Accueil Société

Autoroute bloquée lors d’une grève en 2015: prison avec sursis sollicitée en appel contre 17 affiliés de la FGTB

Ce matin, tour à tour, les 17 prévenus, 11 syndicalistes et 6 responsables dont Thierry Bodson, ont répondu aux questions du président Gorlé.

Temps de lecture: 3 min

De nombreux affiliés de la FGTB étaient présents, ce mardi devant le palais de justice de Liège, pour manifester leur soutien aux 17 des leurs qui étaient poursuivis pour entrave méchante à la circulation. La cour d’appel de Liège avait prévu toute la journée pour examiner ce dossier initié suite à une grève intersectorielle qui s’était déroulée le 19 octobre 2015.

Les 3 accusées et 14 accusés, 11 syndicalistes et 6 responsables dont Thierry Bodson, ont d’abord répondu aux questions du président Gorlé. Le jour de la grève, ils s’étaient donné rendez-vous à 5 heures du matin devant l’entrée d’un centre commercial de Herstal. « Mais on a vu, d’où on était, des plaquettes en feu sur l’autoroute, a expliqué un des manifestants. Il n’y avait rien de prévu là de notre part, on y est allé spontanément pour voir ce qui se passait… ». Certains ont expliqué avoir « cru à un gros accident ». « C’était l’apocalypse », a ajouté une accusée. Une fois sur place, ils se seraient retrouvés mélangés à des personnes au visage couvert, qui semblaient surexcitées : « Ils portaient des masques, ils étaient en noir, on avait l’impression qu’ils venaient pour détruire et discréditer notre action », a-t-elle ajouté.

L’action avait bloqué le viaduc de Cheratte, sur l’autoroute E40, dans les deux sens, causant des dégâts au bitume (estimés à 90.000 euros) et 400 kilomètres de bouchons. Les accusés avaient été identifiés via leurs propres publications sur les réseaux sociaux et grâce aux images diffusées au JT : « Ce n’était pas une action à notre initiative, mais c’est vrai qu’on a voulu, dans un premier temps, la récupérer », a confié un des délégués qui avait publié des photos. « Mais nous n’avons pas causé de troubles, les troubles venaient de gens qui n’étaient pas des nôtres. »

Au ministère public, l’avocate générale Pascale Schils a rappelé que l’ambiance était tellement tendue, ce matin-là, que la police avait préféré négocier plutôt que d’intervenir en force. Pour elle, la version évoquant l’intervention de casseurs venus saboter la manifestation n’est corroborée par aucune image, « alors que les enquêteurs ont recherché des images partout ». Elle a demandé à la cour « d’apprécier » s’il y a dépassement du délai déraisonnable, mais les peines qu’elle requiert, a-t-elle ajouté, tiennent déjà compte de ce délai : elle demande un mois de prison pour les responsables syndicaux et 15 jours pour les « simples » syndicalistes, assortissant ces peines d’une amende. Pour une entrave méchante à la circulation, a-t-elle détaillé, il n’est pas requis que l’auteur ait eu l’intention de causer un accident : « Il suffit d’entraver la circulation de manière à la rendre dangereuse », a-t-elle exposé. Au juge du fond de faire la balance, a-t-elle conclu, entre les intérêts en présence, « le droit de grève et la mise en danger d’usagers ». Le droit de grève, là est tout le débat de ce procès et selon Me Mercier et Me Englebert, à la défense, c’est lui que la justice vise aujourd’hui. Pour le premier, il n’est « pas acceptable » qu’on impute à ses clients le blocage d’une voie qui, quand ils sont arrivés, était déjà bloquée. L’arrêt sera rendu à la mi-octobre.

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info

11 Commentaires

  • Posté par Dechamps Pascal , mardi 21 septembre 2021, 21:21

    La balance du droit de grève (qui est pas ici en question : on est dans le cadre de voies de fait dans l'espace public) vs la mise en danger des usagers qui sont d'ailleurs des travailleurs comme les syndicalistes. La balance est vite faite. La ligne de défense des syndicalistes frise l'insulte à la justice.

  • Posté par Zondack Leon, mardi 21 septembre 2021, 19:26

    Aucun courage. Aucun ne reconnaîtra sa faute mais tous reportent cette faute sur d'autres. Aucune surprise. Egaux à eux-mêmes.

  • Posté par Steens Frédéric, mardi 21 septembre 2021, 16:20

    Obliger autrui de manière coercitive à adopter son mode de pensée est un acte ignoble.

  • Posté par Dubois alain, mardi 21 septembre 2021, 15:24

    Ps et fgtb, mêmes crapules, mêmes fouteurs de merde et la honte de la Walbanie.

  • Posté par ROOS Christophe, mardi 21 septembre 2021, 20:29

    Ca va aller cher Alain.

Plus de commentaires

Aussi en Société

Voir plus d'articles

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une

Geeko Voir les articles de Geeko