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Manifestation nationale: pourquoi la FGTB débarque à Bruxelles ce vendredi

Le syndicat veut que la loi qui fixe la marge salariale soit révisée.

Temps de lecture: 4 min

Le syndicat socialiste FGTB organise ce vendredi une manifestation nationale à Bruxelles. Ses revendications: que la loi qui fixe la marge salariale, datant de 1996, soit révisée. Aux yeux du syndicat, cette législation «bloque toute augmentation significative des salaires».

Depuis 1996, cette loi prévoit un régime dans lequel les coûts salariaux ne doivent pas trop augmenter par rapport aux salaires à l’étranger, via une majoration salariale maximale générale dans les entreprises privées. Tous les deux ans, syndicats et patronat se retrouvent autour de la table pour conclure un accord inter-professionnel, qui comprend une norme salariale maximale à ne pas dépasser. Cette année, elle était limitée à 0,4%, ce qui a outré les syndicats, jugeant cette augmentation possible insuffisante, et a empêché les parties de conclure un accord salarial.

Pour la FGTB, la loi «doit changer», car elle «écrase nos salaires». Le syndicat juge qu’elle «bloque toute augmentation significative, soi-disant pour préserver la compétitivité des entreprises belges... Par contre, elle n’empêche pas les dividendes de s’envoler». La marge limitée à 0,4% était particulièrement dure à avaler pour les représentants des travailleurs en marge d’une pandémie qui a sursollicité beaucoup d’employés et lors de laquelle certaines entreprises ont réussi à tirer leur épingle du jeu en emmagasinant des profits.

«Cette loi est totalement déconnectée de la réalité socio-économique. Si on ne change rien, la marge frôlera toujours le zéro dans les années à venir», dénonce la FGTB, qui appelle tous ses militants à se rassembler à 10h30 à la gare de Bruxelles-Nord. Le cortège s’élancera à 11h00 et passera par les boulevards du Jardin Botanique, Pacheco, la gare Centrale, la rue des Alexiens et le boulevard Lemonnier, pour rejoindre la gare de Bruxelles-Midi où le président du syndicat Thierry Bodson et la secrétaire générale Miranda Ulens prendront la parole. Toutes les personnes participant à la manifestation devront porter un masque buccal.

Si la FGTB est la seule à organiser cette manifestation nationale, elle est rejointe par la CSC et la CGSLB dans sa revendication de réviser la loi de 1996. Les syndicats chrétien et libéral mèneront d’ailleurs aussi des actions ce vendredi.

Ainsi, la CSC prévoit une journée de mobilisation avec distribution de tracts, assemblées, piquets filtrants et arrêts de travail. Le syndicat chrétien se rassemblera aussi à Liège, à 11h00, sur l’espace Tivoli en plein centre-ville. Une cérémonie satirique sera organisée, avec une remise de prix et de souvenirs aux présidents des partis francophones de la majorité fédérale (PS, MR et Ecolo).

Le syndicat libéral CGSLB mènera, lui, une action sur le thème #freesalary - Libérez nos rémunérations, en rendant visite aux deux partis libéraux (présents dans la coalition fédérale) MR et Open Vld. Il plaide aussi pour une réforme en profondeur la loi sur les salaires, faute de quoi, les travailleurs seront toujours confrontés à une norme salariale injuste, selon lui.

Perturbations

En raison de la manifestation nationale, la Stib et la Tec prévoient des perturbations sur leur réseau respectif. Un préavis a en effet été déposé par les syndicats auprès du Tec pour couvrir les agents qui participeront à la manifestation. La Stib s’attend, elle, à une très forte mobilisation de son personnel et prévient que «très peu, voire pas du tout» de tram, bus et métro circuleront vendredi dans la capitale. En outre, le passage du cortège perturbera aussi certaines lignes. La Stib recommande aux voyageurs de prévoir une solution alternative aux transports publics pour se déplacer à Bruxelles. En Flandre, De Lijn a prévu un service alternatif, avec environ 60% des trajets assurés.

Du côté de la SNCB, aucune perturbation n’est attendue, aucun préavis de grève n’ayant été déposé, indique une porte-parole. Cette dernière invite cependant à consulter le planificateur de voyages de la compagnie ferroviaire, disponible sur son application ou le site internet, pour préparer son trajet et vérifier la fréquentation des trains.

Pour les aéroports, celui de Charleroi prévient que des perturbations pourront survenir et recommande de se présenter trois heures à l’avance pour tout départ. Le planning de vols reste cependant inchangé. «Il se peut également que le trafic depuis/vers l’aéroport soit perturbé. Les passagers sont donc invités à prendre leurs dispositions en conséquence.» Brussels Airport, pour sa part, ne s’attend pas à de perturbations particulières.

Les recyparcs pourraient aussi être impactés, quatre dans le Brabant wallon ont déjà annoncé qu’ils fermeront leurs portes (Incourt, Rixensart, Walhain et Wavre). En province de Liège, ceux de Ans, Clavier, Flémalle 2, Herstal, Herve, Lontzen, Ouffet, Raeren, Remicourt, Seraing 1 et Wanze seront fermés également.

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2 Commentaires

  • Posté par Bouko Christian, vendredi 24 septembre 2021, 11:04

    C'est la FGTB qui est complètement déconnectée de la réalité en réclamant toujours des hausses salariales brutes comme seul moyen d'augmenter le pouvoir d'achat comme d'ailleurs sa consoeur française la CGT dont un ancien leader à la SNCF a reconnu dans l'anonymat que les exigences salariales continuelles ont "fait perdre le Fret " à la SNCF !

  • Posté par Van Haesendonck Eric, vendredi 24 septembre 2021, 9:15

    Le problème c'est que le travailleur belge coûte plus cher que le Français, le Néerlandais ou l'Allemand, mais ne gagne pas p'us en net à cause de la charge fiscale sur les salaires qui est plus élevée que chez nos voisins. La solution de la marge salariale trouvée pour maintenir la compétitivité n'est pas la meilleure car si ça marche dans certains secteurs cela cause une fuite des cerveaux vers l'étranger dans les secteurs ou il y a une forte demande en personnel qualifié. Ce qu'il faudrait c'est soit réduire la charge fiscale au même niveau que nos voisins, ce qui paraît improbable. Une autre solution consiste à traiter différemment les métiers en pénurie, par exemple en les excluant de la marge salariale. Si l'on a trop de manutentionnaires et pas assez d'ingénieurs il serait logique de payer plus les ingénieurs et moins les manutentionnaires.

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