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La chronique «Comme on nous parle»: il n’était pas une fois

Le XXIe siècle, ère des communications ? Mon œil ! On ne s’est jamais aussi mal compris. A l’heure où l’on s’écrit plus qu’on ne se parle, notre accent belge, faut-il vraiment s’en débarrasser ?

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Journaliste au service Culture Temps de lecture: 5 min

C’est une fille qui parle anglais sur internet. Tapez son nom, vous verrez : Shauna Dewit. Elle a 22 ans, elle est belge, francophone, elle vit à Hal et étudie à Bruxelles dans une grande école de cinéma, en néerlandais. Elle est trilingue, peut-être même plus, on ne sait pas, on ne l’a jamais rencontrée. On lui a écrit sur TikTok (1,2 million d’abonnés) et sur Instagram (369.000), elle n’a jamais répondu. Les messages ont dû se noyer dans la masse.

La masse, ce sont principalement des hommes, très amoureux. Ils la trouvent jolie, oui, avec sa jeunesse, ses longs cheveux ondulés, ses yeux verts en amandes, ses fossettes, ses grandes dents blanches, ses taches de rousseur, ses petites grimaces trop mignonnes… Mais ce qui les rend dingues, littéralement dingues, dingues à crever, dingues à se fracasser la tête contre l’écran de leur smartphone, c’est son accent.

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