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Un accès au chômage en cas de démission? PS et l’Open VLD s’opposent

Pierre-Yves Dermagne propose d’offrir la possibilité aux salariés de réorienter leur carrière un nombre limité de fois. Ceux-ci pourraient, à condition d’occuper un emploi depuis plusieurs années, avoir accès aux allocations de chômage s’ils quittent volontairement leur job.

Temps de lecture: 3 min

Le président de l’Open VLD Egbert Lachaert a balayé mercredi la proposition formulée par le ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS). Le vice-Premier socialiste proposait, dans L’Echo et De Tijd, d’offrir la possibilité aux salariés qui démissionnent d’avoir accès aux allocations de chômage. Sur Twitter, le libéral flamand s’est dit « radicalement contre » cette idée. « L’objectif, c’est plus de gens au travail et moins avec une allocation. Pas l’inverse », a-t-il écrit.

Afin de favoriser la mobilité professionnelle, Pierre-Yves Dermagne propose d’offrir la possibilité aux salariés de réorienter leur carrière un nombre limité de fois. Ceux-ci pourraient, à condition d’occuper un emploi depuis plusieurs années, avoir accès aux allocations de chômage s’ils quittent volontairement leur job.

Cette proposition s’inscrit dans le cadre du débat sur la réforme du marché du travail envisagée par la coalition Vivaldi. Côté francophone, Ecolo est également favorable à ce « droit à la deuxième chance », comme l’a confirmé le chef de groupe Gilles Vanden Burre lundi dans La Libre. Au MR aussi, on est ouvert à l’idée, mais pas dans le contexte d’une lutte contre les métiers en pénurie évoquée par M. Dermagne. « Le MR a proposé un droit à la réorientation à une reprise, après 10 ans de cotisations. Ce droit à la démission aménage les carrières mais ne résout pas la pénurie des métiers. C’est absurde de le penser. Cela pourrait même aggraver la situation », a réagi le président des libéraux francophones Georges-Louis Bouchez sur Twitter.

Au nord du pays, la tonalité est bien différente, notamment au sein du parti du Premier ministre Alexander De Croo. « Cette proposition figurait dans des notes précédentes lors des négociations », rappelle Egbert Lachaert, qui fut préformateur de la Vivaldi l’année dernière. Le président des libéraux flamands convient certes qu’il devrait y avoir une plus grande mobilité de la main-d’œuvre, « mais pas ainsi ».

Le CD&V a également réagi par la voix de la députée Nathalie Muylle, prédécesseure de Pierre-Yves Dermagne au portefeuille de l’Économie. « Travailler moins avec des allocations pour pallier les pénuries de main-d’œuvre… je ne comprends plus », a-t-elle tweeté.

Le patronat flamand réagit

La proposition du ministre de l’Emploi Pierre-Yves Dermagne (PS) est très mal accueillie par le patronat flamand. « Une proposition du siècle passé », estime le responsable de l’Unizo Danny Van Assche.

Les employeurs du nord du pays jugent cette formule totalement « inacceptable » sur le marché du travail actuel. Pour M. Van Assche, il s’agit d’une invitation à se mettre au chômage afin de toucher une allocation. « C’est une proposition du siècle passé qui ne contribue pas du tout aux objectifs du marché de l’emploi. C’est une incitation à la désactivation. Je ne comprends pas comment un ministre de l’Emploi puisse venir avec une telle proposition », explique Danny Van Assche.

Au sein de l’organisation des entrepreneurs flamands, le Voka, la pilule est aussi difficile à avaler. « La Flandre n’a vraiment pas besoin d’une telle proposition. C’est un très mauvais signal. Il faut activer les personnes qui n’ont pas de travail. » Cette proposition incite à nouveau à se constituer un confortable matelas d’allocations, commente l’administrateur délégué Hans Maertens.

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10 Commentaires

  • Posté par Giefvan Agathe, mercredi 22 septembre 2021, 17:31

    Lachaert se croit au temps du plein emploi. Mais ne veut pas augmenter les salaires, alors que c'est cela qui attire les travailkeurs. Dermine comprend que dans l'avenir il faudra une structure sociale qui intégre les sans-emploi puisqu'il n'y aura plus autant d'emplois (robotisation et délocalisation). Il essaie de poser les premiéres pierres, en douceur.

  • Posté par K Z, mercredi 22 septembre 2021, 16:20

    Une belle brochette de commentaires inutiles et "cons" en effet, cette terre est vouée à la disparition...

  • Posté par dams jean-marie, mercredi 22 septembre 2021, 11:49

    Il y avait Nullet maintenant on a un Simplet !!

  • Posté par Staquet Jean-Marie, mercredi 22 septembre 2021, 10:53

    Je suppose qu'un indépendant qui décide de prendre 6 mois de congé a alors droit à une allocation... Ah, non... là ça ne marche pas.

  • Posté par Wafellman Fabienne, mercredi 22 septembre 2021, 10:50

    Mais où va-t-on ? Personne ne vous empêche de chercher un nouveau job et de - ensuite - démissionner de celui qui vous semble moins motivant ou inintéressant, cela s'est fait de tous temps. Avec ce genre de mesure et la pension garantie à partir d'un minimum d'années de travail, ainsi que toutes les aides à ceux "qui n'ont pas les moyens", on finira par avoir une population d'assistés ayant le droit de tendre la main. Croyez-vous que, au siècle passé, on était tous satisfait de notre job ? bien sûr que non, mais on mordait sur notre chique, on étudiait le soir (il fallait appréhender l'informatique dont nul ne connaissait rien) et ensuite on améliorait notre situation (si on en avait envie) et parfois au détriment de notre vie privée ou de notre épanouissement personnel. Mais il nous semblait que le travail était une nécessité pour nous, nos familles et la société. Avec à la clé, après 40/45 ans, d'avoir une pension (loin d'être plantureuse) mais qui nous permettait de couler des jours heureux. Un conflit de génération certainement.

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