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Crise des sous-marins français: la France traitée de façon «inacceptable», selon Ursula von der Leyen

« Nous voulons savoir ce qui s’est passé et pourquoi », a déclaré la présidente de la Commission européenne sur la chaîne d’information américaine CNN.

Temps de lecture: 2 min

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a jugé lundi « inacceptable » la manière dont la France a été traitée dans le cadre du pacte de sécurité conclu entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni.

« L’un de nos États membres a été traité d’une manière qui n’est pas acceptable (…). Nous voulons savoir ce qui s’est passé et pourquoi », a-t-elle déclaré à la journaliste Christiane Amanpour de la chaîne d’information américaine CNN.

Mme von der Leyen est la première dirigeante d’une institution européenne à réagir à l’annonce de ce pacte, baptisé AUKUS, qui a entraîné la rupture d’un important contrat d’armement passé par la France avec l’Australie.

D’un montant de 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros), il prévoyait la fourniture de 12 sous-marins à propulsion diesel et était souvent qualifié de » contrat du siècle « .

L’UE n’a été ni consultée ni informée avant l’annonce du partenariat stratégique pour la région indo-pacifique conclu entre Washington, Londres et Canberra, avait déclaré vendredi le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell.

Les ministres des Affaires étrangères des pays de l’UE examineront lundi soir les conséquences de ce pacte, au cours d’une réunion à New York en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

Josep Borrell présidera cette réunion qui sera la première occasion de discuter des implications et des conséquences de cet accord pour l’UE et ses Etats membres «, a précisé son porte-parole. La réunion va durer deux heures et M. Borrell devrait en rendre compte par une déclaration «, a-t-il ajouté.

Pour marquer sa colère, la France a rappelé son ambassadeur aux Etats-Unis, un acte sans précédent vis-à-vis de cet allié historique, et son représentant en Australie, le pays à l’origine de la crise. Paris a également annulé une réunion entre la ministre française des Armées Florence Parly et son homologue britannique Ben Wallace.

Jean-Yves le Drian, le chef de la diplomatie française qui s’exprimera à la tribune des Nations Unies, reproche aux dirigeants des trois signataires du pacte AUKUS d’avoir dissimulé pendant des mois leurs négociations et dénonce une « rupture majeure de confiance » entre alliés de l’Otan.

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12 Commentaires

  • Posté par Saint-Ghislain Valérie , lundi 20 septembre 2021, 22:39

    C'est la xieme fois que les États-Unis et le Royaume-Uni crachent à la figure des Européens. Ces pays sont nos alliés mais seulement quand cela les arrange. Il est grand temps de faire comme la Chine : construire une vraie défense européenne et couper les liens avec ces pays.

  • Posté par S Jérôme, lundi 20 septembre 2021, 19:43

    @Dupont Vincienne Je ne sais pas d'où vous tenez vos infos en terme de budget ou de délai de livraison. Pour avoir parcouru la presse australienne et lu plusieurs articles à ce sujet, je retiens que certains politiciens de l'opposition s'interrogent sur ce revirement: la commande passe de 12 sous-marins diesel-électriques à 8 sous-marins nucléaires, le coût n'est pas connu et l'Australie avec le contrat français en profitait pour acquérir des compétences en matière de construction navale avec l'assemblage des sous-marins sur son territoire, ce qui n'est visiblement plus garanti avec le futur contrat Aukus.

  • Posté par Van Obberghen Paul, lundi 20 septembre 2021, 19:06

    @ Dupont Vincienne : C'est l'Australie qui demandait spécifiquement une propulsion Diesel parce qu'elle ne voulait justement pas se "nucléariser". Du reste, ça chauffe "Down Under", parce que ce choix de nucléariser l'arsenal Australien y est pour le moins controversé. Et s'il la donne avait changé, il était encore possible de négocier avec la France un passage à une motorisation nucléaire, un domaine qu'elle maîtrise également. Qu'il y ait eu des problèmes dans la mise en oeuvre du contrat, c'est possible, mais dans ce cas, on en discute, et on renégocie éventuellement. Quant à dire que les Etats-Unis sont redevenus un allié fiable avec Biden, je suis désolé d'avoir à le dire, mais le départ précipité d'Afghanistant sans consultation des alliés de l'OTAN, mis devant le fait accompli, et maintenant ce coup de Jarnac, ne donne pas du tout l'impression d'une quelconque fiabilité. Biden poursuit la politique unilatéraliste de Trump, malgré ses déclarations, genre "America is back!". Que des mots, jusqu'à présent. Et j'en suis le premier désolé, croyez-le bien.

  • Posté par Chalet Alain, lundi 20 septembre 2021, 18:57

    Tant que chaque pays européen voudra garder sa "souveraineté", l'Europe sera faible et sans poids réel sur l'échiquier mondial. Et la France est un des pays les plus réfractaires à une véritable intégration européenne. Faut savoir ce qu'on veut...

  • Posté par Van Wemmel Thierry, lundi 20 septembre 2021, 18:49

    @Dupont Vincienne : merci pour cet éclairage, qui rend effectivement la décision moins saugrenue. Malgré tout, je pense que sur la forme (et c'est d'ailleurs ce qui est stigmatisé par Paris, ne pas avoir été même "discrètement" informé), il y aurait eu moyen de la jouer autrement.

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