Inondations: jusqu’à 80.000 euros par logement pour les Wallons non-assurés

Selon les estimations actuelles qui peuvent encore évoluer », la Région mettra sur la table un montant compris entre 2,3 et 3 milliards d’euros pour faire face aux conséquences des inondations du mois de juillet, a annoncé le ministre-président wallon, Elio Di Rupo, mercredi, au cours d’une conférence de presse.

Sur ce montant, 990 millions iront aux sinistrés assurés afin que la totalité de leurs coûts soient couverts. Un milliard sera par ailleurs consacré aux habitations non-assurées pour lesquelles la Région prendra en charge 50 % des dégâts, avec un plafond de 80.000 euros par logement.

Dans le détail, 990 millions iront aux sinistrés assurés afin que la totalité de leurs coûts soient couverts. Pour rappel, après négociation avec la Région, les assureurs ont accepté de couvrir 38% du montant des dégâts assurés, l’exécutif régional s’engageant pour sa part à payer le reste afin que les dizaines de milliers de foyers sinistrés en ordre d’assurance - entre 42.000 et 45.000 - soient totalement indemnisés.

Pour les habitations non-assurées - environ 10% de l’ensemble des immeubles sinistrés - , la Région prendra finalement en charge 50% des dégâts, avec un plafond de 80.000 euros par logement. Ce plafond pourra être augmenté de 10.000 euros en cas d’intervention pour une dépollution par des hydrocarbures ou en présence d’amiante. Une indemnisation spécifique sera en outre prévue pour les bénéficiaires du RIS (Revenu d’intégration sociale).

Inférieur à la fourchette annoncée

On notera que le montant alloué aux non-assurés est inférieur à la fourchette de 100 à 140.000 euros qui avait été évoquée par Elio Di Rupo il y a quelques jours. «Le montant sera moindre que ce que ces propriétaires auraient obtenu s’ils avaient été assurés. Nous ne voulions pas donner l’impression d’encourager la non-assurance», a justifié le ministre-président. «Mais il aurait été inhumain de ne faire aucun effort pour ces personnes qui sont souvent déjà très précarisées», a-t-il ajouté.

Des aides sont également prévues pour les habitations légères (plafonnées à 20.000 euros après évaluation par un expert) et les 6.000 véhicules ne disposant pas d’omnium.

En ce qui concerne les entreprises, l’aide - pour celles qui sont assurées - sera conditionnée à l’avis favorable d’un des 3 outils économiques de la Région et au fait que l’activité économique ait lieu en Wallonie et dans un lieu proche de l’implantation initiale. L’entreprise devra également garantir le maintien de l’emploi pour une durée de quatre ans, à un volume calculé sur la moyenne des 18 derniers mois. Ce volume devra être atteint au plus tard 18 mois après la reprise de l’activité, a précisé le ministre wallon de l’Economie, Willy Borsus.

Pour les entreprises aidées, l’intervention de la Région sera comprise entre 40 et 50% des dégâts subis, selon le nombre de travailleurs employés.

Les entreprises non-assurées, elles, bénéficieront d’une couverture des dommages matériels de 25 %, plafonnée à 500.000 euros.

Pour oeuvrer à la reconstruction, le gouvernement wallon a en outre prévu un budget pour soutenir la formation. Chaque personne s’engageant à suivre une formation dans le secteur de la construction se verra ainsi octroyer une prime de 2.000 euros net. Une campagne de promotion des métiers de la construction sera également lancée pour sensibiliser les jeunes ainsi que les femmes à l’importance du secteur et des «chèques permis de conduire» seront distribués à tous les chercheurs d’emploi qui s’inscrivent dans une formation participant à la dynamique du plan de reconstruction.

Enfin, quelque 650 millions seront consacrés par la Wallonie à la réparation de ses infrastructures régionales endommagées par les inondations. Sont concernés les ponts, les voies hydrauliques, les bassins d’orage, les berges, les tunnels, les routes,... Des biens non-assurables pour lesquels la Région devra assumer 100% des coûts.

Annoncées ce mercredi, ces mesures de soutien sont le fruit de discussions entamées samedi par le gouvernement régional au cours d’un conclave qui ne devait initialement durer qu’un week-end. Les débats se sont finalement prolongés pour atterrir mardi. «Nous devions trouver des solutions sans nous ruiner. La Région a ses limites», a conclu Elio Di Rupo

 
 
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