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Différences entre Régions, port du masque, expert sceptique… ce qu’il faut retenir du Comité de concertation

Masque, discothèques, Covid Safe Ticket… les responsables politiques ont pris une série de décisions ce vendredi soir lors du Comité de concertation.

Temps de lecture: 5 min

Les représentants des différents gouvernements du pays se sont retrouvés vendredi au Palais d’Egmont pour une réunion du Comité de concertation consacrée à la crise sanitaire. Plusieurs décisions ont été prises. Elles ont été critiquées par certains experts alors que des régions ont déjà annoncé qu’elles ne les appliqueraient pas toutes.

Port du masque

C’est sans doute la mesure la plus spectaculaire : l’obligation de porter le masque tombe à partir de 1er octobre pour les clients dans les commerces et les établissements Horeca. En fait, il tombe partout, sauf dans les cas énumérés par le Comité de concertation, à savoir les transports en commun, les gares et les aéroports ; les transports collectifs organisés ; les établissements de soins ; pour le personnel et les patients/clients des professions médicales et non médicales ; pour le personnel des magasins et des centres commerciaux ; pour le personnel dans les établissements et lieux où des activités Horeca sont organisées ; dans les espaces accessibles au public lors d’événements, spectacles culturels et autres, des compétitions et des séances d’entraînement sportives s’ils se déroulent à l’intérieur et dans les discothèques. Précisons que dans ces deux derniers cas, s’il est fait usage du Covid Safe Ticket, le masque n’est pas requis.

Les discothèques rouvrent

La réouverture des discothèques est confirmée le vendredi premier octobre, avec un protocole renforcé, notamment sur la capacité maximale et la qualité de l’air. Ce protocole doit encore être approuvé et le sera avant la réouverture. Ici aussi, des différences régionales sont possibles. Les Régions peuvent imposer l’usage du Covid Safe Ticket. Dans ce cas, le port du masque ne sera pas obligatoire.

Le Covid Safe Ticket permis pour les événements de plus de 500 personnes à l’intérieur et 750 à l’extérieurLe Comité de concertation confirme que, dès le premier octobre, les événements de plus de 500 personnes en intérieur et 750 à l’extérieur seront permis moyennant l’utilisation du Covid Safe Ticket. Les communes devront donner leur accord. Le masque ne sera alors plus obligatoire.

Le problème bruxellois

Si les décisions énoncées ci-dessous sont prises au niveau fédéral, cela n’empêche pas les Régions ne prendre des mesures sur leur territoire. Par exemple, la Région bruxelloise a décidé de maintenir l’obligation du port du masque dans les secteurs où elle est actuellement d’application, notamment les commerces, a fait savoir vendredi le cabinet du ministe-président bruxellois, Rudi Vervoort, à l’issue du comité de concertation.

« A Bruxelles, cette situation ne permettra pas d’adopter les mêmes assouplissements le 1er octobre. Outre l’entrée en vigueur du « covid stafe ticket » (CST) pour plusieurs secteurs, l’obligation du port du masque devra être maintenue dans les secteurs où elle s’applique actuellement pour toute la Belgique, notamment dans les commerces. Ceux-ci ne seront en effet pas soumis au CST, notamment pour permettre l’accès à tous aux commerces essentiels, mais en conséquence, le port du masque y restera obligatoire. Il en ira de même pour les activités de contacts », a expliqué le cabinet.

Lors du Comité de concertation, Alexander De Croo a d’ailleurs indiqué que « la situation à Bruxelles n’est pas tenable, pas acceptable (…). Cette épidémie est en train devenir une épidémie des personnes qui sont non vaccinées, a-t-il martelé. On ne peut l’accepter, on ne peut accepter que des gens fassent le choix de mettre d’autres personnes en danger. Les soins intensifs sont devenus des endroits où on rassemble des gens qui ne sont pas vaccinés. »

Les inquiétudes scientifiques

Sur HLN Live, Steven Van Gucht de l’Institut de santé publique Sciensano a réagi aux nouvelles décisions. Selon le virologue, ces assouplissements sont un peu trop précoces : « Nous sommes au début d’une période difficile. Le grand test n’arrive qu’en octobre, novembre, peut-être même un peu plus tard. »

« Nous ne savons pas vraiment comment évolueront les infections à cette période », poursuit Steven Van Gucht. « C’est pourquoi j’aurais préféré que les assoupissements arrivent un peu plus tard. Il y aurait alors eu plus de données et donc plus de certitudes. » Le virologue se dit en revanche satisfait de l’approche régionale. « C’est bien que les règles ne soient pas immédiatement assouplies dans les endroits où les chiffres ne sont pas bons, à Bruxelles par exemple. Le taux de mortalité y est trois fois plus élevé et le taux d’infection est même jusqu’à quatre fois plus élevé. En Flandre, il y a plus de marge pour la détente. »

Mais M. Van Gucht ne veut pas mettre toute la Flandre sur un pied d’égalité : « À Anvers et dans quelques communes autour de Bruxelles, le taux de vaccination est encore trop faible et il faut y prêter attention Le masque est un outil bon marché et efficace, il reste donc une arme importante, notamment dans les endroits où la distanciation sociale ne peut être maintenue. »

Le virologue se félicite aussi de l’accent mis par le Comité de concertation sur l’importance de la ventilation. Les centres de remise en forme et les discothèques, entre autres, devront prouver qu’ils peuvent surveiller efficacement la qualité de l’air. « Il est crucial dans les boîtes de nuit, comme dans le reste de l’industrie hôtelière où le masque buccal n’a guère été utilisé, d’investir dans une bonne ventilation. » En effet, selon le professeur, l’utilisation du Covid Safe Ticket est un progrès mais n’est pas une solution miracle : « La probabilité d’être infecté est plus faible, mais elle n’est pas inexistante ».

Enfin, M. Van Gucht rappelle que les personnes vaccinées peuvent toujours tomber malades, même si elles risquent moins de se retrouver en soins intensifs. « Si l’obligation de porter un masque buccal ou la stratégie de dépistage dans les écoles, disparaissaient, cela pourrait avoir des effets importants. Une école peut devenir un foyer d’infection et devoir fermer ses portes. »

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6 Commentaires

  • Posté par Charlot Michel, samedi 18 septembre 2021, 14:48

    Steven Van Gucht. « C’est pourquoi j’aurais préféré que les assoupissements arrivent un peu plus tard". Ces experts ont toujours le mot pour rire ! Qu'il aille se coucher !

  • Posté par MAESEN Jean-Luc, samedi 18 septembre 2021, 18:42

    C'est peut-être plutôt le journaliste qui s'est endormi sur son texte...

  • Posté par Dagnelie Raphaël, samedi 18 septembre 2021, 13:54

    pourquoi certaines communes au tour de Bruxelles ? Et dire que les politiciens flamands ont toujours proclamé que Bruxelles se limitait aux 19 communes !!!

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