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Le MR adopte la parité obligatoire dans ses instances, contre l’avis d’un quart de ses militants

Réunis en congrès ce samedi matin, les libéraux ont approuvé à main levée les nouveaux statuts du parti. La parité désormais imposée dans les organes du parti a fait débat. Sophie Wilmès est intervenue pour la prôner. 77 % des membres l’ont finalement adoptée.

Cheffe adjointe du service Politique Temps de lecture: 4 min

Les nouveaux statuts du MR n’ont pas fait l’objet de longues discussions, ce samedi matin à Namur : ils avaient été discutés dans les arrondissements et les fédérations les derniers mois ; des amendements avaient pu être déposés sur une plateforme en ligne (il y en eut environ 120) ; le Conseil du MR avait approuvé ces statuts revus voici deux semaines ; alors ce week-end, leur approbation n’était plus qu’une formalité, même si aucun vote n’avait eu lieu jusque-là. Par main levée, les nouvelles règles bleues (voir « Le Soir » de vendredi) ont été largement adoptées par le congrès (les votes contre et les abstentions n’ont pas été comptabilisées).

Pas de grands débats comme dans certains congrès programmatiques d’autres partis, seules trois questions avaient été mises au vote. Dont l’anecdotique : est-on senior au MR à partir de 65 ans, de 67 ans ou à l’âge légal de la pension ? Pour info : ce sera à l’âge légal de la retraite. L’ambition de la neutralité carbone a recueilli, elle, 84 % des suffrages sans difficulté. Par contre, quand il s’est agi de parité hommes-femmes dans les instances du MR, l’animation a gagné la salle. Et il a fallu l’intervention de la populaire Sophie Wilmès pour recadrer les bleus.

Le vote portait sur l’idée que le MR soit « un mouvement ouvert, pluraliste et paritaire ». Les qualificatifs « ouvert » et « pluraliste » n’ont posé aucun problème. Mais paritaire… Des voix (surtout masculines) se sont élevées pour estimer que « la parité n’était pas judicieuse en rapport avec la notion de mérite » chère aux libéraux ; que « la première chose qui compte, c’est la compétence » ; que « la parité, c’est une question de quota et le quota est contraire à l’universalisme et donc philosophiquement indéfendable » ; et qu’il vaut dès lors mieux inscrire dans les statuts que « la parité est un idéal à atteindre » et non la rendre obligatoire.

Sophie Wilmès plaide « le coup de pouce aux femmes »

Seuls trois intervenants étaient censés prendre la parole sur ce sujet ; il y en avait déjà eu cinq, mais Sophie Wilmès a saisi le micro pour jeter son poids dans la balance. « Si je n’avais pas été membre d’un parti qui met les femmes en avant de façon pro-active », a-t-elle plaidé, « je n’aurais jamais été Première ministre. On a décidé de manière pro-active la parité sur les listes électorales puis le fait de placer des femmes en bon ordre. Si vous ne donnez pas un coup de pouce aux femmes, elles n’y arriveront pas. »

Résultat du vote : 77 % pour acter que « le MR est un mouvement ouvert, pluraliste et paritaire » et 23 % contre.

A l’issue du vote, la vice-Première décodait pour nous les sensibilités libérales divergentes en matière de parité hommes-femmes : « Notre parti est fort axé sur les libertés, le mérite, le travail. La question des quotas, philosophiquement, ne correspond pas à notre ADN politique, ni au mien d’ailleurs. A une différence fondamentale : c’est le moyen, le seul moyen efficace pour instaurer la parité de fait dans tous les organes de la société. Je serai satisfaite le jour où l’on n’aura plus besoin de quotas. Je comprends philosophiquement les arguments, mais il n’y a que cela qui fonctionne. C’est le seul moyen pour atteindre un objectif noble. »

Et Sophie Wilmès l’assure : « Je n’ai jamais senti dans ma vie au parti qu’être une femme était une difficulté ou un obstacle. » Elle fut d’ailleurs la première femme Première ministre en Belgique. Pourrait-elle devenir la deuxième femme présidente du parti libéral (Jane Brigode fut présidente à deux reprises, notamment durant la deuxième Guerre mondiale) ? « Objectivement, je trouve que je suis très utile au parti comme ministre. Je n’ai pas de visée présidentielle. Je suis plus une femme de dossiers, de compromis qu’une idéologue. »

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25 Commentaires

  • Posté par Van Damme Jean, lundi 20 septembre 2021, 16:11

    Les femmes étant plus nombreuses que les hommes, même la parité les discrimine. ;-)

  • Posté par Wafellman Fabienne, dimanche 19 septembre 2021, 10:34

    On préfèrerait que le choix soit basé sur la compétence et non sur le sexe. Ceci éviterait d'avoir des hommes incompétents aux postes majeurs et de voir émerger des femmes aux meilleurs niveaux.

  • Posté par Frippiat Yves-Marie, dimanche 19 septembre 2021, 8:55

    Comme bien souvent, me semble-t-il, Mme Wilmès fait preuve de nuance et de bon sens. Certes, il faut être attentif à l'usage qu'on fait des "discriminations positives". Les réticences aux quotas ne sont donc pas sans fondements. Mais quand ils aident à dépasser certains blocages, ils sont, temporairement, bienvenus parce que probablement indispensables.

  • Posté par Baillieux Claude, dimanche 19 septembre 2021, 8:43

    On aurait pu admettre par example un minimum de quarante pour cent mais 50 pour cent,c' est trop; cela fait fi du nombre respectif de militants de valeur reellement engages , de leurs competences de leurs qualites.Bouchez ressemble a un roquet propulse comme president par un mecanisme bien suspect.

  • Posté par Pirson Gérard, dimanche 19 septembre 2021, 2:27

    La parité est un acte fort, en parler c'est bien la voter c'est mieux. Cela permettra de combler la différence d'expérience avec les hommes.

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