Coronavirus - Rentrée et taux de vaccination en hausse suscitent parfois des tensions au boulot

Une certaine frustration se crée progressivement parmi certains travailleurs vaccinés qui n'arrivent pas à retrouver une vie normale sur leur lieu de travail, parfois car certains de leurs collègues ont choisi de ne pas se faire vacciner, constate Jean-Luc Vannieuwenhuyse, conseiller juridique chez SD Worx. Après des mois de travail en distanciel, les employeurs, responsables du bien-être de leur personnel, veulent en outre organiser des fêtes ou des activités de team-building pour resserrer les liens entre leurs collaborateurs mais sont coincés par la situation et se demandent s'il est judicieux de le faire, explique l'expert.

Il est en effet illégal d'interroger son personnel pour savoir s'il a été ou non vacciné, indique Thierry Evens, porte-parole de l'UCM. C'est une donnée médicale, comme celle de savoir s'ils fument ou boivent beaucoup d'alcool, et un accord en ce sens a d'ailleurs été signé il y a quelques mois par les fédérations patronales et les syndicats, rappelle-t-il.

Il ne peut dès lors y avoir ni de discrimination positive (par exemple une prime) ni négative (refus d'accès au lieu de travail) à l'égard des vaccinés au détriment des non-vaccinés.

Tout cela met certaines PME dans une situation inconfortable, confirme l'UCM. Selon l'organisation patronale, c'est particulièrement le cas dans le secteur des soins de santé, avec des maisons de repos où les employeurs sont inquiets de travailler avec des personnes non-vaccinées.

Reste aussi à savoir ce que risquent les employeurs qui poseraient la question à leurs collaborateurs et mettraient en place un régime de travail différencié entre les deux groupes-cibles, voire modifieraient radicalement les tâches et conditions de travail des non-vaccinés. Pour l'UCM, c'est encore le flou pour le moment car aucun dossier de ce genre n'a abouti devant le tribunal. Mais, d'après Olivier Marcq, expert chez Acerta, cela peut s'apparenter à une rupture unilatérale de contrat et le travailleur pourrait dès lors demander des indemnités de rupture majorées.

Le spécialiste RH décourage d'ailleurs les employeurs qui l'interrogent à agir en ce sens. Selon Acerta, cela ne concerne cependant qu'un nombre très limité d'entreprises.

 
 
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