Accueil Société

David Dehenauw (IRM) sur les inondations: «J’étais convaincu que quelque chose de grave allait se passer»

Le chef du service scientifique prévisions du temps à l’IRM, a retracé la chronologie des prévisions émises par l’institut depuis le lundi 12 juillet.

Temps de lecture: 3 min

Auditionné vendredi matin par la commission d’enquête parlementaire sur les inondations, David Dehenauw, chef du service scientifique prévisions du temps à l’IRM, a retracé la chronologie des prévisions émises par l’institut depuis le lundi 12 juillet. Des prévisions et des alertes qui se sont révélées correctes, a-t-il défendu en plaidant néanmoins pour une coopération « plus étroite » avec l’administration régionale qui pourrait notamment passer par la création d’un « centre de risques pour les catastrophes naturelles ».

« Le matin du lundi 12 juillet, on consulte plusieurs modèles qui donnent déjà des quantités énormes pour le mercredi 14 juillet, avec 150 mm annoncés localement au sud du sillon Sambre-et-Meuse. On sait alors que ce qui tombe normalement en deux mois va tomber en deux jours. C’est déjà alarmant », a détaillé David Dehenauw.

Le mardi, les modèles belges sont plus précis que le modèle européen, qui tourne toujours autour des 150 mm. L’IRM, lui, évoque des pointes à 190 mm dans les Hautes Fagnes, auxquelles s’ajoutent des risques d’orage. L’alerte passe à l’orange et les téléphones commencent à chauffer.

« Nous avons commencé à recevoir énormément d’appels, notamment du service hydraulique flamand qui s’inquiète », a poursuivi le responsable de l’IRM. « La Flandre décide de rendre public un premier avertissement. J’étais convaincu que quelque chose de grave allait se passer. De toute ma carrière, je n’avais jamais annoncé autant de précipitations. Je sors alors un peu de mes compétences en disant à l’antenne que ce n’est pas le moment de faire du camping », a-t-il ajouté.

Le lendemain, l’alerte rouge – qui ne peut être émise que 12 heures avant les événements – est finalement lancée. C’est la troisième depuis 2017 : les deux premières concernaient les vagues de chaleur des étés 2019 et 2020.

« Le mercredi matin, deux modèles confirment plus de 100 mm sur Liège. Avec ce qui était déjà tombé, on arrive à 200 ou 250 mm. Finalement, à Jalhay, on arrivera à 270 mm », a encore indiqué David Dehenauw.

C’est aussi ce mercredi-là, alors qu’il pleut déjà à verse, qu’ont lieu les premiers contacts téléphoniques avec le service hydrologique de l’administration wallonne. « On a bien travaillé ensemble, mais on pourrait avoir une coopération plus étroite ».

Vers un centre de risques pour les catastrophes naturelles

Dans ce cadre, un centre de risques pour les catastrophes naturelles pourrait voir le jour. « Il nous manque peut-être un niveau avec des spécialistes qui pourraient rassembler les informations et les transmettre directement aux provinces et aux communes », a conclu David Dehenauw avant de répondre aux questions des parlementaires.

Celles-ci ont principalement porté sur le délai de 12 heures pour lancer une alerte rouge, « une question qui mérite une réflexion profonde » ; sur les contacts entre l’administration et le SPW ; sur les alertes EFAS « qu’on ne reçoit pas à l’IRM » et sur les déclarations du ministre wallon du Climat, Philippe Henry, selon qui il a plu davantage que ce qui était prévu. J’ai beaucoup de respect pour lui. C’est un homme intelligent mais ses déclarations nous ont surpris », a enfin reconnu M. Dehenauw.

Vendredi après-midi, la commission reprendra son travail avec l’audition de Philippe Dierickx, le directeur de la Gestion hydrologique au Service public de Wallonie.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

2 Commentaires

  • Posté par Van de Vijvere Véronique, samedi 18 septembre 2021, 9:58

    Ne plus construire le long des cours d'eau cela semble devenir une norme...mais que fait-on des habitations qui sont implantées dans des vallées depuis des lustres et pas nécessairement le long d'un cours d'eau On a vu mais qu'elles e ramassent le ruissellement suite à la construction en amont de lotissements du type Thomas&Piron et pour lesquels les communes se disent impuissantes. On rase tout ce qui est en bas ? Pour que les mêmes T&P puissent dans 5- 10 ans venir y construire des maisons sur pilotis? C'est sûr que c'est un beau marché à prendre avec l'aide des communes et de la RW. Le paysage va vraiment y gagner avec tous ces brols aseptisés.

  • Posté par philippe kupper, vendredi 17 septembre 2021, 18:04

    Henry : un homme intelligent ???? J'ai des doutes quand je vois comment ce gars nie la réalité sur l'erreur colossale au barage d'Eupen. Comme dit Damien Ernst : c'est un problème de robinet qu'on poserait au CEB et visiblement Henry a d'énormes difficultés à résoudre ce problème !

Aussi en Société

Voir plus d'articles
La Une Le fil info Commentaires Partager

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

références Voir les articles de références références Tous les jobs