations, laissant à la Febiac, fédération belge des constructeurs auto et organisatrice du Salon, le soin de communiquer elle-même « la liste globale des marques qui seront présentes ou pas » à la grand-messe annuelle de la voiture au Heysel. De son côté, Stellantis se contente de déclarer : « Nous travaillons actuellement sur ce dossier ». On ignore donc à ce stade si le groupe dirigé par Carlos Tavares et pesant près de 20 % du marché fera ou non partie des exposants du Salon.

« Pas inquiets »

A l’eau l’événement phare de l’auto ? L’affirmer « est très prématuré », réagit Christophe Dubon, porte-parole de la Febiac. « Nous attendons jusqu’à ce vendredi en mi-journée avant de communiquer. Nous ne commentons pas les informations parues dans la presse qui peuvent relever de la stratégie de certains de nos membres. Nous, nous ne sommes pas forcément inquiets. Du moins pas autant que le laisse penser la presse ». Toutefois, la Febiac souhaite que « le Salon soit représentatif du marché. Il doit donc réunir au moins deux tiers des marques auto. Tout dépend de l’intérêt que marqueront nos membres pour notre événement. » A ce stade, seul Volvo a déclaré officiellement en juin renoncer à participer. Reste la donne sanitaire… « Si le Salon a lieu, il devra répondre au même protocole covid que celui des centres commerciaux », précise la Febiac.

Mais qu’on ne s’y trompe pas : si l’incertitude pèse sur le Salon de Bruxelles, ce n’est pas qu’en raison des contraintes sanitaires qui ont de quoi freiner un tel événement de masse. Avec la crise du covid, les constructeurs encaissent de solides déconvenues liées principalement à la pénurie de semi-conducteurs. Ils peinent à répondre à la demande, malgré des carnets de commandes en progression par rapport à l’an dernier, ce qui leur fait rater des ventes de véhicules neufs. Depuis quelques mois, le nombre de nouvelles immatriculations plonge, tandis que l’occasion tient la grande forme.

Par ailleurs, la crise sanitaire accentue les turbulences que traverse le marché de l’automobile, promis à l’électrification mais privé d’une vision claire et globale de ce que souhaitent les pouvoirs publics en matière d’électromobilité. On songe à l’incertitude fiscale qui pèse sur les voitures à batterie et sur le flou concernant les réseaux de recharge. Dans ce contexte, les constructeurs naviguent à vue et se montrent prudents dans leurs dépenses, notamment en reconsidérant leur participation à de grands et coûteux salons, d’autant que les consommateurs sont plus attentistes que jamais par rapport au très coûteux renouvellement de leur véhicule.

 
 
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